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Après Platini, Blatter a défendu son cas en appel devant la commission de recours de la FIFA




Après Michel Platini, au tour de Joseph Blatter: le président démissionnaire de la Fifa a contesté mardi devant la commission de recours de la Fédération internationale sa suspension de huit ans de toutes fonctions dans le football.
Au lendemain de la convocation du patron de l'UEFA, c'était au Suisse d'avoir droit à son audience devant le jury d'appel de l'instance mondiale. Mais à chacun son style: alors que Platini était arrivé à pied au siège de la Fifa et avait lâché quelques mots à la vingtaine de journalistes présents, "Sepp" Blatter s'est lui rendu en toute discrétion dans le bâtiment d'où il a longtemps régné sur la planète football.
Fidèle à ses vieilles habitudes du temps de sa présidence débutée en 1998 et brutalement interrompue le 21 décembre, le Valaisan a débarqué vers 7h30, à l'abri des regards de la presse, pour son grand oral prévu à 9h00, selon un membre de la sécurité du QG de la Fifa. Il en est ressorti en catimini par une porte dérobée aux alentours de 17h00, selon la même source.
Les membres de la commission de recours se sont eux engouffrés dans le QG de la Fifa à bord d'une fourgonnette vers 8h30, suivis un quart d'heure plus tard par Jacques Lambert, arrivé en taxi.
Lambert grand témoin   
Jacques Lambert, présenté par les avocats de Platini comme un témoin attestant de la connaissance dans le milieu du foot d'un contrat oral entre Blatter et l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France, a également été sollicité par les avocats du Suisse pour être entendu sur ce sujet dans leur procédure d'appel.
Lambert, à la tête du comité d'organisation de la Coupe du monde 1998 et actuel président de celui de l'Euro-2016, est un familier des institutions du foot international. Il avait démissionné l'année dernière de la chambre d'investigation de la commission d'éthique de la Fifa (soit la justice interne de l'instance), car, comme il l'avait dit lui même, "partagé entre le devoir de réserve et un devoir d'amitié", il avait "choisi le devoir d'amitié" envers Platini.
L'accord verbal supposé entre le président de l'UEFA, également suspendu pour huit ans, et Blatter constitue le point cardinal de la procédure: les deux hommes sont en effet tombés en raison du paiement controversé sans contrat écrit de 1,8 million d'euros du Suisse au Français en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002.
Selon eux, ce versement constituait le solde de la rémunération de cette mission réalisée par l'ex-triple Ballon d'Or auprès du président de la Fifa entre 1999 et 2002 sur la base d'un accord oral.
Les magistrats de la Fifa, eux, les ont jugés coupables "d'abus de position", de "conflit d'intérêts" et de "gestion déloyale", écartant toutefois la charge de "corruption", rapporte l’AFP.
Objectifs différents    
La date du verdict en appel n'a pas été rendue publique. Le Français et le Suisse ne poursuivent pas tout à fait les mêmes objectifs en contestant leurs sanctions.
Si Platini tente de blanchir son nom, de restaurer une image écornée et de récupérer au moins son fauteuil de président de l'UEFA, Blatter, lui, n'a plus grand-chose à espérer. A bientôt 80 ans (le 10 mars), sa carrière de dirigeant sportif semble derrière lui et il a déjà été remplacé par le Camerounais Issa Hayatou comme président intérimaire de la Fifa, en attendant l'élection du 26 février.
Les ennuis de Blatter ne s'arrêtent pas là puisqu'une procédure pénale équivalente à une mise en examen le vise au sujet du fameux paiement de 1,8 million d'euros mais aussi pour un "contrat défavorable à la Fifa" sur les droits de retransmission télévisée locaux des Mondiaux 2010 et 2014.
Platini a lui été entendu fin septembre sous l'équivalent du statut de témoin assisté dans le cadre de l'enquête sur le versement de 1,8 million d'euros.

Jeudi 18 Février 2016

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