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Ahmed Atertour : Il est de notre devoir de faire entendre la voix des victimes


Pour le porte-parole de la Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik, justice doit être faite



Ahmed Atertour : Il est de notre devoir de faire entendre la voix des victimes
Plus de deux années sont passées depuis les événements qui ont eu lieu dans la banlieue de Laâyoune, dans la matinée de ce 8 novembre 2010. Les forces publiques sont intervenues pour démanteler le camp de Gdim Izik. Ce camp a été installé pour exprimer des revendications sociales, avant de se transformer en une vitrine pour faire passer des discours et des positions du Polisario. Ceci a eu lieu quand des éléments séparatistes ont pu s’introduire dans le camp et s’accaparer les revendications des manifestants. Pendant l’opération de démantèlement, les agents de l’autorité publique (qui n’étaient pas armés) ont été surpris par la présence d’éléments munis d’armes blanches de toutes les formes.
De ce fait, les éléments armés ont perpétré    une véritable boucherie qui a abouti à l’assassinat de 11 agents  de l’autorité publique (gendarmerie Royale, Forces auxiliaires, police, ainsi qu’un élément de la Protection civile), en plus de 70 blessés.
Cette boucherie a donné lieu à une série d’arrestations, suivie de la relaxe de la plupart des personnes arrêtées.
24 personnes (parmi elles une personne poursuivie en état de liberté provisoire et une autre en fuite) ont été poursuivies devant le tribunal militaire, puisque les victimes étaient toutes membres de la force publique, chargée de la sécurité.
Pendant toute la période qui sépare les événements et le moment de la tenue de la première séance du procès, les accusés ont été mis sous les feux de la rampe, en particulier de la part des médias favorables à la thèse séparatiste.
C’était la même chose de la part d’organisations, institutions et personnalités connues pour leur position anti-marocaine.
Durant toute cette période, la voix des victimes a été sciemment occultée, jusqu’à la semaine dernière, quand est née la Coordination des familles et amis des victimes des événements de Gdim Izik, et le choix d’Ahmed Atertour (l’oncle du défunt Abdelmajid Atertour) comme porte-parole de la Coordination qui nous a accordé cet entretien :

Libé : Pourquoi avoir fondé cette Coordination des familles et des amis des victimes des événements de Gdim izik, à ce moment pécis ?

Ahmed Atertour : La vérité est que nous avons trop tardé à nous organiser en tant que familles des victimes. La première raison est le fait des distances qui nous séparent (Marrakech-Taza-Sgharna-Rabat-Laâyoune…). Ensuite, nous avons ressenti la nécessité de faire entendre notre voix à ce moment particulier. Nous avons aussi constaté que l’autre partie occupait tout l’intérêt des médias et de l’opinion publique  nationale et internationale, au point que les observateurs avaient fini par se demander qui sont les victimes.

Est-ce ceux qui se sont sacrifiés en accomplissant leur devoir, et qui ont été victimes de meurtres de sang-froid et avec barbarie ? Ou est-ce que les victimes sont celles qui se trouvent dans le box des accusés ?

C’est pour cela qu’on a fondé la Coordination, pour faire entendre la voix des vraies victimes de cette tragédie.

Quels sont les messages que la Coordination veut adresser à ceux qui sont concernés par ce dossier ?

 Nos messages sont clairs et nous les avons exprimés dans notre premier communiqué. Nous les avons réaffirmés lors de notre première conférence de presse que nous avons organisée le vendredi 1ier février 2013 à Rabat. Nous refusons cette attente mortelle et cet ajournement de ce dossier.
Nous avons aussi affirmé que nous voulons que justice soit rendue et que les accusés bénéficient d’un procès équitable. 
Nous sommes opposés à toute tentative d’influer sur le cours de la justice et à toute politisation de ce dossier qui tendrait à le détourner de son caractère criminel. Nous considérons que les souffrances des familles des victimes continuent tant qu’elles n’auront pas découvert la vérité sur l’assassinat de leurs enfants et parents, et que ceux qui sont compromis dans cet acte criminel n’auront pas été punis.

Avez-vous eu soutien et solidarité de la part des parties gouvernementales ou autres ?

Nous n’avons reçu aucun soutien du gouvernement, à l’exception d’un soutien moral, médiatique et de droits humains. Nous sommes une coordination qui est au tout début de son action. Notre objectif actuel est d’assurer le suivi des étapes du procès et de faire entendre notre voix. Toutes les forces vives de notre pays qui croient en la légitimité de nos revendications sont invitées à nous apporter de manière claire et concrète leur soutien, en tant que victimes qui revendiquent leurs droits. Nous devons, à ce propos, exprimer  notre reconnaissance et notre fierté, à toutes les associations, organisations et médias qui ont soutenu notre initiative. Nous espérons que ce soutien se renforcera  au cours des prochaines étapes. Nous ne devons pas oublier les efforts consentis de la part de l’Institution des œuvres sociales des Forces Armées Royales en faveur des familles des victimes. Cette institution est considérée comme le principal soutien au niveau des  services sociaux.

L’action de la Coordination se limitera-t-elle au suivi des étapes du procès des accusés ? Ou est-ce que vous continuerez votre action ?

Pour le moment, tous nos efforts sont concentrés sur le fait de faire entendre la voix des familles des victimes pour que justice soit faite. Après cette étape, je pense que la Coordination décidera de la forme et du contenu des étapes suivantes, en  menant une action commune avec les associations et organisations qui nous ont soutenus. Il est certain que les familles des victimes vivent dans des conditions sociales difficiles, car certaines ont perdu avec la mort de leurs fils, père ou frère, la principale ressource et le seul soutien financier de la famille. Mais toutes ces questions sont pour nous ajournées jusqu’à  la fin du procès.

Propos recueillis par A.H
Mercredi 6 Février 2013

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