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Attaque jihadiste contre un camp de l'ONU au Mali

Un mort et neuf Casques bleus blessés




Le camp des Nations unies à Tombouctou, dans le nord du Mali, a été mercredi la cible d'une "attaque terroriste" au mortier ayant tué une personne non encore identifiée, selon l'ONU, et blessé neuf Casques bleus.
L'attaque a été revendiquée par le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", une alliance jihadiste récemment créée, dans un message diffusé mercredi soir par plusieurs médias spécialisés.
Elle survient au lendemain d'une autre attaque, dans la région de Ségou (centre), qui a fait neuf morts et cinq blessés parmi des soldats maliens tombés dans une embuscade, d'après le gouvernement malien.
Dans un communiqué, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a expliqué que l'attaque avait visé mercredi en début d'après-midi son camp appelé "Super Camp" à Tombouctou, chef-lieu de la région du même nom, à près de 910 km de Bamako, la capitale.
"Selon les rapports préliminaires, six obus y ont atterri. Le bilan provisoire est de neuf blessés parmi les Casques bleus", dont quatre grièvement, mais aussi "un mort dont l'identification est en cours", affirme la Minusma.
La force de l'ONU, comptant un peu plus de 12.000 militaires et policiers sur le territoire malien, "a déployé des moyens aériens de reconnaissance pour identifier la zone" des tirs, selon son communiqué. Elle demande que tout soit fait "pour identifier les responsables de cette attaque terroriste" et les poursuivre.
Le texte ne précise pas les nationalités des Casques bleus blessés qui, selon les armées libérienne et suédoise, comprennent des Libériens et un Suédois.
A Monrovia, un porte-parole de l'armée libérienne a indiqué que l'attaque de la base des Libériens à Tombouctou a fait "plusieurs blessés et d'autres dégâts". A Stockholm, l'armée suédoise a fait savoir qu'un soldat suédois avait été légèrement blessé dans une attaque contre un camp abritant son contingent dans le sud de Tombouctou.
D'après le dernier rapport du secrétaire général de l'ONU sur le Mali rendu public fin mars, le "Super Camp" de la Minusma à Tombouctou, près de l'aéroport, abrite des contingents d'une dizaine de pays.
Dans son message, le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans" a affirmé que ses combattants "ont bombardé aux roquettes l'aéroport de Tombouctou", ciblant "des forces d'agression". Ils ont fait "plusieurs blessés parmi les forces internationales", dit-il, évoquant "10 soldats dont certains ont été grièvement blessés".
Plusieurs groupes jihadistes du Sahel, notamment ceux du Malien Iyad Ag Ghaly et de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, ont fusionné pour former cette alliance, dont la création a été annoncée en mars.
Elle avait revendiqué l'attaque qui a coûté la vie le 5 avril dans la zone de Douentza (centre) à un militaire de Barkhane, force française antiterroriste au Sahel.
Barkhane a annoncé avoir tué ou capturé une vingtaine de jihadistes dans le nord du Mali, vers la frontière avec le Burkina Faso, entre les 29 et 30 avril.
Déployée depuis juillet 2013, la Minusma est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués en opération.
Mercredi, la Côte d'Ivoire a annoncé qu'elle envoyait au Mali pour la première fois une "unité combattante" de 150 soldats, qui rejoindra la Minusma à Tombouctou.
Tombouctou est une des régions du vaste Nord malien qui était tombée en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Pour s'imposer, ces derniers avaient profité d'une rébellion touareg qu'ils ont fini par évincer.
Les jihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés à la suite du déclenchement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une opération militaire internationale qui se poursuit toujours.
Cependant, des zones entières échappent au contrôle des autorités maliennes comme à celui des forces étrangères. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques se sont étendues depuis 2015 vers le Centre, puis le Sud.
"Au total, le nombre des attaques revendiquées par des groupes extrémistes violents a pratiquement triplé, passant de 28 en 2015 à 85 en 2016", selon l'ONU.

Vendredi 5 Mai 2017

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