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Attentat à la voiture piégée à Beyrouth : Des obsèques sous la tension et la violence au Liban




Attentat à la voiture piégée à Beyrouth : Des obsèques sous la tension et la violence au Liban
Les obsèques dimanche à Beyrouth d’un chef de la Sécurité libanaise, bête noire de Damas, ont tourné en une manifestation violente contre le Premier ministre Najib Mikati accusé par ses opposants de couvrir ce «crime», la police tirant en l’air et usant de gaz lacrymogènes.
Des milliers de personnes ont manifesté à l’issue de la cérémonie religieuse à la mosquée Amine, au centre de la capitale, à la mémoire du général Wissam al-Hassan, chef des services de renseignements de la police, et de son chauffeur, tués vendredi dans l‘explosion d’une voiture piégée.
Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire d’opposition de l’ex-Premier ministre Saad Hariri, a chauffé à blanc les manifestants rassemblés sur la Place des martyrs.
«Le gouvernement est responsable du crime qui a tué Wissam et son compagnon C’est pourquoi il faut qu’il parte», a-t-il lancé à la foule.
«Mikati, tu ne peux plus rester à ton poste pour couvrir ce crime. Si tu restes, c’est que tu es d’accord avec ce qui s’est passé et avec ce qui se passera», a-t-il encore dit, ajoutant qu’»il n’y aura pas de dialogue avant la chute du gouvernement».
Dans le cabinet actuel, le parti chiite Hezbollah, puissant allié de Damas et de Téhéran, occupe une place prépondérante alors que l’opposition est violemment opposée au régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, ancienne puissance tutélaire du pays du Cèdre.
A la fin du discours de M. Siniora, un homme est monté sur la tribune et a lancé: «Trêves de discours, fonçons sur le Sérail!».
Surexcités, deux cents jeunes ont tenté de prendre d’assaut le Sérail, siège du Premier ministre, et la police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l’air pour les faire reculer, a constaté une journaliste de l’AFP.
«Plus de quinze soldats ont été blessés dans les attaques des manifestants contre les forces de sécurité devant le Sérail», a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué tenant pour «responsables de l’attaque du Sérail et de la détérioration (de la situation) ceux qui ont provoqué (les violences) avec leurs slogans et leurs actions».
Saad Hariri, qui vit hors du Liban, a lancé un appel au calme, indiquant qu’il voulait «la chute du gouvernement mais de manière pacifique».
  M. Mikati et le président Michel Sleimane avaient fait samedi le lien entre l’attentat qui a coûté la vie au général Hassan et l’interpellation de l’ancien député libanais Michel Samaha, partisan inconditionnel du régime syrien.
Au cours d’une cérémonie militaire dimanche au QG de la police en présence de la famille du défunt et de M. Mikati, M. Sleimane a demandé à la justice d’accélerer la rédaction de l’acte d’accusation contre M. Samaha.
L’ex-député avait été arrêté par le général Hassan qui l’accusait d’avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats et créer le chaos à l’instigation du très puissant chef des renseignements syrien, le général Ali Mamlouk.
Le général Hassan avait ensuite défié le général Mamlouk, en étant à l’origine du mandat d’arrêt délivré en août contre lui par la justice libanaise dans le cadre de l’enquête sur Michel Samaha.
Auparavant, le général Hassan avait joué un rôle majeur dans l’enquête sur les nombreux attentats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités libanaises anti-syriennes, dont Rafic Hariri, père de Saad Hariri.
Le général Hassan a d’ailleurs été inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, qui fut son mentor, à la demande de Saad Hariri.
L’attentat de vendredi a été attribué par l’opposition libanaise et les experts à Damas, confronté depuis 19 mois à une révolte que le régime tente d’écraser.
La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a parlé dimanche au téléphone avec le Premier ministre libanais, a indiqué dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland précisant que les deux responsables avaient «trouvé un accord pour que les Etats-Unis apportent leur assistance dans l’enquête sur l’explosion».
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé «probable» l’implication de Damas, accusant le président Assad «d’essayer d’élargir la contagion» du conflit syrien aux pays voisins.
La Syrie n’a jusqu’à présent pas réagi officiellement à ces accusations.
«C’est exactement comme le jour de la mort de Rafic Hariri. Les Syriens ne sont plus ici mais il y a des Libanais qui travaillent pour eux. Le gouvernement est responsable de ce qui s’est passé et nous voulons qu’il parte», a affirmé Manal Charqawy, une étudiante qui participait à la manifestation.
Selon les experts, cet attentat ne fera pas plonger le Liban, dont aucun responsable politique ne veut revivre la guerre civile (1975-1990), dans le chaos.
Dans les régions à majorité sunnite, la colère restait toutefois vive dimanche. A Tripoli, dans le nord, les troupes libanaises se sont déployées autour de la maison de M. Mikati, apparemment dans le but d’empêcher une éventuelle attaque.
Un député d’opposition, Mouïn Merhabi, a planté deux tentes devant cette bâtisse, avec le soutien de dizaines de partisans, lançant ainsi un mouvement de protestation qui doit selon lui durer jusqu’à la démission de M. Mikati.

AFP
Mardi 23 Octobre 2012

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