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Après Copenhague, comment bâtir sur un échec




Après l'échec du sommet de Copenhague, la communauté internationale doit surmonter le désenchantement général et reprendre en 2010 la négociation d'un accord contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique.
L'Accord de Copenhague, conclu faute de mieux par un G-20 élargi aux principales économies mondiales et grâce à un arrangement sino-américain, n'a pas réussi à se faire adopter par l'ensemble des pays signataires (194) de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques.
Mais en enrôlant pour la première fois, même au prix d'ambitions au rabais et sur la base du seul volontariat, la Chine et les Etats-Unis (les deux premiers pollueurs mondiaux) sous une même bannière, ce texte servira de base aux prochaines négociations, en juin à Bonn.
En dépit de leur frustration, de nombreux dirigeants ont estimé que la seule alternative à cet accord a minima aurait été l'échec total.
"Copenhague est un premier pas vers un nouvel ordre climatique", a noté la chancelière allemande Angela Merkel. "Pas plus, mais pas moins non plus".
Il faudra donc l'an prochain, et dès juin à Bonn quand les négociateurs se retrouveront au complet, trouver les moyens de réconcilier la science et la politique pour arracher un accord global à la prochaine conférence climat de Mexico fin 2010.
Pour espérer contenir la hausse des températures à 2 degrés par rapport à l'ère pré-industrielle, il faudrait réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d'ici à 2020 (par rapport à 1990). Or, à ce stade, les objectifs cumulés plafonnent sous les 20%. A long terme, les émissions mondiales doivent être divisées par 2 en 2050, objectif auquel la Chine notamment a refusé de souscrire.
Les politiques devront aussi accepter des contrôles, ces fameux mécanismes de transparence qui ont donné lieu pendant deux semaines à un match de ping-pong entre délégués chinois et américains.
Au lendemain du fiasco danois, la capacité des Nations unies à engager fermement la lutte contre le réchauffement a été mise en cause notamment par la France.
Son ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, a incriminé "ce système de l'ONU où (...) on décide tout à l'unanimité" et a indiqué que le président Nicolas Sarkozy prendrait "une initiative dans les 6 à 8 semaines", en partie avec l'Afrique.
Mardi, le président français a d'ailleurs reçu les ONG auxquelles il a annoncé "la création d'un groupe Copenhague  composé des 28 pays en faveur d'un objectif de réduction de 50% des émissions d'ici à 2050", a rapporté Arnaud Gossement, porte-parole de la fédération France Nature Environnement à l'issue de la réunion. "Une réunion des chefs d'Etat de ce groupe pourrait avoir lieu en mars-avril", a-t-il ajouté.
De son côté, le patron de l'ONU Ban Ki-moon entend préserver un multilatéralisme sérieusement ébréché: en appelant les dirigeants du monde "à s'engager directement dans la recherche d'un traité mondial légalement contraignant sur le réchauffement climatique en 2010", M. Ban a fait part de la création, au début de l'année prochaine, d'un comité de haut niveau sur le développement et le réchauffement climatique.
Le temps presse, alors que le nouveau traité doit être ratifié par tous les parlements afin d'entrer en vigueur au 1er janvier 2013. A cette date, les premiers engagements du protocole de Kyoto, seul instrument juridique international en vigueur pour lutter contre le réchauffement, auront expiré.
Il presse d'autant plus que les dernières études prévoient, sans réduction drastique des émissions de CO2 dans l'atmosphère, un réchauffement pouvant atteindre 6 degrés.

AFP
Mardi 29 Décembre 2009

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