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Après avoir débattu de l'égalité des chances : Les jeunes de Chouala font la fête en Allemagne




Après avoir débattu de l'égalité des chances : Les jeunes de Chouala font la fête en Allemagne
Sept jeunes étudiants marocains issus de l'Association chouala pour l'éducation et la culture viennent de prendre part aux travaux du séminaire international organisé par l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) à Bonn sous le thème "Mêmes droits, mêmes  chances: l'égalité homme-femme comme stratégie de développement en Europe". Ce carrefour d'échange et de partage  tri-national qui a regroupé 23 jeunes issus du Maroc, de la France et d'Allemagne, a permis de mettre  en avant la dynamique de coopération unissant l'Association Chouala et plusieurs acteurs associatifs européens, notamment  l'INFA français et l'IKAB allemand.
Arrivée à Bonn après avoir fait escale à l'aéroport  de Frankfort, la délégation marocaine a été chaleureusement accueillie à "Haus Venusberg" sise dans l'un des quartiers les plus huppés de cette ville. La Maison de Venusberg est un centre des jeunes  spécialement créé, aménagé et géré avec le maximum de rigueur et de professionnalisme pour accueillir les débats, les formations, les séminaires et les  activités de partage et d'échange international dans des conditions très commodes et à des prix assez préférentiels. Il est composé de trois locaux d'hébergement joliment aménagés, d'un restaurant, d'un espace vert,  de salles de conférences équipées pour accueillir les débats en séances plénières dans les normes requises, des gymnases à l'adresse des jeunes, un espace vert et une petite chapelle  qui témoigne de l'apport financier de l'église catholique qui était à l'origine de la création de ce centre. Ce qui a  rappelé aux participants marocains leur richissime ministère des Habous et des Affaires islamiques. Pourquoi ne ferait-il pas pareil chez nous ? Mais ils se sont vite ressaisis en se rappelant le drame de Meknès et les centaines de mosquées et minarets, menaçant ruine … Leur pensée s'est donc tournée vers  notre fameux ministère de la Jeunesse et des Sports / version 2009, avec sa très contestée stratégie de mise en vente des biens, locaux et acquis de l'enfance marocaine… Ils ont tous pensé aux misérables centres d'accueil Oqba, ou Sidi Maârouf qui n'ont rien à voir avec "Haus Venusberg" à part quelques petits détails sans intérêt…comme les confortables chambres et locaux  climatisés joliment équipés et aménagés, l'immense espace vert, les salles d'activité, les équipements de sonorisation et de traduction, les espaces sportifs, la qualité du service, etc. Mais peu importe. Grâce à un programme thématique opérationnel et intégré, les jeunes Marocains et ceux des autres pays ont pu aller les uns vers les autres, rompre avec les préjugés, échanger leurs opinions sur leurs spécificités culturelles et mettre en avant l'universalité des valeurs de démocratie, des droits de l'Homme tout en s'exprimant, à la lumière de leur vécu, sur les différents aspects des relations  humaines  censées être basées sur le principe de l'égalité des chances. Trois langues et trois cultures, y compris la marocaine, ont pu cohabiter, communiquer et tisser des relations humaines qui se sont développées durant les jours du séminaire malgré les obstacles linguistiques.
 Salma, Oumayma, Leila, Soukayna, Youness, Mohammed et Mohammed Amine n'ont éprouvé aucune peine à intégrer le groupe du séminaire, et débattre librement, ouvertement et sans complexes ni autocensure de la thématique de l'égalité des chances entre les sexes et du problème des discriminations basées sur le sexe.
Les jeux de rôles qui ont permis aux jeunes de se positionner librement vis-à-vis de certaines affirmations afférentes à la relation homme-femme, ont permis de rompre avec certains stéréotypes. Les Français et les Allemands ont découvert de jeunes Marocains et Marocaines qui militent pour les droits de la femme.
Bref, les positions des jeunes étaient favorables au principe de l'égalité des chances entre les sexes, mais ils ont quelquefois démontré qu'il y avait encore du travail et des efforts à déployer au Nord comme au Sud.
Issus d'un organe associatif fondé sur le principe du bénévolat depuis 35 ans, les jeunes de l'Association Chouala ont constitué l'exception par rapport à leurs alter ego issus des centres sociaux et des centres de formation pressionnels. Leur spontanéité et leur esprit d'ouverture leur ont valu le respect et la sympathie des jeunes et des accompagnateurs allemands et français.
Coïncidant avec le rendez-vous annuel qu'est le Carnaval de la Rhénanie, le séminaire a offert l'occasion aux jeunes Choualaouis d'assister au fameux défilé de rue animé par tous les habitants de la ville de Bonn. Enfants, hommes et femmes de tous les âges et couches sociales, ont défilé, maquillés et déguisés pour faire honneur à cet héritage culturel à part. Il n'y avait plus de protocole encore moins de hiérarchie, on s'amuse, on danse, et on crie  « Alaaf », « Kameel » pour recevoir le maximum de bonbons et de chocolats généreusement distribués par les charrettes des carnavaliers qui défilent et se moquent de tous les  stéréotypes. Le Carnaval de Bonn témoigne de l'avancée réalisée par la femme allemande sur le chemin de l'égalité et de l'intégration, sans discrimination positive ou négative, dans l'économique, le social et le politique. Le dernier jeudi du Carnaval est consacré aux femmes et aucun homme n'a le droit de battre le pavé. Cet événement mémorise la révolution des femmes contre le monopole du carnaval par les hommes qui faisaient la fête tout en laissant les lourdes tâches ménagères aux femmes. Lesquelles ont décidé de faire leur propre défilé. Elles ont donc pris d'assaut le siège de la mairie, et pris le contrôle de la ville pour une journée. Après quoi, elles eurent droit à un carnaval  strictement féminin dans des salles fermées, avant qu'elles ne décident de sortir dans la rue et de célébrer le Carnaval sur le même pied d'égalité que les hommes.
Sur la route de Haus Venusberg, une initiative estudiantine qui  fait honneur au livre et à la lecture, a marqué les esprits des jeunes. Des étudiants de l'Université de Bonn ont initié un projet de lecture à l'adresse de tous les habitants de la ville. Une action simple et concrète qui consiste à mettre un rayonnage dans les jardins de la ville, pour que chaque citoyen puisse librement déposer ou prendre des livres. A Bonn, vous ferez mieux de vous déplacer en bus; ainsi vous aurez l'occasion de découvrir les détails d'une ville très propre, harmonieusement aménagée, tout en admirant la qualité du transport en commun qui fait encore le point fort de l'Allemagne.
Le transport public est assez développé dans la ville de Bonn dont le nombre d'habitants ne dépasse pas   trois cent mille, un ticket de 10 euros pour un groupe de cinq personnes vous donne droit d'utiliser les transports en commun, y compris le métro. Avis donc aux amateurs. 

ABDELALI KHALLAD
Mercredi 17 Mars 2010

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