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Alger s’enlise dans le bourbier libyen




Alger s’enlise dans le bourbier libyen
Trois mercenaires algériens ont été tués par des libyens insurgés. Une quinzaine d’autres ont été arrêtés à Ajdabia,  théâtre ces trois derniers jours de batailles ardentes entre, d’une part les soldats du régime, soutenus par des  mercenaires de tous bords, et d’autre part,  les troupes armées de l’opposition. Plusieurs passeports algériens ont été trouvés dans un immeuble déserté par les forces du régime, et l’accent des stipendiés arrêtés, venus prêter main forte à la famille Kadhafi, dévoile leur origine et leur nationalité.
L’information relayée par les porte-parole des dissidents du régime libyen, confirme l’implication d’Al Mouradia et de la soldatesque algérienne dans ce bourbier libyen. Il y a plus d’un mois, un leader de l’opposition libyenne avait accusé nommément Alger de soutenir militairement le régime de Mouâmmar Kadhafi. Il y a quelques jours seulement, Mustapha Abdeljalil, président du Conseil national transitoire libyen, en a fait part aux médiateurs de l’Union africaine. En plus de cela, les informations provenant des camps de Tindouf indiquent également que beaucoup de jeunes affiliés au Polisario ont été enrôlés pour prendre part à la répression du peuple libyen. Alger n’est pas loin de ce programme d’enrôlement.  
La question qui s’impose est la suivante: pourquoi Abdelaziz Bouteflika soutient-il le régime libyen dans cette crise violente ? Et la réponse n’est pas aussi difficile que cela puisse paraître. L’on a manifestement peur des vents de changement venus de l’Est comme de l’Ouest. Dans une région nord-africaine en ébullition, l’Algérie officielle vit dans le passé. Pas de changement. Pas même de volonté à l’entamer. Alors que les peuples tunisien et égyptien ont réussi leurs révolutions, et que les Marocains vivent aussi au rythme d’une phase de transition qui sera sanctionnée, dans quelques mois par une nouvelle Constitution, Alger se protège plutôt mal contre les vents de changement, en allant tuer des compatriotes maghrébins épris de liberté et en réprimant ses citoyens. Al Mouradia entend donc perdurer le statu quo en se basant sur la vision obsolète d’une nomenklatura dépassée par les événements et en puisant dans une idée caduque de ce que devrait être la géopolitique. Les multiples tentatives de protestation populaires en Algérie ont été farouchement réprimées, la dernière en date est la manifestation des étudiants qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre un despotisme flagrant. Jusqu’à quand Alger pourra-t-elle reporter l’arrivée des vagues de changement ? La matraque viendra-t-elle à bout des aspirations populaires ? 

M.E
Jeudi 14 Avril 2011

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