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Amine K : Le Collectif Moroko Loko a déjà commencé à exporter la scène marocaine


De l’initiation pour les débutants, au perfectionnement pour les amateurs, à la formation professionnelle ou continue pour mettre à jour et maîtriser toutes les facettes du métier, ce projet aura pour mission de former et promouvoir les futurs DJ marocains, en les dotant de moyens adéquats pour aborder la scène internationale et contribuer au rayonnement du Maroc à l’étranger à travers la musique électronique.



Nous souhaitons faire leur promotion à l’étranger avec l’appui et l’accompagnement de producteurs de musique internationaux.

Amine K : Le Collectif  Moroko Loko a déjà commencé  à exporter la scène marocaine
Libé: Avant d’entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous parler brièvement de la musique électronique et de son évolution?
Amine Akesbi : La musique électronique a vu le jour au cours des années 1950, avec l’utilisation de générateurs de signaux et de sons synthétiques. 
Avant de pouvoir être utilisée en temps réel, elle a été initialement enregistrée sur des bandes magnétiques, ce qui permettait aux compositeurs de manier aisément les sons, par exemple dans l'utilisation de boucles répétitives superposées. Ses précurseurs ont pu bénéficier de studios de musique spécialement équipés ou faisant partie d'institutions musicales existantes.
Les pionniers de la musique électronique qu’on appelle aujourd’hui DJ (Disc Jokeys) étaient les artistes Kraftwerk, Jean Michel Jarre, Tangerine Dreams, puis les artistes funk et pop des années 80 et 90. Des artistes comme Michael Jackson ou encore Jamiroquai ont fortement influencé la musique d'aujourd'hui. Qu’en est-il actuellement?
Aujourd’hui, l'univers de la musique électronique est en plein essor en Europe, en Asie mais aussi et surtout aux Etats-Unis. 
Depuis l'arrivée d’artistes comme David Guetta, Swedish House Mafia, Martin Solveig ou encore Eric Prydz, la montée en puissance de ce type de musique n'a fait que croître de manière impressionnante.
Depuis plus de 5 ans, la musique électronique est même devenue un vrai phénomène de mode. Les évènements deviennent de plus en plus grands et l'apparition de gigantesques festivals dédiés à la musique électronique ont vu le jour un peu partout dans le monde.
Et pour ne citer qu’un exemple, le producteur marocain «RedOne» s’est fait connaître et a rencontré un véritable succès dans le monde avec des morceaux de musique électronique en collaborant avec des artistes célèbres comme Akon, Cheb Khaled, Enrique Iglesias, Lady Gaga, Jennifer Lopez, entre autres…
Actuellement, 90% de la musique électronique est disponible sur Internet, ce qui permet à la terre entière d’avoir accès à tous les artistes en quelques clics. La musique électronique est la musique du futur, elle transcende les frontières, fédère les peuples et touche tous les publics, toutes générations et milieux sociaux confondus.
Avec vos amis du Collectif Moroko Loko, vous avez initié un projet ambitieux qui s’appelle Moroccan electronic Music movement. De quoi s’agit-il en fait?
Permettez-moi tout d’abord, avant de parler du projet MEMM, de dire quelques mots sur le Collectif Moroko Loko. 
Après la réussite de nombreux événements sans précédent au Maroc tels que La «Techno Parade», le Festival «State of Mind» qui a rassemblé plus de 5000 personnes, ainsi que d’autres évènements au Maroc et en Europe, je me suis produit dans des festivals et clubs dans le monde entier (Maroc, Canada, Thaïlande, Japon, France, Indonésie, Australie, etc). Cette expérience a renforcé ma conviction qu’une  nouvelle ère musicale était née. 
Le Collectif Moroko Loko a vu donc le jour de la volonté de faire découvrir au Maroc ainsi qu’au reste du monde cette nouvelle ère. Et dans le but de faire avancer les codes établis du monde de la musique, «Moroko Loko» propose une nouvelle idée, un nouveau point de vue sur ce que doit être la musique électronique et les gens qui doivent l’orchestrer.
Le but étant de hisser les DJ marocains à un rang international et de créer un Collectif soudé et respecté de la scène marocaine.
Le Collectif «Moroko Loko» regroupe les meilleurs DJ marocains à travers le monde, chacun avec son expérience, ses sonorités et sa vision, mais tous unis pour faire rayonner le Royaume du Maroc aux quatre coins du monde.
De Paris à Montréal en passant par Tunis et Tokyo, «Moroko Loko» véhicule un sentiment de vitalité et de liberté réunissant des artistes de renommée internationale ainsi que les meilleurs DJ marocains.
Forts de notre actuelle notoriété et de l’expérience de nos artistes résidents, nous voulons former et forger les futures stars marocaines.
Le Collectif Moroko Loko ainsi que ses artistes ont déjà commencé à exporter la scène marocaine. Entre autres, nous avons été invités deux années de suite à la «Techno Parade» à Paris : une première fois en 2011 en tant qu’invités officiels et une seconde fois en 2012 en tant qu’invités d’honneur.
Lors de l’édition 2012, nous avons eu l’honneur d’accueillir sur notre scène la ministre de la Culture française Mme Aurélie Filipetti, le créateur de la Techno Parade et ex-ministre de la Culture Jack Lang ainsi que l’artiste de légende Jean-Michel Jarre. De ce fait, les artistes marocains ont pu se produire devant plus de 300.000 personnes en hissant très haut le drapeau du Maroc dans les rues de Paris.
Il faut également savoir que chacun des artistes du Collectif a, à son actif, un grand nombre de concerts au Maroc et à l’étranger. En revanche, cet impact à l’échelle internationale est limité par des contraintes diverses et multiples comme le manque de production musicale, de matériel de production musicale et technique, l’absence de formation des jeunes artistes marocains, le manque de mise en valeur et d’exposition au niveau national et international, entre autres.
Le projet «Moroccan electronic Music movement» (MEMM) vise à remédier à ces différents problèmes et ouvrir de nouvelles perspectives et à promouvoir les artistes de la scène de musique électronique naissante et leur fournir les moyens d’affronter la scène musicale électronique internationale, pour faire rayonner l’image d’un Maroc moderne, innovant, dynamique, au carrefour des cultures et respectueux de ses traditions, qui prend en considération les aspirations de toute une jeunesse tournée vers l’avenir, et qui s’inscrit dans une démarche aux retombées concrètes permettant à terme à ces talentueux artistes de représenter leur pays dans des cadres prestigieux à travers le monde qui constituent une vitrine exceptionnelle pour l’image de notre pays.
De même que nous voulons révéler les vocations des Marocains de l’étranger et renforcer leur contribution au développement des capacités de leur pays d’origine.
Pour ce faire, nous allons développer des stratégies modernes de communication, d’interaction et de coopération afin de créer des relations profondes avec les artistes et leur pays d’accueil, aux niveaux culturel, économique et humain.
 

