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Ahmed Ouayach “Notre huile gagnerait à ne pas être commercialisée sous des noms de marques étrangères”




Ahmed Ouayach “Notre huile gagnerait à ne pas être commercialisée sous des noms de marques étrangères”
Ahmed Ouayach,
président
de la Confédération
marocaine
de l’agriculture
et du développement rural (Comader) qui
a bien voulu se prêter
au jeu des
questions-réponses
en marge de la troisième édition du Forum de
l’investissement
oléicole organisé
par le Crédit agricole
 du Maroc.


Libé : Quelles sont les causses du ralentissement de l’investissement oléicole, dont vous avez parlé ?

Ahmed Ouayach : Je n’ai pas parlé de ralentissement d’investissement, j’ai dit si jamais on ne règle pas le problème de la commercialisation, l’investissement risque d’être retardé. D’ailleurs, l’investissement a commencé un peu à s’essouffler, d’une manière minime compte tenu du fait qu’on n’arrive pas encore à assurer une commercialisation et donc parvenir  à une meilleure valorisation de la production. Autrement dit, à quoi bon investir et  produire beaucoup si au bout de la chaîne, c’est-à-dire au niveau de la commercialisation, on perd tout l’effort qu’on a déployé.
En clair, cela veut dire que nos circuits de commercialisation ne sont pas très bien organisés. En d’autres termes, cela signifie également qu’il n’y a pas assez de coopératives d’étouffe de la commercialisation, pas de grands groupements d’intérêt économiques au groupements tout court pour assurer la pénétration des marchés importants tels que celui des Etats-Unis d’Amérique et même celui de l’Europe. Et également être compétitif face aux mastodontes de l’oléiculture  comme les Espagnols et les Italiens et même les Tunisiens. Donc s’il n’y a pas de groupements rien ne changera, parce que jouer l’individuel n’est pas tout à fait gagnant pour cette filière. Afin de surmonter cette contrainte, il faut travailler sur l’organisation professionnelle du secteur et de toute la chaîne des valeurs, se regrouper dans le cadre de coopératives également.  C’est aussi le rôle de l’Etat.

Etant donné que le facteur clé de succès dans ce secteur ne peut être que la qualité. Est-ce que les huiles marocaines obéissent à titre d’exemple aux critères AOC (Appellations d’origines contrôlées)?

La production est bonne mais au moment où l’on arrive au stade de la commercialisation, c’est là où les choses se brouillent c’est-à-dire qu’on n’a pas de label connu à l’échelle mondiale, en dehors de quelques labels qui commencent quand même à s’imposer sur les marchés local et international. Ils sont connus, car ils sont produits par de grands groupes. On doit avoir beaucoup de labels.
D’ailleurs, en ce qui concerne le label Maroc, notre huile est malheureusement parfois commercialisée sous des enseignes appartenant à d’autres pays concurrents. A vrai dire, des opérateurs du Nord de la Méditerranée, notamment espagnols et italiens, viennent au Maroc, achètent du vrac (huile) puis le mettent dans leurs emballages.
Ce qui fait que notre huile est commercialisée d’une manière qui n’est pas «affichée», pour ne pas dire clandestine.
Donc là, il s’agit d’un véritable problème. Cela risque de durer tant qu’on n’a pas mis en place une procédure de label et une politique de commercialisation sur les marchés local et international. Ce n’est pas gagné d’avance.
Je pense qu’actuellement l’Etat est en train de jouer son rôle en vue de solutionner cette problématique. Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime s’attelle  à ce problème parce qu’on s’est rendu  compte que ça va être un blocage alors qu’on est juste au début du Plan Maroc Vert dans son pilier «olivier».

Vous ne travaillez pas avec Maroc Export là-dessus ? Et quelle est la position actuelle du Maroc sur le marché international ?

Il faut plus de coordination pour ne pas dire autre chose. D’ailleurs, ce n’est pas compliqué. Il y a l’établissement de contrôle à l’exportation mais aussi à la commercialisation. Donc, il faut une meilleure coordination pour tenir tête face aux menaces du marché international, qu’il ne faut pas affronter en rangs dispersés.
Pour ce qui est de la position du Maroc sur le marché international, tout ce que je puis dire, c’est que le Maroc a perdu quelques places mais il faut se maintenir.
Ce qui est dangereux, à mon avis, ce ne sont pas les contraintes d’aujourd’hui, mais plutôt celles de l’avenir. Du fait qu’auparavant, ce marché concernait uniquement le bassin méditerranéen.
Mais de nos jours, de nouveaux concurrents sont arrivés sur le marché, notamment, la Chine, les pays latino-américains, l’Afrique du Sud, entre autres. Ce n’est plus « l’olivier qui présente la civilisation grecque », ou la cuisine méditerranéenne. C’est fini tout ça, tout le monde s’ouvre sur l’olivier. La concurrence va être très rude, il va y avoir la qualité et les stratégies marketing qui vont jouer.

Propos recueillis par Mohammed Taleb
Lundi 15 Avril 2013

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