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Apprendre à lire à l’école...




Apprendre à lire à l’école...
Apprendre à lire à l’école, légende ou réalité ? Ma position de  psychopédagogue m’amène à réfléchir sur les comportements de l’enseignement dans les classes primaires et les raisons de tant d’échecs.
 La situation n’est nullement une fatalité, mais tout simplement un manque de considération des générations futures. Que peuvent apprendre les élèves du secondaire sans savoir lire, arabe et français, et souvent, aussi sans savoir écrire ? Comment sont-ils arrivés jusque-là? Et que peuvent faire à l’université les nouveaux bacheliers lorsque les cours sont en langue française ? Où sont les belles théories de l’éducation, bafouées sans arrêt par de nombreux enseignants ?
Depuis le XIXème siècle, la pédagogie est divisée en deux courants :
-    La pédagogie positive
- La pédagogie négative
 Quelle différence ?
La pédagogie positive décrite par Rousseau avec sa méthode d’éducation de « Emile », qui consistait à accompagner l’élève dans la réalisation de ses besoins au fur et à mesure qu’ils se découvraient. L’éducation était donc naturellement synchronisée avec le développement physique et psychique. Cette pédagogie a pour intérêt l’acquisition de connaissances utiles facilement assimilables et réutilisables, puisque adaptables aux situations nouvelles, c’est alors le chemin de la maturité.
La pédagogie négative utilise davantage les concepts du dressage décrite par Pavlov, Skinner et Thundrik, qui consiste à apprendre une réponse unique à un comportement, c’est-à-dire un réflexe conditionné, non adaptable à une autre situation. Exemples issus de mes visites des classes  primaires d’écoles privées, très en vue au Maroc.
L’apprentissage de la lecture : Une partie, 50% des enfants, arrive à décoder, c’est-à-dire à sonoriser, transformer les graphèmes les « lettres » en phonèmes « les sons » , jusque-là aucun sens n’est donné à la lecture, car pour cela il faut faire correspondre les sons à des symboles connus, à des idées, c’est la sémantique. L’autre partie apprend les textes par cœur sans savoir reconnaître en écrit les mots prononcés, ceux-là ne décodent pas, mais font partie des élèves brillants des petites classes, les problèmes arrivent dès la 3ème année. Ces élèves ne progressent plus sans repasser à la case départ.
Trois éditeurs se partagent le succès commercial de ces méthodes, et combien d’écoles ?
Leçon de conjugaison : Comment faire comprendre aux élèves une quarantaine environ de 3ème année de primaire, une leçon de conjugaison ? Après une heure d’explication au tableau avec des exemples concrets, mais spécifiques. Exercices d’application, les enfants, ceux qui ont retenu, répondent par réflexe, il faut écrire cela ici, sans savoir l’intégrer dans un autre texte. Alors réflexe ou adaptation ? Que devient l’intelligence de ces enfants? Difficile de la définir, tellement elle a des composantes. Elle est  considérée comme la fonction mentale qui permet à un individu de comprendre et d’adapter à une situation des connaissances acquises en les associant à de nouvelles.
 L’intelligence générale, le facteur « G », décrit par Charles Spearman, est celle qui nous intéresse. Elle utilise les canaux de perception pour mémoriser les informations qu’elle reçoit, ces canaux comme, le visuel, l’auditif, le kinesthésique, etc. Elle manipule les connaissances acquises et stockées dans les mémoires par ces différents canaux. Lorsqu’un canal a une sensibilité nettement supérieure, on dit que la personne a une intelligence particularisante, comme les peintres ou les compositeurs de musique, ou les philosophes…., décrite par « Howard Gardner». Mais l’école n’en est pas là, puisqu’elle doit instruire les petits cerveaux encore vides, elle utilise le remplissage de réflexes et non de raisonnement. On l’appelle l’intelligence artificielle, celle qui stocke des données, sans les modes d’emploi. Les méthodes actuelles sont à l’opposé de toute logique d’apprentissage.
La logique fait partie des principes de l’enseignement, mais pas de la pratique. Les leçons doivent s’enchaîner et apporter à l’élève un bénéfice réutilisable à la leçon suivante, comme la ZDP «Zone de développent proximale » de I. Vygotsky, sans laquelle une leçon ne sert à rien si elle n’est pas intégrée. La pratique actuelle de l’enseignement primaire est plutôt stérile surtout pour les classes de maternelle, CP, CE2 et CE3.
L’intelligence naturelle des enfants est mise à rude épreuve, déstructurée par une acquisition de connaissances non assimilées, inutilisables dans la vie courante sauf cas précis. La conscience de nos petits est déstabilisée, ils ne se reconnaissent plus comme êtres humains en formation mais parfois comme intrus puisqu’ils ne comprennent pas le comportement de leurs maîtres à leur égard. Les circuits neurologiques de l’intelligence sont encombrés par des connaissances non assimilées, ce qui finit par causer d’énormes dégâts au niveau de la structure mentale : insomnie, hyperactivité, défaut de concentration, jusqu’à la psychose. Dans tous les cas, ces troubles sont souvent inexpliqués pour les parents, qui font confiance aux établissements scolaires, pour transformer leurs progénitures en génies ! Donc, pour les classes du 2ème cycle, n’employez que des méthodes positives et structurantes.

* Psychopédagogue, Agadir

Par Pierre DHAUD *
Mardi 9 Octobre 2012

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