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Après le débat organisé par l’USFP, le PPS et le FFD : La gauche en appelle à un nouveau contrat politique




Après le débat organisé par l’USFP, le PPS et le FFD : La gauche en appelle à un nouveau contrat politique
Un air de retrouvailles vendredi 21 octobre au siège r’bati de l’Union socialiste des forces populaires. Aux premières heures de l’après-midi, le peuple de gauche est arrivé par petites grappes et a fini par envahir la grande salle de conférence de l’USFP. Entre accolades et grands sourires, les hommes et les femmes de gauche affichaient les mines des grands jours. De ces jours qui font parfois l’histoire. En cette fin de semaine, une telle conférence-débat n’a pas seulement valeur de retrouvailles symboliques. « 2011 est l’année de toutes les réformes politiques visant à construire des institutions véritables. C’est aussi l’année où beaucoup ont découvert que les jeunes étaient au cœur de la politique et non des acteurs de la désaffection », précise en présidente de séance  l’Usfpéiste Amina Ouchalh.
 Ce vendredi 21 octobre, trois partis de gauche, l’USFP, le PPS et le FFD, se sont réunis dans le cadre d’une conférence tripartite organisée sur le thème de « la gauche et le Maroc de l’avenir ». Et l’avenir de la gauche est loin d’être terminé, a justement fait valoir Abdelouahad Radi, le Premier secrétaire de l’USFP. La gauche se réunit à trois alors que le Maroc se prépare à des élections législatives anticipées qui auront lieu dans un mois, après que le pays a adopté une nouvelle Constitution dont les principales dispositions ont été âprement défendues par les forces de gauche.
La perspective électoraliste, forcément immédiate, est balayée d’un revers de la main pour céder la place au projet de société basé sur la démocratie, l’égalité, la solidarité. « C’est un combat de plus de 40 ans où la gauche a payé le prix fort comme en témoigne le rapport final de l’Instance Equité et Réconciliation ; le prix fort  pour la démocratie, la liberté, la dignité, la modernité, l’égalité. Il ne faut surtout pas oublier qu’au lendemain de l’indépendance du Maroc, des forces se sont mobilisées pour faire de la société marocaine une société conservatrice. Aujourd’hui l’adoption de la Constitution de 2011 n’est pas une fin en soi. C’est le début de tout un processus et nos partis de gauche doivent se préparer à jouer leur rôle. Nous devons impérativement réfléchir à ce que nous devons faire dans l’avenir d’autant qu’une nouvelle étape commence et tout ce qui va être entrepris va hypothéquer le pays pour au moins dix ans», a expliqué avec force le leader socialiste.

Les forces de gauche doivent être présentes avec force au Parlement
Une nouvelle étape commence donc, et elle prendra forme  au Parlement qui sera élu le 25 novembre prochain. Investis d’une mission législative véritable, les nouveaux parlementaires, plus que jamais faiseurs de lois, auront désormais la charge de traduire en textes les changements portés par la loi suprême. « C’est pourquoi la gauche doit être présente avec force sous la coupole pour que les futures lois qui seront adoptées soient à la hauteur de la Constitution. Ce qui signifie clairement que les partis de gauche doivent remporter les élections pour être présents avec force dans les institutions élues », affirme celui qui est président de la Chambre des députés.
La force et l’union sont aussi une question arithmétique, il est toujours bon de le rappeler à une gauche qui éparpillée, ne saura affronter les défis de la construction démocratique. Les retrouvailles du peuple de gauche, le temps d’une après-midi, le temps d’une conférence, viennent en tout cas traduire les attentes de ceux et celles qui en appellent à l’urgence de l’émergence d’un pôle de gauche. C’est la conviction profonde de Nabil Benabdallah, le secrétaire général du PPS. « Le temps est venu que nous donnions des signaux forts à nos militants, à nos sympathisants, à ces franges à la fois indécises et déçues par le paysage politique marocain actuel, des signaux forts à travers la constitution d’un front de gauche, d’un pôle de gauche démocratique, moderniste et progressiste. On peut même rêver d’un grand parti socialiste, un grand parti de gauche. C’est un rêve bien sûr. Mais faisons de ce rêve une perspective ! » martèle le patron du parti des anciens communistes.

Ce n’est pas la fin de l’histoire mais le début d’un  processus
Les valeurs de la gauche n’en ont pas fini de planer ce 21 octobre dans la salle de conférence de l’USFP. La marque de fabrique de cette gauche a pour nom  démocratie, liberté, égalité, droits humains, séparation des pouvoirs, justice sociale, modernité. « Des valeurs que d’autres forces tentent aujourd’hui de squatter, ces forces aux différentes couleurs qui se sont pourtant battues contre la modernité et la réforme » soutient N. Benabdallah qui se prononce en faveur d’un nouveau contrat politique  pour l’édification d’un Etat démocratique, moderne et fort et ce pour incarner et traduire sur le terrain la Constitution adoptée en juillet 2011.
A ceux qui ont décrété un peu trop rapidement la fin de l’histoire et enterré aussi bien la droite que la gauche, le débat organisé vendredi par l’USFP, le PPS et la gauche prouve bien que la gauche espère avoir encore de beaux jours devant elle. Le commentaire est vitriol et il est signé du chef de file du Front des forces démocratiques, Thami El Khyari. « L’annonce de notre rencontre d’aujourd’hui a suscité des espoirs. Beaucoup attendent de la gauche qu’elle assume ses responsabilités. Dans la rue, le peuple a réclamé la moralisation de la vie publique, la transparence, la fin des privilèges. Le peuple a des attentes  et il regarde du côté de la gauche pour cela, mais d’une gauche unie. Il faut se souvenir que les principales réformes qu’a connues le Maroc ont été faites par le gouvernement d’alternance qui était conduit par un homme de gauche, Abderrahmane Youssoufi. Aujourd’hui plus qu’hier, la gauche représente une vraie alternative et il nous faut être au rendez-vous de l’histoire», affirme Thami El Khyari avant de conclure que « si la gauche doit impérativement être le noyau dur de la prochaine majorité, les alliances post-électorales doivent elles se faire sur la base d’un programme homogène porteur de modernité et de réformes économiques et sociales.

Narjis Rerhaye
Lundi 24 Octobre 2011

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