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Arrestation burlesque du président du Conseil des migrants subsahariens

Les autorités de l’aéroport Mohammed V s’emmêlent les pieds dans leurs explications




Arrestation burlesque du président du Conseil des migrants subsahariens
Dure journée pour Amadou Baldé, président du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM). Lundi dernier, il a été arrêté à l’aéroport Mohammed V au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion pour Bordeaux où il était invité à intervenir devant un colloque sur l’esclavage moderne et ses conséquences sur les phénomènes de migration, en particulier au Maroc.  Le motif invoqué par les forces de sécurité: son visa pour la France était apposé sur un passeport non valide.
Un argument qui ne semble pas convaincre la délégation des autres participants au même colloque, témoins de l’incident. Selon Houria Zaidi, conseillère municipale, les vrais motifs de l’arrestation du président du CMSM demeurent obscurs. En fait,  plusieurs versions contradictoires ont été avancées par les services de police de l'aéroport international Mohammed V.  Dans un premier temps, ils ont prétendu que le visa était faux. Après, ils ont parlé de faux passeport avant de se rétracter et d’affirmer qu’Amadou Baldé a été arrêté parce qu’il était en possession de deux passeports. Quelques minutes plus tard, le président du CMSM sera même accusé d’être un migrant irrégulier voire un trafiquant de devises. 
D’après notre source, Amadou Baldé a été conduit vers la préfecture de police de Casablanca où il est en détention depuis hier en fin de matinée. Pire, sa détention a été ordonnée sans vérification de la validité de son titre de voyage auprès de  l’ambassade de Guinée qui a démenti la thèse du faux passeport ni auprès du consulat de France qui lui a accordé son visa. 
De son côté, Ousmane Cissé, président du Conseil représentatif des associations noires à Aquitaine en France, a indiqué dans une déclaration au journal Sud-Ouest que les autorités marocaines ont estimé que le passeport de l’intéressé n’était pas valable, parce que,  récemment renouvelé, il ne portait pas trace de sa sortie de Guinée.    
Pourtant, plusieurs questions s’imposent. D’abord, comment se fait-il que la France ait accordé un visa alors que parmi les conditions exigées pour chaque personne voulant se rendre dans l’Hexagone en vue de participer à une manifestation culturelle, sportive ou artistique  figure la possession d’un passeport dont la validité ne doit pas être inférieure à trois mois après la date d’expiration du visa demandé? Ensuite, pourquoi les autorités marocaines n’ont-elles pas procédé aux vérifications d’usage étant entendu que l’intéressé  dispose d’une carte de résident dont l’une des conditions d’acquisition consiste en la présentation d’une copie des pages du passeport mentionnant son identité, le cachet et la date de son  entrée au Maroc ainsi qu’un visa marocain en bonne et due forme? 

Hassan Bentaleb
Jeudi 20 Novembre 2014

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