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Al Assad poursuit sa répression : Indignation après le double veto à l’Onu sur la Syrie




Al Assad poursuit sa répression : Indignation après le double veto à l’Onu sur la Syrie
Après avoir bloqué au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution sur la Syrie, la Russie, qui envoie mardi à Damas son ministre des Affaires étrangères et son directeur des services d’espionnage, pourrait tenter d’entreprendre un «démantèlement contrôlé» du régime de Bachar al Assad.
Le déplacement de Sergueï Lavrov et Mikhaïl Fradkov a été annoncé quelques heures à peine avant que la Russie, alliée à la Chine, n’oppose son veto à un projet de résolution qui soutenait l’initiative de la Ligue arabe appelant le président syrien à s’écarter du pouvoir.
Ce double veto a suscité une vague d’indignations en Occident et dans le monde arabe, où ces deux membres permanents du Conseil de sécurité sont accusés d’avoir protégé le régime d’Assad alors que la répression du mouvement de contestation se poursuit en Syrie. Sergueï Lavrov n’a rien dit de l’objectif de cette visite à Damas. Mais dans un communiqué publié dimanche, le ministère des Affaires étrangères indique que les deux émissaires de haut rang tenteront au moins de convaincre le président syrien d’accepter des compromis.
La Russie, poursuit le communiqué, «entend fermement chercher une stabilisation la plus rapide de la situation en Syrie sur la base de l’application la plus rapide des réformes démocratiques dont le moment est venu».
Mais la tâche qui attend Lavrov et le chef des services russes du renseignement étranger est immense: comment utiliser les liens établis de longue date avec le régime syrien pour obtenir assez de résultat et éviter de perdre son plus solide relais d’influence au Moyen-Orient ?
La Russie et la Syrie sont liées en effet par de juteux contrats d’armement estimés à plusieurs milliards de dollars qui alimentent le complexe militaro-industriel russe; la Syrie abrite en outre sur sa côte méditerranéenne la seule base navale russe hors des frontières de l’ex-Union soviétique.
Pour de nombreux analystes, le veto russe s’explique moins par un soutien indéfectible à Assad ou à l’espoir de voir la Syrie revenir à la situation d’avant mars 2011 qu’à la volonté de Vladimir Poutine, qui entend être réélu à la présidence en mars, de démontrer qu’il est prêt à s’opposer aux initiatives occidentales visant à produire des changements politiques dans des Etats souverains et à défendre les intérêts géo-stratégiques de son pays.
«L’objectif extrême de la Russie est double: sauver ce qui peut être sauvé d’un naufrage du régime Assad et contenir l’influence occidentale sur son allié le plus important du monde arabe», estime Shashank Joshi, chercheur au Royal United Services Institute, un cercle de réflexion militaire britannique.
Dans la situation présente, où Assad est soumis aux pressions conjuguées des capitales occidentales, de ses pairs arabes et de la contestation, la meilleure carte de la Russie pour préserver son influence pourrait être de rechercher «un démantèlement contrôlé, une transition contrôlée vers un nouveau régime dépouillé d’Assad mais édifié autour des loyalistes de la dynastie Assad», ajoute-t-il.
En bloquant à deux reprises l’adoption de résolutions condamnant la répression, en octobre puis samedi dernier, en refusant de recevoir des groupes de l’opposition syrienne, la Russie a peut-être dilapidé déjà ses dernières chances d’être acceptée par les adversaires syriens d’Assad.
«Si elle avait soutenu la résolution, elle aurait pu préserver sa base et même certains contrats», note l’analyste militaire Alexander Golts.
La Russie aurait donc misé sur le mauvais cheval, d’autant que la paralysie de l’Onu dans la crise syrienne risque d’accélérer la radicalisation du conflit et d’amplifier les violences.
«La pire conséquence de ce veto, c’est qu’il exacerbe la guerre civile, qu’il l’intensifie. Nous ne parlons plus d’une hypothétique guerre civile. Nous sommes à présent en pleine guerre civile», écrit Nabil Boumonsef, éditorialiste du quotidien libanais An Nahar. 

REUTERS
Mardi 7 Février 2012

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