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Alors que Madagascar s’enfonce inexorablement dans la crise politique

Les diplomates débarquent dans la Grande Ile




Après la visite d’un émissaire de l’ONU et de l’Union africaine, le ministre français de la Coopération devait visiter hier dans l’île, secouée depuis près de quatre semaines par une crise politique meurtrière.
La diplomatie tente d’éviter le pire à Madagascar. Alors que depuis près de quatre semaines la Grande Ile s’enfonce inexorablement dans une crise politique qui oppose le jeune maire élu d’Antananarivo Andry Rajoelina au président Marc Ravalomanana, les délégations se succèdent. Samedi, avec la mort de 28 partisans de l’édile tués par les forces de l’ordre, la –crise a franchi un cap. Le jour même, l’ONU dépêchait sur place Haile Menkerios, un proche du secrétaire général Ban Ki-moon, pour tenter une médiation. Hier, Amara Essy, un ancien ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire devait arriver pour représenter l’Union africaine. L’objectif étant de dégager un compromis au plus vite pour éviter un autre bain de sang, mais surtout un désastre économique.
L’histoire n’a pas de quoi rendre optimiste. Madagascar est coutumière de ces duels entre pouvoir et opposition par la rue interposée, comme en 1991 et en 2002. Chaque fois, la lutte avait duré près de six mois, plongeant le pays dans une profonde récession alors que deux habitants sur trois vivent sous le seuil de pauvreté. Tout le long du week-end, Haile Menkerios a rencontré les protagonistes. Selon l’ONU, les deux hommes se sont dits prêts au dialogue. Mais sans arrêter pour autant leur fuite en avant. Ainsi, mardi, Andry Rajoelina, qui a déjà prononcé le 31 janvier la «destitution» de son adversaire, a nommé quatre ministres d’un gouvernement provisoire et appelé à une opération ville morte. Il a en revanche abandonné l’idée de les installer dans leurs ministères respectifs. De son côté, Marc Ravalomanana, qui a désigné un remplaçant provisoire à la mairie, a limogé le chef d’état-major de l’armée. «La seule issue passe par une réduction des pouvoirs du président. Les choses ne peuvent rester en l’état après les événements de samedi», souligne un analyste politique, Jean Rakotoarisoa.
La tâche s’avère complexe. Marc Ravalomanana est, selon l’un de ses anciens proches, «peu enclin aux concessions». «Il aime le rapport de force». Or, les diplomates, coincés entre leur désir de respecter la légalité constitutionnelle d’un chef d’état élu et celui de faire entendre la voix du peuple las des dérives autoritaires du pouvoir, n’ont que peu de marge de manœuvres.
En parallèle, les groupes de pressions malgaches, à commencer par la très puissante FFKM, la fédération œcuménique des Églises chrétiennes, s’activent. Les mi–litaires se réunissent également discrètement. La France, pour sa part, marche sur des œufs. Dans la Grande Ile, l’ancienne puissance coloniale a beaucoup perdu de sa superbe même si elle reste le premier partenaire commercial de Madagascar et le premier bailleur de fonds multilatéral à travers l’Union européenne.
Les relations entre Paris et le président sont houleuses depuis le premier jour. Lors de la crise de 2002, l’ex-métropole avait soutenu jusqu’au bout le président sortant et battu, Didier Ratsiraka. La visite de Jacques Chirac à Antanarivo en juillet 2005 n’avait scellé qu’une réconciliation de façade. Et, l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée n’a pas vraiment changé la donne. La présence de près de 20 000 citoyens français pousse cependant à la prudence. «C’est une bonne chose, car Paris, soupçonné de manipuler les choses dans le sens de ses intérêts, suscite la défiance du peuple», précise Jean Rakotoarisoa.
Dans ce contexte, l’arrivée hier du ministre de la Coopération Alain Joyandet a pris un tour très discret. Il devrait rencontrer ce jeudi Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina.

AFP, Reuters, AP
Jeudi 12 Février 2009

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