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Au Mexique, le football américain parviendra-t-il à tacler le foot ?




Sur un terrain de foot à Mexico, un graphiste musclé soulève de lourds haltères, un étudiant en médecine montre son extension verticale et un professeur de fitness, sa vitesse de course. Objectif: intégrer une équipe de football américain.
Avocats, ingénieurs, commerciaux... plus de 70 personnes sont venues ce samedi passer un essai pour la ligue professionnelle mexicaine de football américain, qui débutera sa deuxième saison en février.
Essoufflé après 20 tractions avec des poids de 100 kilos, le graphiste Julio Cesar Lujan, 32 ans, espère qu'une des six équipes de la ligue l'engagera. "En réalité, je n'aime pas le foot (classique), mais j'aime beaucoup les sports de contact", dit-il, biceps bombés et saillants sous son t-shirt sans manches.
Alors que la ligue américaine (NFL) fait son retour à Mexico lundi prochain pour y jouer un match du championnat, la montée en puissance de la ligue mexicaine (LFA) reflète la passion grandissante pour ce sport dans un pays où le ballon rond domine largement.
La NFL compte 25 millions de fans au Mexique, un record hors des frontières américaines. En 2005, plus de 103.000 personnes ont rempli le stade Azteca pour assister au seul match de la saison joué à Mexico et voir les Arizona Cardinals battre les San Francisco.
Les billets pour l'affrontement entre les Oakland Raiders et les Houston Texans lundi prochain ont été vendus en une heure et près de 76.000 personnes sont attendues dans un stade rénové.
"La ligue a constaté qu'il y a ici un territoire prometteur pour étendre sa présence internationale", explique à l'AFP le directeur de la NFL au Mexique, Arturo Olivé.
Deux autres matchs de NFL sont prévus en 2017 et 2018 à Mexico. Et selon M. Olivé, le succès de l'évènement lundi pourrait conduire à en organiser d'autres au Mexique, même si le pays reste "très loin" d'obtenir une franchise.
Chaque semaine, des foules remplissent les bars du Mexique pour regarder les matchs du championnat américain.
Ceux disputés entre universités mexicaines sont désormais eux aussi retransmis.
Des hommes et des femmes s'affrontent également dans des tournois de flag football, une variante sans plaquage et avec "rubans" du football américain.
Et près de 2,5 millions de garçons et de filles jouent désormais au football américain à l'école - sans plaquage - dans le cadre d'un programme de la NFL auquel participaient il y a huit ans seulement 100.000 enfants.
Bien que les chances soient minces pour les Mexicains de jouer en NFL, ils peuvent maintenant aspirer à rejoindre la ligue mexicaine LFA, lancée par Juan Carlos Vazquez.
Ce commentateur de matchs de NFL pour la chaîne Fox Sports se souvient avoir été "très triste" quand une ligue mexicaine a tourné court dans les années 1990, faute de sponsors, de retransmission télévisée et d'expérience administrative. Il était alors enfant. "A partir de ce moment-là, j'ai décidé que lorsque je serai grand, j'aurai une ligue professionnelle", raconte-t-il.
Quatre équipes de Mexico ont participé à la première saison de LFA, avec en moyenne 2.000 spectateurs par match. Et pour la deuxième saison, deux clubs supplémentaires, Saltillo et Monterrey, rejoignent la compétition.
La nouvelle LFA compte 14 sponsors - le double de son aïeule des années 90 - et a obtenu davantage de couverture télévisée, avec des résumés et des pronostics de matchs qui seront retransmis toutes les semaines par Televisa, la principale chaîne du pays. Mais Jose Antonio Sandoval Vargas, directeur sportif de la LFA, admet que la ligue a encore du chemin à faire. "Le sport est professionnel aux Etats-Unis. Nous sommes encore en couches-culottes quand il s'agit de football américain" au Mexique, dit-il, tandis que des coachs observent de potentielles recrues lors de l'essai.
 Les joueurs étaient payés la saison dernière aux alentours de 75 dollars par match, pour une saison de 13 matches.
Parmi les hommes venus passer un essai, plusieurs sont d'anciens joueurs d'université.
Leonel Mendoza Gomez, 25 ans, jouait ainsi en position de "cornerback" dans l'équipe de Mexico City Eagles la saison dernière, mais son entraîneur à l'université lui a conseillé de se concentrer davantage sur ses études.
"La ligue professionnelle a permis à beaucoup d'entre nous, qui étudions et travaillons, de tester le football professionnel, mais mon objectif est de devenir médecin", explique-t-il après avoir obtenu la note maximale sur une échelle d'extension verticale.

Mardi 22 Novembre 2016

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