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Argent et menace jihadiste motivent l'appui au gouvernement libyen d'union

Depuis l'été 2014, Tripoli et la plupart des régions de l'ouest ont été gérées par un pouvoir non reconnu




Les difficultés financières du gouvernement non reconnu à Tripoli et son impuissance face à l'expansion jihadiste ont été les deux facteurs majeurs qui ont ouvert la voie au gouvernement d'union sans effusion de sang.
Le gouvernement d'union nationale est soutenu par la communauté internationale qui compte sur lui pour relancer l'économie et contrer la menace jihadiste, alors qu'il est soumis depuis un an et demi à une autorité mise au ban de la communauté internationale.
"Le gouvernement (non reconnu) de Tripoli a fait faillite. Certains membres de groupes armés ne sont plus payés alors que d'autres craignent le même sort", a indiqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, un homme politique proche du gouvernement d'union.
Comme les autorités non reconnues sont "incapables de les payer, ces groupes armés préfèrent soutenir le gouvernement d'union", a-t-il ajouté. "Le risque d'affrontements violents demeure d'actualité car ces groupes armés attendent pour voir ce que le gouvernement d'union peut leur apporter." Le gouvernement d'union, arrivé il y a une semaine à Tripoli, a rapidement recueilli le soutien des villes de l'ouest et du sud -même si celles de l'est lui résistent toujours-, et des institutions financières comme la Banque centrale et la Compagnie nationale de pétrole.
Mardi soir, le gouvernement non reconnu de Tripoli avait annoncé qu'il cédait le pouvoir au gouvernement d'union mais son chef, Khalifa Ghweil, a affirmé mercredi qu'il refusait de partir, rappelant ses ministres à leurs postes.
Ghweil affaibli, les promesses de réformes sécuritaires et économiques du gouvernement d'union ont séduit et permis d'éviter l’affrontement entre milices rivales.
Le Comité de sécurité du gouvernement d'union "s’est entretenu avec les chefs des groupes armés pendant des semaines avant sa venue à Tripoli, les appelant au calme", a indiqué à l'AFP un responsable sécuritaire à Tripoli.
"Il n'y a aucun organe de sécurité ou groupe armé opposé au gouvernement d'union maintenant, en attendant que la situation et l'action de ce gouvernement soient claires", a-t-il ajouté. Livrée aux milices depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye, riche en pétrole, a sombré encore un peu plus dans le chaos quand deux autorités rivales ont commencé à se disputer le pouvoir en 2014.
Depuis l'été 2014, Tripoli et la plupart des régions de l'ouest ont été "gérées" par un pouvoir non reconnu avec l'appui de "Fajr Libya", une coalition hétéroclite de milices allant des islamistes modérés aux Berbères.
Mais avec le ralliement d'une majorité de ces milices au gouvernement d'union, les experts prédisent la fin de cette coalition.
Fajr Libya s’est opposée au groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui, profitant des divisions, s'est implanté dans le pays où il contrôle Syrte (450 km à l'est de Tripoli) et tente une expansion vers d'autres villes, dont Sabratha (70 km à l'ouest de Tripoli).
A maintes reprises, les autorités non reconnues à Tripoli ont annoncé des opérations militaires pour libérer Syrte qui n'ont pas eu lieu. Des villes de l'ouest comme Sabratha, qui a connu des affrontements violents avec l'EI, ont taxé M. Ghweil d'impuissance face au groupe jihadiste.
"Le ralliement de plusieurs villes libyennes au gouvernement d'union peut s'expliquer par la peur de l'EI. La question est de savoir si ces ralliements vont durer", estime Marc Pierini, analyste à la fondation Carnegie et ancien ambassadeur de l'Union européenne à Tunis et Tripoli.
"On craint en Libye la perspective d'une intervention occidentale, que personne ne souhaite. (...) N'importe quel Libyen préférerait éviter de voir débarquer des troupes étrangères", a-t-il ajouté à l'AFP.
L'Union européenne et les Etats-Unis, qui craignent l'expansion de l'EI en Libye, à 300 km seulement de l'Europe, ont pour cette raison aussi soutenu le gouvernement de M. Sarraj, dont la position reste fragile.
"Il faut continuer à recoller les morceaux mais sans brûler les étapes", explique Patrick Haimzadeh, un ancien diplomate spécialiste de la Libye.

Vendredi 8 Avril 2016

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