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Attaque contre un policier devant Notre-Dame à Paris

L'assaillant est un Algérien qui poursuit ses études en sciences de la communication à Metz




Un policier a été attaqué mardi sur le parvis de Notre-Dame à Paris par un homme armé d'un marteau qui, blessé et arrêté, a revendiqué être un "soldat" du groupe Etat islamique, trois jours après l'attentat jihadiste de Londres.
L'assaillant "a crié au moment de l'agression +C'est pour la Syrie+" et était porteur d'une carte l'identifiant comme "étudiant algérien", document dont il faut encore vérifier l'authenticité, a expliqué le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb, lors d'un point de presse.
"Apparemment, l'individu était seul", a-t-il précisé. Après l'agression, il a "revendiqué être un soldat du califat", autoproclamé par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en juin 2014, selon une source proche de l'enquête.
Il portait des papiers au nom de Farid I., né en Algérie en janvier 1977 et inscrit comme doctorant en sciences de l'information à Metz (est de la France), selon la même source.
Il n'y avait chez lui "aucun signe extérieur d'une adhésion excessive à l'islam", a estimé son directeur de thèse, Arnaud Mercier, toutefois intrigué par son silence depuis le mois de novembre: "Ça veut dire que sans doute il y a eu un mouvement de rupture cet automne", a-t-il expliqué sur la chaîne BFMTV.
"Quand je l'ai connu, c'est quelqu'un qui était pro-occidental et pro-valeurs démocratiques, qui croyait beaucoup à la mission des médias", a ajouté le professeur.
L'agresseur a été évacué vers un hôpital. Le policier agressé a lui été légèrement blessé à la tête. Un de ses collègues a riposté avec son arme de service, blessant l'agresseur au thorax.
Outre un marteau, celui-ci avait en sa possession deux couteaux de cuisine, selon les autorités. "On s'aperçoit qu'on est passé d'un terrorisme très sophistiqué à un terrorisme où n'importe quel outil peut servir pour commettre des agressions", a observé le ministre de l'Intérieur.
Une enquête a été ouverte par le parquet antiterroriste. Une perquisition menée par une quizaine de membres de l'unité d'élite de la police, cagoulés et lourdement armés, a eu lieu mardi soir dans une résidence étudiante de Cergy, près de Paris, où l'assaillant louait un studio, a constaté une journaliste de l'AFP.
Un locataire de l'immeuble a décrit un homme "très discret".
L'attaque a eu lieu vers 16H20 (14H20 GMT). Un témoin a rapporté à l'AFP avoir entendu "crier très fort", puis vu "un mouvement de foule". "Les gens ont paniqué, j'ai entendu deux coups de feu, vu un homme étendu par terre, du sang partout", a-t-il ajouté, sans dévoiler son nom.
"On a entendu deux bruits de coups de feu, on ne s'est pas inquiété, d'ailleurs personne ne s'est inquiété, personne ne courait", ont quant à elles relaté Aline et sa fille Gabrielle Wacogne, venues rendre visite à un proche hospitalisé. "Puis soudain on a vu des policiers arriver à pied, puis des voitures et des fourgons, ils ont tout de suite fermé les accès au parvis".
Les principales voies d'accès menant à la cathédrale ont été bouclées par des cordons de sécurité et des centaines de badauds ont été repoussés de l'autre côté de la Seine.
Notre-Dame, située en plein coeur du Paris touristique, est l'un des monuments les plus visités d'Europe, avec 13 millions d'entrées par an. Plusieurs centaines de personnes y ont été confinées dans le calme.
Cette agression intervient trois jours après un nouvel attentat au Royaume-Uni: sept personnes ont été tuées et 48 autres blessées samedi soir à Londres dans une attaque revendiquée par l'EI. Trois hommes ont foncé dans la foule avec une camionnette, avant de poignarder des passants.
Une autre attaque avait fait 22 morts et plus de 100 blessés le 22 mai à Manchester, lorsqu'un jeune Britannique d'origine libyenne s'était fait exploser à la sortie d'un concert.
La France a quant à elle été la cible de l'EI à plusieurs reprises depuis les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts).
Les derniers attentats ont ciblé les forces de sécurité. Un policier a été assassiné sur les Champs-Elysées le 20 avril, juste avant le premier tour de la présidentielle, après des attaques qui ont visé des militaires, sans les tuer, au musée du Louvre et à l'aéroport d'Orly.
La cathédrale Notre-Dame a déjà été au coeur d'une enquête antiterroriste. En septembre 2016, les autorités avaient démantelé un commando de femmes jihadistes à l'origine d'un attentat avorté à la voiture piégée - retrouvée non loin de Notre-Dame bourrée de bonbonnes de gaz - et qui préparaient, d'après les enquêteurs, une autre attaque "imminente" contre une gare.
Ces femmes, "téléguidées" par des jihadistes de l'EI en Syrie d'après les enquêteurs, avaient des connexions avec les auteurs de plusieurs attentats récents en France.

Jeudi 8 Juin 2017

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