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Ammane Moubarak expose à Agadir : Hommage aux artistes préhistoriques




Ammane Moubarak expose à Agadir : Hommage aux artistes préhistoriques
Lauréat de l’Ecole Supérieure  des Beaux  Arts de Casablanca, l’artiste peintre   Ammane Moubarak    expose ses œuvres récentes à  la salle Massa de l’hôtel Sofitel à Agadir, et  ce du 7  au 31 août  courant.
Passionné des matériaux plus   éloquents,  Moubarak    met en toile des espaces scéniques  structurés par  les tons telluriques et l’alchimie naturaliste. Il  a  su exploiter la mémoire de la terre avec certitude et adresse, en captant les traces des êtres et des choses via la magie visuelle de la technique mixte.  Les clairs obscurs,  les vides et les pleins,   l’ordre et le désordre, le visible et l’invisible, la transparence et l’opacité, la suggestion et l’effacement sont autant d’éléments plastiques qui donnent forme à ses états d’âme et à ses impressions abstraits.
 Carrefour labyrinthique, le langage plastique nous révèle une abondance des touches et des compositions  meublant le fond du tableau. C’est tout une œuvre ouverte  qui revisite la matière, ses  textures  et ses transformations pour mettre en relief   une palette brute  à l’huile sur toile.
 Dans ses œuvres récentes placées sous le signe « traces de vie »,  Moubarak nous fait découvrir un nouveau  code pictural inspiré des formes géométriques, en l’occurrence le carré et le rectangle, tout en   réinterprétant les gribouillages  et  les graffitis, ce qui nous fait penser à la peinture rupestre et pariétale.
Le contraste clair–obscur renforce la tridimensionnalité de l’œuvre  et  suggère la profondeur et le  relief: C’est la  profondeur des couleurs qui révèle l’impact de la mémoire visuelle sur le travail artistique et ses dimensions plurielles.
 Sur son acte pictural, Moubarak     nous a confié : « Je rends un hommage à  la mémoire des Hommes  préhistoriques qui   utilisèrent les couleurs pour des rites funéraires ou magiques, des attributs guerriers, des cérémonies festives. Les peintures préhistoriques qui  datent de 40.000 à 10.000 ans avant notre ère m’ont beaucoup inspiré par leurs techniques originales : des pigments pour fabriquer la peinture, des liants pour que la peinture tienne sur les parois, des outils pour déposer la peinture.
 Pour moi, l’art est la plus sublime mission de l’homme puisque c’est l’acte de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.  Dans mes œuvres matiéristes, on retrouve un retour passionnant  aux sources  dont le souci majeur est de mettre en avant  l’état pur et  brut  de «la vie naturelle»  dans ses ramifications et ses prémices. Les transformations possibles de la matière  m’intriguent et me poussent à repenser la dualité de l’esprit et la matière.
La terre, symbole d’identité et d’appartenance, est la mémoire qui signifie le plus le désir et la transcendance. C’est la trace de la communication, de la vie et de la passion. Elle est le canal par lequel les impressions s’extériorisent. Le tableau, pour moi, est un lieu variable qui ressemble au phénix. Il rend visible l’invisible  et regroupe ce qui d’apparence relève du tactile. C’est notre imaginaire en peinture qui sublime le réel, le transfigure, le recompose, et le recrée afin d’en déceler l’essence».
Poète de la matière,  Moubarak (vit et travaille à Agadir)   donne libre cours  à ses «illuminations créatrices» qui  incarnent son territoire imaginaire où la peinture à la détrempe remodèle la nature. Chaque tableau est un laboratoire de traces–récits. Traces de la genèse de l’œuvre embrassant la dimension intrinsèque de la peinture. En effet,  l’œuvre chez cet artiste chercheur est un espace de la prégnance du signe-trace, de sa naissance et sa renaissance à partir d’une liberté maîtrisée du geste.
Moubarak  nous convie  à un voyage passionnant  à l’autre bout du monde, et à une rencontre entre l’art contemporain et les cultures primitives qui  restent  proches d’un état archaïque de l’humanité... Rencontre née de la contemplation des dimensions affectives et intuitives s’opposant aux « arts aboutis » des sociétés occidentales. Il tente de puiser aux sources même de l’art primitif en réconciliant le beau et le sacré.

ABDELLAH CHEIKH
Jeudi 6 Août 2009

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