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Affrontements meurtriers entre l’armée et des islamistes aux Philippines




18 soldats tués dont 5 combattants du groupe islamiste Abou Sayyaf

Dix-huit soldats philippins ont été tués lors d'une offensive contre le groupe islamiste Abou Sayyaf, dont cinq combattants ont également péri, dans les plus graves violences depuis le début de l'année dans le sud de l'archipel.
 Ces affrontements samedi sur l'île de Basilan sont intervenus quelques heures après l'expiration d'un ultimatum fixé pour la libération de trois otages étrangers par l'organisation armée, qui menace de les décapiter.
 Au moins quatre des militaires philippins tués ont d'ailleurs été décapités dans les combats auxquels ont pris part une centaine de militants d'Abu Sayyaf, a déclaré dimanche le porte-parole militaire de la région, le commandant Filemon Tan.
 Les combats ont duré près de dix heures, a indiqué de son côté le chef de l'armée philippine, le général Hernando Iriberri, sur la base de Zamboanga, à une quarantaine de kilomètres des affrontements.
 "C'est toute l'armée qui pleure", a-t-il dit aux journalistes.
 Il a affirmé que figurait parmi les militants tués un Marocain, qu'il a identifié comme un certain Mohamed Khattab, "prédicateur du jihad islamique" et formateur spécialisé dans la préparation d'explosifs.
 "Il cherchait à unifier tous les mouvements de ravisseurs au sein d'une même organisation terroriste internationale", a-t-il accusé sans plus de précision.
 Il a indiqué que des combats étaient toujours en cours.
 Un autre responsable militaire a précisé qu'un détachement de l'armée était en route pour aller attaquer le groupe islamiste quand il est tombé samedi dans une embuscade.
 "L'ennemi tenait les hauteurs et nos soldats étaient des cibles n'importe où où ils tentaient de se replier", a raconté à la radio DZRH le colonel Benedict Manquiquis, porte-parole de l'unité impliquée dans l'attaque.
 Le commandant Tan a indiqué que 53 militaires et probablement une vingtaine de combattants d'Abu Sayyaf avaient été blessés.
Ces violences ont éclaté au lendemain de la libération d'un ancien prêtre italien, retenu en otage par des islamistes présumés depuis l'automne.
Abu Sayyaf s'est fait connaître au début des années 2000 en enlevant contre rançon des dizaines de touristes étrangers. Il détiendrait aujourd'hui une vingtaine d'otages.
 Abu Sayyaf, fondé dans les années 1990 avec le soutien financier d'Oussama ben Laden, est accusé d'avoir organisé les pires attentats perpétrés dans l'archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004.
 En 2014, Abu Sayyaf, qualifié de "terroriste" par les Etats-Unis, a prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI), qui contrôle de vastes territoires en Irak et en Syrie.
 L'organisation retient notamment deux touristes canadiens et un Norvégien enlevés en septembre dans la marina d'un complexe hôtelier luxueux de l'île de Samal, située non loin de Davao, la grande ville de Mindanao (sud), deuxième plus grande île de l'archipel.
 Dans une vidéo postée en mars, elle avait fixé un délai d'un mois pour le versement d'une rançon pour la libération des trois. Dans une autre, elle exigeait pour chacun un milliard de pesos (19 millions d'euros).
Cet ultimatum a expiré vendredi. Aucune nouvelle des trois hommes n'a depuis été transmise.
 Les Canadiens John Ridsdel et Robert Hall ainsi que la compagne philippine de ce dernier, Marites Flor, avaient été enlevés à bord d'un yacht le 21 septembre. Le gérant norvégien du complexe hôtelier, Kjartan Sekkingstad, avait également été enlevé.
 Le gouvernement philippin a dit à plusieurs reprises qu'il ne versait pas de rançons aux preneurs d'otages. Il arrive néanmoins fréquemment que les proches des otages cèdent aux exigences des ravisseurs.

Libé
Lundi 11 Avril 2016

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