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André Azoulay : Le partenariat Maroc-UE ne doit pas demeurer prisonnier des schémas classiques




Conférence du conseiller de S.M. le Roi à l’Académie du Royaume sur
«La reconstruction d'une zone entre l'Afrique,
la Méditerranée
et l'Europe»
 
La 43ème session de l’Académie du Royaume du Maroc tenue sous le thème «L’Afrique comme horizon de pensée» a clôturé ses travaux vendredi. Des chercheurs, des académiciens, des penseurs, des sociologues, des universitaires, des hommes de religion, des juristes, des écrivains et des diplomates représentant le Maroc, le Royaume-Uni, le Congo, l'Egypte, l'Afrique du Sud, le Portugal, le Sénégal, le Sultanat d'Oman, la France, la Tunisie, le Niger, l'Ouganda, le Bénin, le Kenya, l'Espagne, les USA, le Ruanda, le Ghana, le Soudan, les Iles Comores, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Nigeria se sont réunis pendant quatre jours pour discuter et débattre, en plusieurs panels, de nombreux sujets se rapportant, entre autres, à «L'Afrique face aux défis», «L'héritage historique», «Les contextes géostratégiques», «Penser autrement le développement», «Le Maroc et l'Afrique», «Les dynamiques spirituelles», «La réalité africaine : les enjeux sociaux», «Démocratie et justice transitionnelle» et «La diversité culturelle et confessionnelle».
La clôture de cette session a été marquée par une conférence d’André Azoulay, membre de l'Académie du Royaume du Maroc et conseiller de S.M. le Roi, sur «La reconstruction d'une zone entre l'Afrique, la Méditerranée et l'Europe »
D’après ce conférencier, l’avenir de l’Afrique, de la Méditerranée et de l’Europe passe par la mise en place d’un pôle régional nouveau à même de résoudre les problèmes de la migration irrégulière, de l’intégrisme et du terrorisme dans la région. Mieux, il estime que l’intérêt de l’Europe réside dans son ouverture sur l’Afrique.
André Azoulay pense que la création de cet axe permettra une redistribution des richesses et la création d’un espace de stabilité.  Elle va également  donner la possibilité de refonder, de découvrir et de récupérer cette raison qui nous fait défaut aujourd’hui. « Malgré la position géographique du contient noir, il y a une rupture entre ce dernier et l’Europe et il y a une vulnérabilité et des crises graves entre les deux parties», a-t-il précisé avant d’ajouter que cette rupture n’est pas inéluctable, qu’elle peut être dépassée et que les ponts entre les deux entités peuvent être reliés. «Les Africains sont partis de zéro il y a dix ans et, en 2014, les échanges commerciaux entre nos pays ont atteint 150 milliards de dollars », a-t-il indiqué en précisant que cela est de bon augure pour les  capacités de ces pays et les possibilités de les exploiter afin de dépasser leurs problèmes communs avec l’Europe.  
Selon lui, l’intégration régionale au sein des pôles a été multipliée par quatre durant les dix dernières années. On est aujourd’hui à plus de 300 pôles et accords régionaux avec des volumes et des agendas différents. «La globalisation s’impose à un rythme infernal et elle a amené le monde à se concentrer sur certaines priorités comme le respect réciproque malgré les différences raciales et religieuses des peuples », a-t-il lancé. Et de poursuivre : «Le Maroc peut jouer un rôle clé dans ce pôle régional vu sa position comme point de passage entre l’Europe et l’Afrique et vu qu’il dispose d’une histoire ancienne et d’une feuille de route tracée par son Roi préalablement à d’autres pays ».
Concernant le partenariat Maroc-UE, André Azoulay s’est demandé si cette relation demeurera prisonnière  des schémas classiques  en précisant que ce partenariat a besoin d’échanges réciproques afin de permettre d’édifier un avenir prometteur. «L’ensemble des soutiens, dons et investissements directs destinés aux pays africains dont le Royaume sont souvent utilisés pour combler les déficits des balances commerciales», a-t-il conclu.
Il est temps, pense-t-il, de modifier cette équation et de revoir ces relations de partenariat et d’échanges avec une nouvelle optique. «Le Maroc n’a pas attendu les crises que connaît la région pour émerger sur les devants de la scène et pour affirmer son leadership, sa crédibilité et sa capacité d’intermédiation via une  stratégie politique ouverte qui a été mondialement bien accueillie ».

Hassan Bentaleb
Mardi 15 Décembre 2015

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