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Amazighité : Benkirane a encore du chemin à faire




Abdelilah Benkirane a du pain sur la planche, suite aux recommandations du Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Le chef du gouvernement ne voulait jamais l’entendre de son opposition nationale, voilà qu’il pourrait le lire dans les rapports internationaux.
Quant au ministre marocain de l’Emploi et des Affaires sociales, Abdessalem Seddiki, il ferait bien de prendre note de ces recommandations. Son allocution donnée, récemment à Genève, lors de la 56ème session de ce Comité, n’a fait qu’entacher l’image d’un pays qui se veut « en voie de démocratisation ».
Ainsi, et au lieu d’adopter une langue de bois, Seddiki aurait simplement dû parler un langage vrai. Lui qui avait estimé que l’amazighité est « un faux débat », ce qu’il a déclaré vertement devant les experts du Comité, se voit fustiger d’un rapport critique, notamment sur les manquements accusés par le gouvernement à ce niveau. « Le Comité (qui) prend note que la langue amazighe a été reconnue constitutionnellement comme langue officielle, regrette que le projet de loi organique pour la mise en œuvre de cette reconnaissance n’ait pas été adopté à ce jour et du fait que la langue amazighe n'est pas enseignée à tous les niveaux de l’éducation». La messe est dite. Le gouvernement a failli à ses prérogatives et à ses engagements en reportant la loi organique aux calendes grecques.
Le Réseau amazigh pour la citoyenneté (Azetta) qui republie à son compte les recommandations du Comité en matière d’amazighité, souligne, de son côté, l’urgence d’une approbation par le gouvernement marocain du projet de loi organique sur la langue amazighe, comme l’une des langues officielles de l’État.
La recommandation du Comité appelle le Maroc à « redoubler ses efforts pour offrir l'enseignement primaire, secondaire et universitaire en amazigh, augmenter la présence de cette langue à la télévision et régler définitivement la question des prénoms amazighs». Tout un programme qui fait appel à une volonté politique claire de la part du gouvernement Benkirane.
L’intellectuel Ahmed Assid ne mâche pas ses mots à ce sujet : « Si la loi organique n’est pas encore adoptée, c’est parce que le PJD n’est pas chaud à une telle mesure ». Un euphémisme qui en dit long sur la position des islamistes marocains au sujet de la question de la diversité linguistique et culturelle du Maroc.
C’est pourquoi le Comité, et sur la base des rapports parallèles élaborés par la société civile marocaine, Azetta en tête, « recommande aussi (au gouvernement) de prendre des mesures additionnelles pour protéger la diversité culturelle et leur permettre de préserver, promouvoir, exprimer et diffuser leur identité, leur histoire, leur culture, leur langue, leurs traditions et leurs coutumes ».
 

Mustapha Elouizi
Mercredi 14 Octobre 2015

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