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Après l'expertise hollandaise, le Maroc sollicite l'aide espagnole

Tan Tan, encore sous la menace d’une catastrophe écologique




Après l'expertise hollandaise, le Maroc sollicite l'aide espagnole
Le pétrolier  Laâyoune Sylver transportant quelque 5.000 tonnes de fioul destiné au ravitaillement des chalutiers et autres bateaux de pêche immatriculés au port de Tan Tan, a chaviré à l’entrée de ce port. 
En provenance des Iles Canaries, il avait voulu forcer l’entrée du port. Malgré les mises en garde de la capitainerie du port qui lui aurait demandé d’attendre qu’il fasse jour pour affronter les sables mouvants qui, en cette période de l’année, empêche généralement les embarcations de moindre envergure de rejoindre les quais du port.
«Depuis plusieurs années déjà, nous ne cessons de demander aux autorités concernées de trouver une solution», nous a déclaré le capitaine d’un petit chalutier de la place. «Cette solution consisterait, selon notre interlocuteur, à une extension des quais de façon à ce que les navires  puissent y entrer, loin des sables mouvants et sans courir de risque. Les responsables locaux, souvent interrogés par les conseils élus, pendant leurs différentes sessions, n’ont jamais tari de promesses. Mais jamais rien de concret. 
La dernière de  ces promesses émanait d’un responsable national, cette fois, en l’occurrence le ministre de l’Equipement. M. Rabbah avait promis d’importants travaux au port de Tan Tan, qui fut l’un des plus importants du pays.  
Mais au lieu de trouver une solution au problème de l’accès aux quais, les travaux qu’a connus le port, avaient trait à la construction d’un nouveau marché au poisson. Comme s’il n’y avait que cela d’urgent. La sécurité des usagers du port était secondaire et pouvait attendre. Mécontent, notre interlocuteur a poursuivi ses critiques en soulignant: «Tout en souhaitant que le problème de  Laâyoune Sylver trouve une solution urgente, j’espère que la catastrophe écologique qui menace les côtes Sud du pays donne à réfléchir, car les responsables ont l’habitude d’oublier l’adage «Vaut mieux prévenir que guérir» et de réagir bien après une catastrophe».
Toujours est-il qu’aux dernières nouvelles, 16 des 17 membres d’équipage du pétrolier ont pu être sauvés par les hélicoptères de la gendarmerie Royale. 
Des sources proches du port de Tan Tan nous ont confirmé que les autorités marocaines ont appelé, à la rescousse, des  experts hollandais pour essayer de trouver une solution à ce problème qui constitue une grave menace écologique. Sachant que les tentatives de remorquer Laâyoune Sylver  ont échoué, la solution serait de transvaser le contenu du pétrolier avant que ses calles ne soient fissurées. La zone où il a chaviré étant rocailleuse et est généralement interdite, par marée basse. 
Par ailleurs, les autorités de Lanzarote, une des Iles des Canaries, distante d'à peine 200 km, ont indiqué avoir sollicité un point «urgent» sur la situation auprès de Rabat, s'agissant notamment du « niveau de risque » encouru. Au moment où l’on attend l’arrivée de deux navires en provenance des Canaries, afin de tenter de tracter le pétrolier vers le large, on apprend qu’un chalutier du groupe Omnium marocain de pêche vient d’échouer  à son tour, à ce même endroit, désormais appelé «Mouroir des bateaux». Pour sa part, le directeur de l'Agence nationale des ports (ANP), Mohamed Othmani, a affirmé qu'un remorqueur était attendu en provenance de Las Palmas, au même titre que les experts des Pays-Bas, indiquant qu’une assistance leur sera assurée par un hélicoptère de la gendarmerie Royale.
L'autre grand remorqueur dépêché jeudi de Mohammedia, et qui s'était arrêté à Jorf Lasfar, aurait fait demi-tour, en raison d'une grève des employés du port de Mohammedia, rapporte une source proche du dossier.
Rappelons qu'une réunion s'était tenue mercredi soir, à Tan Tan «pour examiner les moyens d'assurer le remorquage» et «éviter une catastrophe écologique», en présence notamment de l'armateur et de la compagnie SMIT TUG, assureur du bateau accidenté. Il a été convenu, entre autres, de mettre des barrages flottants à la disposition du commandement provincial de la Protection civile, a-t-on ajouté.

Plan d'urgence national 
 
La Commission nationale de lutte contre la pollution marine accidentelle a affirmé que l'échouement du navire Silver à l'entrée du port de Tan Tan, chargé d'environ 5000 tonnes de fuel destiné à la centrale thermique de la ville, n'a pas causé de pollution marine et qu'il n'y a pas lieu de déclencher le Plan d'urgence national.
La commission, réunie vendredi suite à l'appel du ministère délégué auprès du ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, a passé en revue toutes les mesures prises pour faire face à l'incident et aux risques éventuels de pollution marine, indique samedi un communiqué de ce département.
Le navire reste jusqu'à présent stable et la situation maîtrisée, malgré les conditions météorologiques défavorables, selon le communiqué.


A.E.K
Lundi 30 Décembre 2013

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