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Argentine : Crise institutionnelle




En limogeant brutalement le président de la Banque centrale d’Argentine, la présidente Cristina Kirchner n’imaginait pas l’ampleur de la crise institutionnelle et politique qu’elle déclencherait dans le pays. Ni la vague de critiques qui fusent de toutes parts, des juristes aux ténors de l’opposition, sur sa façon d’exercer le pouvoir.
Depuis sa décision, jeudi 7 janvier, de destituer par décret le patron de l’institution monétaire, Cristina Kirchner a subi deux sérieux revers : vendredi, une juge fédérale a provisoirement suspendu l’application du décret d’urgence, permettant à Martin Redrado de réintégrer ses fonctions à la tête de la Banque centrale. La même juge a également suspendu un second décret présidentiel autorisant l’utilisation des réserves de la Banque centrale pour régler la dette du pays arrivant à échéances en 2010. Ces deux mesures ont pris par surprise le gouvernement. Ce dernier a fait appel de la décision, tandis que Nestor Kirchner, ex-chef de l’État et mari de l’actuelle présidente, a dénoncé «une conspiration permanente» contre le gouvernement.
À l’origine du conflit : le paiement de la dette publique extérieure et l’utilisation d’un fonds spécial créé en décembre par décret, doté de 6,5 milliards de dollars. En refusant d’opérer ce transfert, sans examiner auparavant les conséquences juridiques d’une telle opération, son patron s’est exposé aux foudres du gouvernement qui l’accuse d’«avoir manqué à ses devoirs». Lui estime qu’il défend la stabilité financière du pays, ajoutant que «les réserves appartiennent à tous les Argentins et à personne en particulier».
Les avocats de Martin Redrado, qui a porté plainte devant les tribunaux, rappellent le statut d’indépendance de la Banque centrale. Selon la charte constitutive de l’établissement, le pouvoir exécutif doit passer par le Congrès et obtenir l’avis d’une commission bicamérale pour pouvoir démettre son responsable. Ce qui n’a pas été fait alors que le gouvernement n’a plus de majorité parlementaire depuis les élections législatives de juin 2009.
Cette affaire a eu pour effet de créer un front commun de critiques dans les rangs de l’opposition, pourtant jusqu’ici très divisés. Rentré précipitamment de ses vacances au Chili, le vice-président de la nation, Julio Cobos, opposé à la présidente depuis la longue crise avec les agriculteurs en 2008, a déclaré que «la paix sociale n’est possible que dans le respect de la loi et des institutions».

AFP, AP, Reuters
Mercredi 13 Janvier 2010

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