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Ali Bongo donné vainqueur : L'opposition crie à la fraude

Au moins deux morts à Libreville, bouclée par les forces de l'ordre




Ali Bongo donné vainqueur :  L'opposition crie à la fraude
Des heurts ont éclaté mercredi à Libreville, où des manifestants ont mis le feu à l'Assemblée nationale après l'annonce de la réélection du président gabonais Ali Bongo.
Au moins deux personnes ont été tuées, selon l'opposition, et plusieurs blessées jeudi à Libreville dans l'assaut des forces de sécurité contre le QG de l'opposant Jean Ping, dont l'annonce de la défaite à la présidentielle a plongé la capitale gabonaise dans des violences.
En début de matinée, le centre de Libreville était désert et totalement bouclé par la police et des blindés de la gendarmerie. Des scènes de pillages, sans violences, étaient rapportées dans des quartiers périphériques et les communications téléphoniques et internet ont été coupées.
Le chef de l'Etat, Ali Bongo a été réélu avec 49,80% des voix et Jean Ping, son principal adversaire, en a recueilli 48,23%, selon les résultats définitifs du scrutin de samedi, annoncés dans la journée par le ministre de l'Intérieur, Pacome Moubelet Boubeya.
Cet écart marginal représente une différence de 5.594 voix, sur un total de 627.805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d'à peine 1,8 million d'habitants.
Les représentants de l'opposition au sein de la commission électorale ont contesté ce résultat et l'un d'eux, Paul Marie Gondjout, représentant de Jean Ping, a parlé d'une élection "volée".
Mardi, l'ancien ministre des Affaires étrangères s'était dit assuré d'être élu et revendiquait près de 60% des suffrages après dépouillement des bulletins de huit des neuf provinces du pays.
La commission devait initialement proclamer les résultats officiels mardi soir mais sa réunion à huis clos s'est prolongée jusqu'à mercredi après-midi.
Peu après l'annonce de la victoire de Bongo, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une centaine de manifestants rassemblés dans un quartier de Libreville. D'autres ont pénétré dans l'enceinte du Parlement en fin d'après-midi, selon des témoins.
L'opposition a réclamé un nouveau décompte dans la province natale du chef de l'Etat sortant, le Haut-Ogooué, où le taux de participation a atteint 99,98%, contre 59,46% dans l'ensemble du pays, avait-il ajouté.
De son côté, l'Union européenne a demandé à la commission électorale de rendre publics "les résultats détaillés" de chaque bureau de vote et appelé tous les protagonistes à la retenue.
Pour la France, "les conditions de l'annonce des résultats de l'élection présidentielle au Gabon sont une source de préoccupation". Aux Etats-Unis, le département d'Etat se dit lui aussi "profondément préoccupé".  Comme l'opposition, l'Union européenne, la France et les Etats-Unis ont demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon (environ 2.500).
Le parti de Jean Ping avait déclaré mardi que son candidat était en tête du scrutin avec 59% des voix contre 38% à Ali Bongo alors qu'il ne manquait plus que les résultats d'une province sur neuf, celle du Haut-Ogooué. Cette annonce avait aussitôt été qualifiée de "tentative de déstabilisation" par le pouvoir.
Face aux appels répétés de Jean Ping à Ali Bongo pour qu'il reconnaisse sa défaite, le camp du président s'était dit ces derniers jours confiant quant à l'issue du scrutin.
Le gouvernement avait parallèlement rappelé à de multiples reprises que diffuser d'autres décomptes que celui de la commission électorale était "illégal".
Les autorités de Libreville ont aussi dénoncé une "ingérence étrangère", après que, en France, le Parti socialiste et deux avocats eurent déclaré Jean Ping, ancien président de l'Assemblée générale des Nations unies et de la commission de l'Union africaine (UA), vainqueur du scrutin.
Ali Bongo a été élu en 2009 après la mort de son père, Omar Bongo, lequel avait dirigé le pays pendant 42 ans.
Le système électoral gabonais veut que celui qui remporte le plus de voix à la présidentielle est élu. En 2009, Ali Bongo l'a été avec 41,73% des suffrages.
Mardi en fin d'après-midi, la commission électorale avait annoncé la réélection du président sortant pour un deuxième septennat avec 49,80% des suffrages devant son rival Jean Ping (48,23%), 73 ans, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo, le père d'Ali.
Fait unique dans l'histoire politique du pays, le secrétaire général du Parti démocratique du Gabon (PDG), au pouvoir depuis des décennies, avait aussi pris ses distances avec le président sortant.
Le numéro deux du parti, Faustin Boukoubi, a encouragé mardi la commission "à prendre toutes les dispositions idoines afin de publier des résultats fondamentalement crédibles".

Vendredi 2 Septembre 2016

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