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Alep, symbole de l'impuissance de la communauté internationale

Plus de 140 civils tués par les bombardements en une semaine, selon l'OSDH




La communauté internationale assiste impuissante et vraisemblablement résignée à la vaste offensive lancée contre les quartiers rebelles d'Alep, qui pourrait offrir une victoire éclatante au régime syrien et à ses alliés, notamment la Russie.
De nombreux experts le pensent, une semaine après le lancement de la nouvelle campagne des forces du régime.
"A ce stade, on ne peut pas faire grand-chose pour éviter la chute d'Alep", estime Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies. "On ne peut plus envoyer des armes, toutes les routes d'approvisionnement ont été coupées et personne ne mènera une (contre-offensive) aérienne en raison des coûts et des risques".
Les forces du régime ont avancé ces derniers jours dans la ville avec l'ambition de couper les liens entre les différents quartiers contrôlés par les groupes rebelles, qui ont tenté en vain à deux reprises de briser le siège.
Des responsables du Pentagone restent cependant prudents, en reconnaissant avoir pensé il y a deux mois que ces quartiers tomberaient rapidement. La "résilience" des rebelles et de la population a surpris. Et, pour eux, le fait que le régime se concentre sur la destruction des hôpitaux et des infrastructures civiles est un signe de la faiblesse de ses troupes au sol face aux rebelles.
M. Hokayem prévient en outre qu'une chute d'Alep-Est ne signifierait pas nécessairement "sa pacification".
"Rarement dans l'histoire de ces 50 dernières années, à l'exception peut-être du Rwanda, aura-t-on vu ce qu'on appelle la +communauté internationale+ assister en spectatrice impuissante à une crise humanitaire d'une telle ampleur", affirme Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). "La résignation l'a emporté, et Alep signe l'acte de décès de tout espoir de gouvernance collective", selon lui.
Les pays occidentaux semblent à bout de solutions car, depuis cinq ans, tous les pourparlers entre Américains et Russes, parrains respectifs de l'opposition et du régime, et tous les plans échafaudés par l'ONU ont échoué.
"Il y a eu un temps où on pouvait faire quelque chose pour Alep", juge M. Hokayem. "Maintenant, c'est trop tard (...) les acteurs clés continuent de reporter les décisions difficiles jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'options qui vaillent".
D'après lui, les pays occidentaux soutenant l'opposition ont sous-estimé la campagne militaire lancée par la Russie le 30 septembre 2015 pour venir en aide au régime de Bachar al-Assad, alors en difficulté. Et avec les Etats-Unis en pleine transition politique, "ni les Britanniques ni les Français ne peuvent faire grand-chose", selon l'expert.
Pour les responsables militaires américains, une chute des quartiers rebelles d'Alep serait un quasi non-évènement et n'aurait aucune conséquence opérationnelle pour eux. Ils répètent qu'ils sont uniquement préoccupés de combattre le groupe Etat islamique (EI), la seule mission que l'administration Obama leur a donnée.
Par ailleurs, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté mardi qu’au moins 141 civils, dont 18 enfants, ont été tués en une semaine de bombardements contre la moitié orientale d'Alep, tenue par les insurgés.
L'OSDH parle en outre de centaines de blessés dans les frappes aériennes et les pilonnages effectués par les Russes et l'armée syrienne contre la partie est, assiégée, dont les hôpitaux sont dévastés.
Les bombardements ont repris le 15 novembre après une pause dans les frappes aériennes et les pilonnages visant Alep-Est.
L'OSDH parle en outre de 87 rebelles tués en une semaine de reprise des affrontements.
Seize civils, dont dix enfants, ont été tués et des dizaines d'autres blessés dans les pilonnages menés par les insurgés contre la partie ouest d'Alep, contrôlée par l'armée syrienne.

Mercredi 23 Novembre 2016

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