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Aguaï Dahi : Nous refusons l’instrumentalisation de nos souffrances à des fins politiques




Aguaï Dahi : Nous refusons l’instrumentalisation de nos souffrances à des fins politiques
Dans le cadre des dénonciations
et du rejet de l’initiative
américaine, Libé a rencontré Aguaï Dahi, membre fondateur du Polisario qui, après avoir subi des tortures dans les geôles de ce mouvement sécessionniste,
a regagné la mère patrie où il a fondé une association humanitaire dont l’objectif est de dénoncer les violations des droits de l’Homme perpétrées par la direction du Polisario sur les populations
sahraouies. Déjà, en 2008 et dans le cadre des activités de son
association, il avait déposé des dossiers prouvant les violations des droits de l’Homme par le Polisario au ministère américain des Affaires étrangères et au siège de l’organisation HRW. Il avait également remis copie de ces
dossiers à toutes les missions
onusiennes enquêtant sur les droits de l’Homme dans les
provinces sahrariennes. Entretien.


Libé : En tant que fondateur d’une association humanitaire très active dans les provinces sahariennes, quelle réaction vous inspire l’initiative américaine d’élargissement des prérogatives de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme dans les provinces du Sud ?

Aguaï Dahi : En 2008, j’avais été reçu au ministère américain des Affaires étrangères où j’avais remis deux dossiers sur les violations des droits de l’Homme perpétrées par le Polisario, preuves et photos à l’appui.
Les différents envoyés de l’ONU à Laâyoune ont reçu des copies de ces dossiers. Kerry Kennedy, lors de sa visite, s’est entretenue essentiellement avec les associations proches des séparatistes. Mais elle m’avait  accordé une audience de quelques  minutes pour me permettre de lui exposer le dossier des violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf. Tel a été également le cas du rapporteur onusien chargé de la torture qui avait refusé de recevoir les rescapés des camps du Polisario et n’avait écouté que les thèses des séparatistes. Ni lui ni Mme Kennedy n’ont mentionné ces dossiers dans leurs rapports respectifs. Ceci étant, nous étions convaincus que Mme Kennedy, pion algérien, ne citerait que ce que le Polisario et l’Algérie allaient lui dicter. Lors de son passage par les camps de Tindouf, elle n’a vu que ce que le Polisario a bien voulu lui montrer.
D’ailleurs, le fait qu’elle soit arrivée dernièrement à Madrid pour mobiliser les amis du Polisario afin de faire pression sur le gouvernement espagnol en vue de soutenir l’initiative d’élargissement des prérogatives de la Minurso est la preuve de son embrigadement par l’Algérie pour contrer les thèses marocaines.

Quelles sont, à votre avis, les raisons du revirement américain?

Le nouveau secrétaire d’Etat dont les prises de position sont contradictoires  n’a jamais caché son soutien au Polisario, alors qu’il n’était que parlementaire. Poussé par Kerry Kennedy qui travaille en faveur d’Alger, il a pris cette décision. Lui qui avait été favorable à la guerre au Mali pour, soi-disant, sanctionner ceux qui violent les droits de l’Homme, ferme les yeux sur les flagrantes violations perpétrées par le Polisario.

Quelle évaluation faites-vous de la situation des droits de l’Homme au Maroc, en général ?

Nul ne peut contester que les droits de l’Homme ont connu un sursaut sur le plan national et les initiatives et réparations entreprises par l’Instance équité et réconciliation ont été d’un grand apport dans ce domaine. Les séparatistes du Sud ont également perçu des centaines de millions de dirhams qu’ils utilisent pour consolider le séparatisme dans les provinces sahariennes. La situation des droits de l’Homme au Maroc est telle que nous n’avons besoin de personne pour la surveiller. La presse est libre et n’hésite pas à dénoncer les dépassements qui pourraient survenir.

Pensez-vous que l’Algérie permettra à la MINURSO d’exercer une surveillance  des droits de l’Homme dans les camps du Polisario, en territoire algérien ?

Je suis sûr que l’Algérie et le Polisario sont prêts à tout pour acculer le Maroc et le montrer comme étant le seul à s’opposer aux résolutions onusiennes. Ils sont donc capables d’admettre que la Minurso exerce une surveillance sur les droits de l’Homme mais à condition que les membres de cette mission soient des inconditionnels des thèses du Polisario qui ne leur montrera que ce qu’il veut leur montrer et de les terroriser en cas de besoin comme ce fut le cas avec la mission Kennedy qui avait été menacée de kidnapping si elle prétendait se rendre là où elle voulait sans être escortée par la milice polisarienne.

Propos recueillis par Ahmadou El Katab
Lundi 22 Avril 2013

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