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Au Népal, une mère sauve des enfants d’une vie derrière les barreaux




Au Népal, une mère sauve des enfants  d’une vie derrière les barreaux
Des enfants jouent à la marelle pendant que leurs mères épluchent des légumes et lavent du linge sous le pâle soleil d’hiver. Cette scène pourrait se dérouler dans n’importe quel quartier pauvre de Katmandou, sauf que ces jeunes Népalais vivent derrière des barreaux.
Ces enfants sont les victimes innocentes d’un système carcéral qui emprisonne souvent les fils et filles de femmes condamnées. Parmi les 300 détenues de la prison pour femmes de Katmandou, surpeuplée et en ruines, on compte 15 mineurs.
Selon l’Unicef, environ 80 enfants sont enfermés avec leurs mères dans 74 prisons au Népal, la plupart mixtes, et la majorité d’entre eux sont des bébés. Une fois leur seul parent en prison, ils n’ont nulle part où vivre, sinon sous les verrous.
Mais une lueur d’espoir a surgi sous les traits d’Indira Rana Magar, qui a permis depuis une douzaine d’années à plus de 500 jeunes de sortir de prison et de trouver refuge dans des foyers d’accueil.
Même si elle n’a jamais vécu derrière des barreaux, cette mère célibataire a elle aussi connu une enfance difficile. Elle a grandi dans une famille de paysans pauvres dans l’est du Népal et a dû devenir domestique pour financer ses études.
Elle a découvert le sort des enfants en prison lorsqu’elle était visiteuse de prisonniers politiques dans les années 90, une activité bénévole.
Dans un lieu clos de la seule prison réservée aux femmes de ce pays défavorisé d’Asie du sud, des détenues se préparent à dire au revoir à leurs enfants, assis sur leurs genoux, et à les remettre à Indira.
Sapana Bhandari, 22 ans, dit avoir été condamnée à 10 ans de prison pour son “implication dans l’industrie du sexe”. Elle ne veut pas que son fils de quatre ans grandisse entre quatre murs.
“Si je l’envoie au foyer, non seulement il aura une vraie éducation, mais il pourra aussi avoir une enfance normale”, espère-t-elle, interrogée par l’AFP. Laisser son enfant entre d’autres mains est un déchirement mais la jeune femme sait qu’Indira, 41 ans, offrira à son fils beaucoup plus que ce qu’elle-même pourra jamais lui donner.
Car grandir derrière de hauts murs dans cette prison insalubre est difficile. Il n’y a pas d’école et les enfants sont entassés dans des cellules où vivent jusqu’à 20 femmes. Le quotidien se résume souvent à une lutte pour l’espace vital.
Indira Rana Magar gère aujourd’hui trois foyers, dont l’un à la périphérie de Katmandou qui accueille plus de 60 enfants âgés de 3 à 15 ans.
Une équipe de travailleurs sociaux et d’enseignants s’assure qu’ils sont bien nourris et habillés. Ils veillent aussi à leur enseigner la discipline et le respect d’autrui pour qu’ils ne retournent pas en prison un jour.
Usha Turaha, condamnée pour trafic d’héroïne en provenance d’Inde, remet à Indira sa fille de cinq ans, non sans lui avoir fourré dans les bras du chocolat, une boîte de pâtes et un biscuit.
“J’ai confiance en Indira parce que la prison n’est pas une bonne chose pour un enfant. Il n’y a pas d’école. Maintenant elle va pouvoir apprendre à lire et écrire”, dit cette mère célibataire de 26 ans, avant d’embrasser une dernière fois sa fille.

Libé
Mercredi 24 Avril 2013

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