Chacun des artistes du Collectif a, à son actif, un grand nombre de concerts au Maroc et à l’étranger

Amine K : Le Collectif  Moroko Loko a déjà commencé  à exporter la scène marocaine
Et concrètement, comment comptez-vous y arriver ?
D’abord par la mise en place d’une pépinière d'artistes marocains dont le fruit de la création sera susceptible d'être exporté, et pour y arriver, un environnement propice à la création va être mis à leur disposition ainsi que l’expertise de références internationales dans le domaine afin de leur donner les moyens d’affronter la scène musicale électronique internationale.
Où en êtes-vous dans ce projet ?
Dans un premier temps, nous avons élaboré et mis en œuvre un partenariat avec l’un des studios de production de musique électronique le plus important au monde : Riverside Studio à Berlin. Nous ferons aussi appel à des producteurs indépendants, ce qui nous permettra d’avoir une plus grande palette de sonorités et d’expériences, mais aussi de pouvoir avoir plusieurs points de vue concernant l’insertion de la musique marocaine dans nos morceaux.
Le projet comporte trois phases :
La première phase correspond à la réalisation du projet avec nos artistes résidents.
Nous souhaitons faire leur promotion à l’étranger avec l’appui et l’accompagnement de producteurs de musique internationaux. Il s’agira de créer nos propres morceaux de musique, en essayant d’y ajouter une identité marocaine.
Cette phase correspond à la matérialisation de notre vision correspondant à un échange entre les artistes marocains et étrangers, et la promotion de nos artistes à l’international, notamment lors de la Techno Parade de Paris en septembre 2015.
La deuxième phase devrait permettre aux artistes marocains d’exercer leur art de manière durable et dans les meilleures conditions possibles.
Nous souhaitons donc mettre à leur disposition un espace et du matériel adéquat, cadre dans lequel ils pourront réaliser leurs créations musicales. En d’autres termes, il s’agira de s’adosser aux studios de production.
La troisième phase s’attache à la pérennisation de notre vision.
Grâce à l’expérience acquise, aux relations nouées, aux locaux et matériels rendus disponibles par le projet, nous voulons aboutir à la création d’une Ecole de production de musique électronique et de DJ qui constituera le cadre attitré pour la formation des futurs DJ marocains.
Cet espace d’éducation et de formation servira aussi de pépinière, favorisant la découverte et l’épanouissement de jeunes talents dans le domaine, assurant par là même la consécration de notre vision et la pérennité du projet. Nous voulons offrir une éducation approfondie à nos futurs élèves afin de les aider à maîtriser toutes les difficultés que comporte le métier de DJ, de la production musicale à la gestion de leur image et de leurs contrats.
Des soutiens dans cette aventure ?
Oui. Je tiens d’ailleurs ici à remercier les médias aussi bien nationaux qu’étrangers qui nous ont accompagnés tout au long de notre aventure, ils sont nombreux et  je n’en citerais aucun de peur d’en oublier.
Nous avons surtout obtenu le soutien du ministère marocain de la Culture qui a accepté de parrainer le projet «Moroccan Electronic Music Movement» dans le cadre des subventions du ministère pour la promotion des artistes marocains à l’étranger.
Je tiens ici à témoigner toute ma gratitude aux responsables du ministère qui, en  portant un projet innovant et qui s’inscrit dans une démarche aux retombées concrètes, contribuent à terme à permettre à ces talentueux Dj de représenter leur pays dans des cadres prestigieux à travers le monde, cadres qui constituent une vitrine exceptionnelle pour l’image de notre pays, un pays moderne, ouvert sur l’avenir, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi.
N’est-ce pas difficile de faire d’une passion un métier?
Vous savez, comme a dit Henri Beyle alias Stendhal: «La vocation, c’est d’avoir pour métier sa passion». Cette citation s’applique parfaitement au métier de DJ.
Tout DJ rêve en effet secrètement de réussir et de devenir célèbre grâce à sa passion. Mais c’est avant tout l’amour de la musique et du partage qui pousse les DJ à vouloir faire de leur passion un métier. J’espère que nous réussirons à les accompagner pour y parvenir.

Libé
Lundi 4 Mai 2015

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