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Après huit ans de guerre : Les Etats-Unis achèvent leur retrait d'Irak




Le dernier convoi de militaires américains a quitté l'Irak dimanche, mettant un point final au retrait des Etats-Unis près de neuf ans après l'invasion du pays pour chasser Saddam Hussein du pouvoir.
Cette guerre, déclenchée en mars 2003 par une pluie de missiles sur Bagdad, a coûté la vie à près de 4.500 Américains et à des dizaines de milliers d'Irakiens. Les Etats-Unis laissent derrière eux une démocratie fragile, menacée par des extrémistes islamistes, des tensions communautaires et des divisions politiques l'empêchant de trouver sa place dans la région. Une dernière colonne composée d'une centaine de véhicules blindés transportant un demi-millier de militaires américains a lentement progressé au cours de la nuit sur une autoroute vide traversant le désert du sud irakien jusqu'à la frontière avec le Koweït. "C'est bien que tout cela touche à sa fin. J'étais là quand ça a commencé", a déclaré le sergent Christian Schultz juste avant de quitter la base Adder, située à 300 km au sud de Bagdad, pour se diriger vers la frontière. "J'ai vu beaucoup de changements positifs, beaucoup de progrès et beaucoup de mauvaises choses aussi." Pour le président américain Barack Obama, ce retrait militaire répond à une promesse de campagne consistant à mettre fin à un conflit hérité de son prédécesseur, George W. Bush, et qui a fortement entaché l'image des Etats-Unis à travers le monde. Pour les Irakiens, ce retrait devrait renforcer leur sentiment de souveraineté. Il pourrait aussi alimenter leur crainte d'une reprise de violences confessionnelles entre sunnites et chiites, qui ont déjà fait des milliers de morts, notamment en 2006-2007. Le Premier ministre Nouri al Maliki, issu de la majorité chiite du pays, dirige un gouvernement peinant à pleinement respecter un accord de partage du pouvoir entre chiites, sunnites et kurdes, ce qui laisse le pays à la merci de l'influence de ses voisins, dont l'Iran chiite.
Si les violences ont baissé en intensité, des rebelles sunnites et des mouvements armés chiites continuent de représenter une menace et sont responsables d'attaques quasi quotidiennes. Les autorités irakiennes affirment être en mesure de contenir ces violences mais elles manquent de moyens dans des domaines tels que la défense aérienne et la collecte de renseignements. Aucun accord n'a pu être conclu avec les Etats-Unis sur le maintien de plusieurs milliers d'instructeurs américains, pour lesquels Washington souhaitait une immunité juridique. Pour beaucoup d'Irakiens, la sécurité est un problème parmi d'autres, avec notamment le chômage et les pannes de courant dans un pays où l'électricité n'est disponible que quelques heures par jour. "On ne pense pas à l'Amérique (...) On pense à l'électricité, à trouver du travail, à notre pétrole, à nos problèmes quotidiens", dit Abbas Djaber, fonctionnaire à Bagdad. "Ils laissent le chaos." Dès lors que Barack Obama a annoncé en octobre que les Etats-Unis allaient rapatrier toutes leurs forces d'ici la fin de l'année comme prévu, le nombre de bases américaines a rapidement diminué, des centaines de militaires et de camions chargés d'équipements prenant régulièrement la route de la frontière avec le Koweït. Les forces américaines, qui ont mis fin en 2010 à leur mission de combat, ont versé 100.000 dollars par mois à des chefs tribaux pour garantir la sécurité de plusieurs tronçons de l'autoroute menant vers le sud du pays afin de réduire le risque d'attentats.
Au plus fort de la guerre, plus de 170.000 militaires américains étaient déployés dans plus d'un demi-millier de bases à travers l'Irak. Samedi, ils étaient moins de 3.000 et l'armée américaine ne disposait plus que d'une base. A la tombée de la nuit avant le départ du dernier convoi, quelques militaires ont préparé un barbecue à la base Adder. "Une grande partie de moi-même est heureuse de partir. J'ai passé 31 mois dans ce pays", a dit le sergent Steven Schirmer, 25 ans et trois périodes de service en Irak depuis 2007. "C'est comme si je pouvais avoir une vie maintenant, même si je sais que je vais probablement aller en Afghanistan en 2013. Quand ces guerres seront finies, je me demande bien ce que je vais faire."

REUTERS
Lundi 19 Décembre 2011

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