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Attentat de Karachi : «La piste islamiste ne tient plus la route»




La justice française ne considère plus comme sérieuse la piste islamiste dans l’enquête sur un attentat suicide qui avait fait 14 morts, dont 11 Français, en 2002 au Pakistan, ont déclaré jeudi deux juges d’instruction.  C’est désormais celle d’un attentat commandité par des militaires pakistanais afin de punir la France du non paiement de commissions dans un marché d’armement qui va être suivie, ont expliqué les magistrats Marc Trévidic et Yves Jannier aux familles des victimes réunies au tribunal de Cherbourg (Manche). “La piste islamiste ne tient plus la route. Une autre piste s’ouvre, elle paraît crédible. La justice française va la travailler”, a dit à Reuters une source judiciaire qui a souhaité garder l’anonymat en rapportant ces déclarations.
Ce dossier menace les relations entre la France et le Pakistan, un pays clé dans la lutte contre l’islamisme radical. Il est encombrant pour l’Elysée, puisque le contrat d’armement a été négocié en 1994 sous le gouvernement d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le lieutenant. Un kamikaze avait précipité un véhicule rempli d’explosifs sur un bus en mai 2002 à la sortie d’un hôtel de Karachi. Au nombre des 14 morts, figuraient 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN) qui travaillaient à la construction de sous-marins français Agosta.
Le régime pakistanais avait initialement mis en cause des activistes islamistes, mais deux d’entre eux condamnés à mort en 2003 ont finalement été acquittés en appel le mois dernier. Certaines des familles se sont indignées lors de la réunion de Cherbourg que l’Etat leur ait menti, a raconté à Reuters Me Olivier Morice, un de leurs avocats, présent à la réunion. “Il serait temps qu’au plus haut niveau de l’Etat, on se comporte dignement avec les familles et qu’on arrête de leur cacher la vérité”, a-t-il dit. Nicolas Sarkozy a refusé en mai dernier une demande d’audition des familles de Cherbourg.
La nouvelle piste impliquant les militaires pakistanais vient d’un mémorandum saisi dans une autre enquête et versé en octobre 2008 au dossier de l’enquête.
Il s’agit d’un rapport anonyme provenant de la DCN, daté de septembre 2002, et concluant que le mobile de l’action était le non versement de commissions promises par la France en marge du contrat portant sur la livraison de sous-marins. L’hypothèse retenue était que le problème de commissions serait venu du président Jacques Chirac. Après son élection en 1995, il aurait refusé le versement à des responsables pakistanais des sommes initialement convenues.
Le contrat prévoyant la vente de trois sous-marins Agosta avait été signé au moment où s’affirmait la rivalité d’Edouard Balladur avec Jacques Chirac en vue de l’élection présidentielle de 1995. Nicolas Sarkozy était alors dans le camp du Premier ministre de l’époque.

Reuters
Samedi 20 Juin 2009

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