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Amina Ali, rescapée de Chibok, "la petite chérie du quartier"




A Mbalala, dans le nord-est du Nigeria, où elle a grandi, on se souvient d'Amina Ali, la première des 219 lycéennes de Chibok kidnappées par Boko Haram à avoir été retrouvée, comme d'une jeune fille serviable, souriante, discrète.
"Elle a complètement changé. Elle est devenue très mince et mal à l'aise", a décrit à la BBC Blamadu Lawan, le directeur adjoint du lycée public pour filles de Chibok, d'où les jeunes filles avaient été enlevées.
M. Lawan, qui a identifié l'ex-otage à son arrivée dans sa ville natale de Mbalala, près de Chibok, peu après sa découverte mardi, se souvient d'"une fille humble et calme".
"Elle était la petite chérie du quartier", raconte une voisine de ses parents à l'AFP. "Elle avait toujours le sourire aux lèvres, et elle ne se disputait presque jamais avec les enfants du voisinage. C'est pour ça qu'elle a encore plein d'amis parmi les enfants du coin".
Amina, qui avait 17 ans cette fameuse nuit où elle s'est fait enlever par Boko Haram, le 14 avril 2014, est la plus jeune d'une fratrie de 13 enfants, dont 11 sont morts entre quatre et cinq ans.
Avant le rapt, elle vivait très modestement dans une case en torchis, sous un toit de tôle, avec l'unique frère qui lui restait, Maina, et ses parents musulmans, Ali et Binta, dans le village de Mbalala, majoritairement chrétien.
"A chaque fois que moi ou un autre adulte du quartier discutions avec elle, elle répétait qu'elle voulait réussir dans la vie, pour améliorer les conditions de vie de sa famille", se souvient sa voisine. "Sa famille est pauvre, comme la plupart d'entre nous dans ce village, et on voyait bien que les finances de sa famille la préoccupaient, même quand elle était enfant".
"J'aurais aimé que son père soit encore en vie pour partager notre joie" de la voir revenir, regrette la voisine.
Le père d'Amina n'a pas survécu au kidnapping de sa fille. "Il est mort d'hypertension", selon Yakubu Nkeki, qui représente les familles des lycéennes enlevées de Chibok.
Sa mère, Binta, une femme d'une soixantaine d'années aux traits marqués, a déclaré jeudi avoir été "dévastée" par la disparition de l'unique fille qui lui restait.
Mme Ali, qui ne parle pas l'anglais et s'est exprimée via une interprète depuis Aso Rock, la résidence du président nigérian Muhammadu Buhari, à Abuja, a avoué qu'elle ne pensait plus jamais revoir sa fille.
Sur la liste des 219 noms établie par les militants de la campagne #BringBackOurGirls, Amina était le numéro 127.
Les photos publiées par l'armée mercredi et jeudi montrent une jeune femme très mince, aux traits tirés. L'armée l'a d'abord identifiée comme Falmata Mbalala.
"C'est par précaution" qu'elle a d'abord donné ce nom, d'après James Bako, un responsable associatif à Chibok, cité dans le quotidien nigérian Daily Trust.
"Elle voulait être sûre d'être en sécurité, d'avoir quitté la forêt de Sambisa, avant de révéler sa véritable identité", a-t-il expliqué.
Quand elle a été trouvée par des miliciens et par l'armée nigériane, Amina portait dans ses bras un bébé de quatre mois, sa fille, Safiya. Elle était aussi accompagnée par un homme qu'elle a décrit comme son mari.
Selon l'armée nigériane, cet homme, identifié comme étant Mohammed Hayatu, est un "terroriste présumé de Boko Haram".
Mais il se pourrait que M. Hayatu soit lui aussi un ancien otage du groupe islamiste. Selon plusieurs médias, le mari d'Amina vient de Mubi, dans l'Etat voisin d'Adamawa, une ville qui a été assiégée par Boko Haram en 2014.
Depuis 2009, Boko Haram est tenu responsable de l'enlèvement d'au moins 2.000 personnes, dans une insurrection qui a fait quelque 20.000 morts. Certaines des otages ont été mariées de force et transformées en esclaves sexuelles. De jeunes hommes ont aussi été conscrits de force.

Libé
Lundi 23 Mai 2016

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