Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Assad promet la victoire contre les comploteurs : Un journaliste français tué en Syrie




Assad promet la victoire contre les comploteurs : Un journaliste français tué en Syrie
Le président syrien Bachar al Assad, confronté depuis dix mois à des manifestations antigouvernementales, a assuré mercredi à Damas que la Syrie triompherait des «comploteurs étrangers». Sur le terrain, un journaliste français a été tué alors qu’il effectuait un reportage à Homs, dans le centre du pays. Gilles Jacquier, grand reporter de France Télévisions est le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de l’insurrection contre le régime, le 15 mars 2011.
Un journaliste néerlandais a également été blessé dans l’attaque qui, selon la chaîne de télévision Addounia, a fait au total huit morts et 25 blessés. Les deux journalistes de France 2 présents à Homs, dont l’un est sorti indemne, «étaient en mission autorisée par le gouvernement syrien, pour un reportage destiné au magazine de la rédaction Envoyé spécial», dit France Télévisions.
Selon un témoin qui a requis l’anonymat, des roquettes ont été tirées lors d’un rassemblement de partisans de Bachar al Assad. Les deux journalistes occidentaux se trouvaient près du quartier d’Akrama lors de l’attaque, a dit pour sa part Rami Abdoulrahman, président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), dont le siège est à Londres.
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a demandé «qu’une enquête soit menée afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame».
Lors d’une apparition publique inattendue, Bachar al Assad, accompagné de sa femme Asma et de leurs deux enfants, s’est exprimé place des Omeyyades au coeur de la capitale, devant plusieurs milliers de partisans agitant des drapeaux syriens. «J’appartiens à cette rue», leur a-t-il dit, dénonçant un complot ourdi de l’étranger contre la Syrie. «Nous allons signer avec cette phase leur fin et la fin de leurs projets. Nous allons gagner sans aucun doute possible», a-t-il ajouté.
La foule a scandé «Chabiha pour toujours, pour tes yeux Assad», allusion à la milice pro-Assad qui mène aux côtés de l’armée la répression des manifestations hostiles au régime. Cette intervention est survenue au lendemain d’un discours prononcé à l’université de Damas dans lequel Assad a imputé les violences à «un complot de l’étranger» et a promis de frapper «les terroristes d’une main de fer.»
Selon l’Onu, la répression des manifestations antigouvernementales a fait plus de 5.000 morts. Damas fait état pour sa part de 2.000 soldats et policiers tués dans les violences. Face à la poursuite de la violence, la Ligue arabe a dépêché fin décembre 165 observateurs chargés de vérifier l’application par Damas, qui l’a accepté en novembre, d’un plan pour résoudre la crise. Il prévoit la libération des prisonniers politiques, le retrait des chars de l’armée des villes du pays, la fin de la répression et l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition.
Alors que la mission de la Ligue arabe est de plus en plus contestée, un de ses observateurs a quitté le pays, se jugeant incapable d’empêcher «les scènes d’horreur» et accusant le régime de rendre les observateurs complices de la répression.
«Je me retire parce que je me retrouve en train de servir le régime», a expliqué l’Algérien Anouar Malek à la chaîne de télévision Al Jazeera. «Je donnais au régime une plus grande chance de continuer le massacre et je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher», a ajouté l’observateur dans une interview réalisée au siège de la chaîne, au Qatar. «Ils n’ont pas retiré leurs chars des rues, ils les ont juste cachés et redéployés après notre départ», a indiqué Anouar Malek, qui arbore encore le gilet jaune des observateurs. Interrogé sur les raisons de son départ, Malek a déclaré: «J’ai passé plus de quinze jours à Homs (...) J’ai vu des scènes d’horreur, des corps brûlés (...) Je ne peux pas laisser mon humanité de côté dans ce genre de situation».
«La mission est une farce et les observateurs ont été dupés. Ce que j’ai vu est une catastrophe humanitaire. Le régime ne commet pas seulement un crime de guerre mais une série de crimes contre son peuple.» Un haut dirigeant de l’Onu a indiqué mardi au Conseil de sécurité que le nombre de manifestants tués en Syrie s’était accru depuis l’arrivée des observateurs de la Ligue arabe, a fait savoir Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies. Selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme, quatre personnes ont été tuées à Kafr Nabouda, dans la province de Hama, où des affrontements ont éclaté lors d’un raid de l’armée contre des déserteurs.
Au total, 27 civils ont été tués mardi, dont 15 dans la ville de Daïr Az Zor et 10 à Homs. Quatre déserteurs de l’armée ont par ailleurs été tués.

REUTERS
Vendredi 13 Janvier 2012

Lu 300 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs