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Ali Bongo rejette la responsabilité des émeutes sur l'opposition

La capitale quadrillée par les forces de l'ordre et les centres névralgiques du pouvoir sécurisés par un imposant dispositif




Pris à partie par la communauté internationale et l'opposition, le président gabonais Ali Bongo affichait sa fermeté, rejetant la responsabilité des violences qui ont fait trois morts après l'annonce de sa réélection sur des "groupuscules formés à la destruction", le gouvernement annonçant un millier d'interpellations.
"La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement et de la télévision nationale", a déclaré Ali Bongo Ondimba lors d'une brève allocution au palais présidentiel.
"Les élections ont rendu leur verdict. Qui a perdu ? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon", a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui était parvenu à rallier d'autres candidats importants de l'opposition.
L'annonce de sa réélection mercredi en fin de journée par la commission électorale a déclenché une nuit d'émeutes meurtrières et de pillages à Libreville et dans d'autres villes du pays.
Le centre de la capitale était quadrillé jeudi par les forces de l'ordre, notamment aux abords de l'Assemblée nationale, incendiée mercredi, et du QG de M. Ping, pris d'assaut dans la nuit. Les grands axes étaient dévastés, bordés de bâtiments incendiés et jonchés de restes de barricades.
Les centres névralgiques du pouvoir étaient sécurisés par un imposant dispositif. Les communications Internet ne fonctionnaient pas depuis mercredi soir.
"Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays", a annoncé le ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya. Il a également déploré "la mort de trois personnes".
"Pour l'instant, nous faisons uniquement du maintien de l'ordre. Lorsque le moment sera venu, nous prendrons des mesures pour rétablir l'ordre sans équivoque", n'a pas hésité à prévenir le ministre de l'Intérieur.
Mercredi en fin d'après-midi, la commission électorale avait annoncé la réélection du président sortant pour un deuxième septennat avec 49,80% des suffrages, devant M. Ping (48,23%), 73 ans.
Cet écart marginal représente une différence de 5.594 voix, sur un total de 627.805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d'à peine 1,8 million d'habitants.
Ali Bongo, 57 ans, devrait sa réélection à son score écrasant dans son fief familial, le Haut-Ogooué, où il aurait obtenu 95,46% pour plus de 99% de participation. Selon le camp de M. Ping, celui-ci avait une avance de plus de 60.000 voix avant les résultats officiels et contestés du Haut-Ogooué.
Le régime d'Ali Bongo se trouvait jeudi sous la pression de la communauté internationale qui appelle à un arrêt des violences et à un nouveau comptage des votes du scrutin de samedi.
Comme l'opposition, l'Union européenne, la France et les Etats-Unis ont demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon (environ 2.500).
Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni à huis clos, à la demande de la France jeudi après-midi, a exprimé "sa profonde préoccupation" et a souligné l'"importance d'un processus (électoral) transparent et impartial".
A la présidence, le porte-parole d'Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-Bye-Nze, ne semblait pas apprécier ces conseils : "Nous faisons les élections en fonction de la loi gabonaise (qui prévoit la publication des résultats par région). Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise, ce ne sont pas elles qui vont la changer".

Samedi 3 Septembre 2016

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