Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Al Jeyda Lebig : Les camps de Tindouf n’abritent pas uniquement des Sahraouis mais aussi des Touaregs




Al Jeyda Lebig : Les camps de Tindouf n’abritent pas uniquement des Sahraouis mais aussi des Touaregs
La prorogation du mandat de la Minurso sans 
modification a été un 
soulagement pour tout le monde. Cette résolution onusienne qui recommande aux parties de se rapprocher pour trouver une solution, 
a félicité le Maroc pour le progrès accompli en matière de droits de l’Homme et a insisté sur le recensement par l’Algérie des 
populations séquestrées dans les camps de Tindouf. Les habitants des provinces du Sud comme tous les 
Marocains ont exprimé leur satisfaction à ce propos. Libé a rencontré Al Jeyda Lebig, membre associatif, élue municipale, présidente du Forum maghrébin des femmes leaders pour la paix et directrice de l’Académie régionale de l’éducation et de  la formation à Oued 
Eddahab Lagouira. 
Entretien.
 
Libé : La prorogation sans modification du mandat de la Minurso est un échec cuisant pour la diplomatie algérienne et un coup dur pour Abdelaziz et ses lieutenants. Qu’en pensez-vous ?
 
Al Jeyda Lebig : La diplomatie marocaine, conformément  aux orientations éclairées de Sa Majesté le Roi, a su déjouer les manœuvres  des ennemis de notre intégrité territoriale. Il est incontestable, et tous les observateurs sont unanimes à le souliguer, y compris au niveau du Conseil de sécurité, que le Maroc a connu, ces dernières années, une grande évolution, pour ne pas dire révolution et un grand progrès en matière de droits de l’Homme. Quand on parle de droits de l’Homme, cela englobe tous les droits : culturels, économiques, sociaux, etc. Nous savons, par ailleurs, que certains membres influents des structures de l’ONU n’ont pas pu s’empêcher de prendre position pour impacter négativement les positions du Conseil de sécurité. Lequel conseil a recommandé un recensement des populations des camps. Nous savons que les autorités d’Alger se sont toujours opposées à une telle opération malgré les nombreuses demandes des agences spécialisées de l’ONU. Le pouvoir  algérien a peur que sa combine ne soit démasquée, car les camps de Tindouf  n’abritent pas uniquement des Sahraouis  originaires du Sud marocain, mais ils y ont placé des Touaregs algériens, maliens et mauritaniens et d’autres bédouins des pays voisins.
Dans une récente déclaration, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hillale, a relevé cela en rappelant  que les camps de Tindouf sont les « seuls camps de réfugiés au monde où aucun recensement de population n’a jamais été effectué ».
 
Les sorties médiatiques des jeunes révoltés des camps, la multiplication des arrestations dans les rangs des militants de la liberté et le renforcement de la répression perpétrée par les milices du Polisario, ne démontrent-ils pas que les populations ont pris conscience que les dirigeants du Polisario exploitent leurs souffrances pour s’enrichir davantage?
 
Un flash d’information diffusée par RFI a révélé que des jeunes ont mis le feu à plusieurs tentes prévues pour accueillir des invités à un prétendu festival du cinéma. Ces jeunes auraient dénoncé l’organisation de tels évènements pour justifier les détournements de fonds provenant de la vente des aides alimentaires internationales dont on prive les populations. Les jeunes dénoncent, également, le comportement de certains dignitaires, notamment la ministre de la Culture, épouse d’Abdelaziz qui a fait la bise à Bardem, l’acteur espagnol et inconditionnel du Polisario. Cette bise faite publiquement a suscité la colère des Sahraouis qui ont dit que ce genre de comportement qui est contraire aux préceptes de l’Islam porte, également, atteinte aux mœurs sahraouies. Cette réaction des jeunes Sahraouis, bien qu’elle soit réprimée par les milices du Polisario qui auraient procédé à l’interpellation de plus de 150 jeunes, ne pouvait être imaginée, il y a deux ou trois ans. Cela veut dire que les habitants des camps commencent à voir les choses en face et refusent de continuer à être soumis aux volontés de la classe dirigeante qu’ils accusent ouvertement d’être inféodée à l’Alger et de ne pas chercher les intérêts des Sahraouis. 
 
On vous prête l’intention de créer un centre régional pour la culture hassanie. Comment cette idée vous est-elle venue à l’esprit ?
 
 Comme vous pouvez le constater, cette idée n’est pas récente. C’est plutôt l’expression d’un nombre de réflexions qui remontent à une époque lointaine. C’est un sentiment spirituel existentiel que j’ai depuis ma tendre enfance. Un sentiment qui vit en moi et circule dans mon sang. Sentiment auquel j’ai consacré le temps et les moyens, lorsque j’étais à Laâyoune, puis à Smara où j’étais déléguée provinciale du ministère de l’Education. Je me suis attachée, encore davantage, à cette culture, à l’époque où je travaillais  à Tan Tan où a lieu le Moussem qualifié par l’Unesco de patrimoine universel. Venue à Smara comme directrice de l’académie régionale, mes prérogatives se sont élargies et la nouvelle Constitution qui préconise la nécessité de préserver la culture marocaine dans ses différentes composantes dont le hassani, sans oublier les conventions nationales de l’éducation et de la formation qui nous chargent en tant que région de consacrer 30% des programmes scolaires aux spécificités culturelles et 15% aux locales. A ceci s’ajoute mon intérêt personnel que j’accorde à cette culture.
Plus important que cela, de mon point de vue, la région d’Oued Eddahab occupe une place importante, du fait des relations séculaires qui la lient à la voisine du Sud, la Mauritanie avec laquelle elle a énormément de points communs et de ressemblances, d’une part. D’autre part, cette région est le berceau où ont vécu de nombreux érudits et savants et recèle un grand nombre de manuscrits et d’ouvrages de référence dans divers domaines qui sont le fruit des savants, penseurs et littéraires de renommée nationale et internationale. Toutes ces données font que nous sommes, plus que tout autre, responsables de la diffusion et la préservation de cette culture. Tous ces éléments réunis m’ont encouragée à  créer un centre éducatif régional de la culture hassanie. 

Propos recueillis par Ahmadou El-Katab
Mercredi 7 Mai 2014

Lu 1940 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs