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Après les affrontements de Tripoli : Le CNT craint une contre-inssurrection




Les hommes du Conseil national de transition (CNT) désormais au pouvoir en Libye sont partout à Abou Salim, quartier de Tripoli où les partisans de Mouammar Kadhafi restent eux aussi nombreux. Aux commandes de canons antiaériens, ils jettent des coups d’œil inquiets autour d’eux, lorsqu’un riverain descend de sa voiture à hauteur de journalistes étrangers. «Kadhafi était meilleur !», leur lance-t-il dans un anglais approximatif. Nerveux, il désigne d’une main tremblante sa femme enceinte et ses deux filles dans le véhicule. «Kadhafi !», reprend l’épouse, le pouce levé. «Maintenant, pas bon. Pas d’eau, pas de nourriture pour bébé, rien !», poursuit-elle. Dernier quartier de la capitale à tomber aux mains des ex-rebelles lors de la bataille de Tripoli, Abou Salim a été vendredi le théâtre d’intenses combats entre les forces du CNT et plusieurs dizaines de fidèles du «guide» déchu. L’affrontement, premier du genre depuis la prise de la ville le 23 août, est resté isolé, mais beaucoup craignent désormais une contre-insurrection des partisans de l’ancien régime. Le CNT s’est efforcé de minimiser l’événement, répétant qu’il ne s’agissait que d’un «petit problème». Ses hommes se sont toutefois déployés en nombre et lourdement armés, samedi, dans les rues où les combats ont éclaté la veille. «On n’a pas aimé la façon dont le CNT est venu hier, tirant sur tout ce qui bougeait», explique Mohammed, un habitant du quartier âgé de 20 ans. «Je soutiens cette révolution, mais agir comme ça - l’un d’eux a essayé de voler une voiture hier - va lever les gens contre eux», poursuit-il. A la recherche d’armes, les révolutionnaires ont fouillé samedi de nombreuses habitations. «Les gens de Kadhafi sont venus ici et ont remis des armes à tout le monde pendant la guerre. Ils nous ont donné tous les types d’armes qu’on peut imaginer», affirme Ali, un mécanicien local. Selon Mohammed, les hommes du CNT ont arrêté une femme chez laquelle ils ont découvert le drapeau vert de la Libye de Kadhafi. La semaine dernière, ils ont même abattu un homme qui avait lancé un slogan favorable à l’ex-chef de l’Etat, poursuit le jeune homme, dont les propos sont invérifiables. «C’est seulement exprimer une opinion. Juste ça et on se fait tuer ? Ça ne va pas !», s’indigne-t-il. Des mouvements de défense des droits de l’Homme se sont ouvertement inquiétés récemment de l’attitude des combattants du CNT, désormais chargés d’assurer la sécurité, parmi lesquels figurent beaucoup de jeunes gens. Les nouvelles autorités, qui prônent la patience, expliquent quant à elles que la mise en place d’une police et d’une justice efficaces prendra du temps, mais promettent un régime démocratique respectueux des droits civiques. Certains observateurs craignent en revanche que le ressentiment ne donne lieu à de nouveaux affrontements, à Abou Salim ou ailleurs.

Reuters
Lundi 17 Octobre 2011

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