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Amnesty International fustige Alger sur la liberté de culte

Le rapport d’AI précède le procès en appel de six Ahmadis devant la Cour de Batna




Répression en Algérie, une pratique fréquente. 					  Ph. Archives
Répression en Algérie, une pratique fréquente. Ph. Archives
Les rapports d’Amnesty International se succèdent et se ressemblent. Ils dénoncent  les conditions déplorables des droits humains. Le dernier en date porte sur la «campagne de répression» chargeant les membres du mouvement religieux minoritaire qu’est l’ahmadisme (ou Ahmadiyya). A.I appelle ainsi Alger à cesser ces violations et dépassements.
Connue et reconnue, l’organisation internationale des droits humains installée à Londres, appelle Alger à respecter le droit international dans lequel est inscrite la liberté de religion. Selon l’ONG, près de 2000 Ahmadis vivraient dans le pays. Ces adeptes de l’ahmadisme, un courant religieux né en Inde à la fin du 19e siècle, se considèrent comme musulmans mais restent la cible de discriminations dans plusieurs pays à majorité musulmane.
Selon un communiqué rendu public par l’ONG internationale, « au moins 280 femmes et hommes ahmadis ont fait l’objet d’enquêtes ou de poursuites l’année dernière, après une vague d’arrestations qui a suivi le rejet par les autorités d’une demande d’enregistrement d’une association ahmadie et de l’inauguration d’une mosquée en 2016 ».
Preuves à l’appui, l’organisation internationale cite une intervention musclée de la police contre de nombreux citoyens survenue le 2 juin 2016, soit le jour où la mosquée « récemment construite à Larbaa (province de Blida) » devait être inaugurée. « Plus d’un tiers des personnes concernées par les poursuites pénales ont déjà été déclarées coupables et condamnées à des peines d’emprisonnement  allant jusqu’à quatre ans ou à des amendes d’un montant allant jusqu’à 300.000 dinars algériens », lit-on dans ce communiqué qui explique que la plupart de ces personnes sont en état de liberté provisoire dans l’attente des résultats des procédures à leur encontre sachant que quatre sont actuellement en détention.
Le rapport d’Amnesty International précède, en effet, un procès en appel où sont poursuivis six Ahmadis qui devaient comparaître mercredi, devant la Cour de Batna, après avoir été « déclarés coupables, en première instance, de gestion d’une association non enregistrée, de collecte de dons sans autorisation et de diffusion de documents étrangers constituant un danger pour les intérêts de la Nation ».
Selon Amnesty, International, les mis en cause de ce mouvement avaient déjà été condamnés lors d’un premier jugement rendu le 27 mars dernier, à des peines allant de deux à quatre ans et à des amendes d’un montant de 300.000 dinars algériens.
Et ce n’est pas tout. L’ONG braque également ses projecteurs sur des « propos haineux ou discriminatoires » proférés par de hauts responsables algériens, tels que ceux de d’Ahmed Ouyahia et de Mohamed Aissa, ministre des Affaires religieuses et des Donations (wakfs) selon lesquels la présence des Ahmadis dans le pays était semblable à une « invasion sectaire préparée ».

Mustapha Elouizi
Jeudi 22 Juin 2017

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