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Accusée d’uniformiser les goûts et d’occulter les dimensions culturelle et pédagogique : La production télévisuelle publique en question




Accusée d’uniformiser les goûts et d’occulter les dimensions culturelle et pédagogique : La production télévisuelle publique en question
Des critiques et professionnels ont été unanimes à pointer du doigt la production télévisuelle publique, en particulier la grille de programmation du mois du Ramadan, l'accusant d'uniformiser les goûts et d'occulter les dimensions culturelle et pédagogique.
Les participants à une conférence organisée jeudi à Rabat par l'Organisation pour les libertés d'information et d'expression (Hatem) sur "la production de feuilletons et les médias publics" ont relevé que la production de téléfeuilletons marocaine a réalisé un bond quantitatif considérable durant les dernières années, mais n'a pas réussi à élaborer un produit qualitativement supérieur qui pourrait constituer le miroir de la société marocaine et allier le plaisir à l'utilité pédagogique. Pour la journaliste Fatéma Ifriqui, modératrice de ce colloque, le plus grand défi qui guette la production de téléfeuilletons au niveau national est de suivre la rapide transformation du goût général de la société, ce qui implique d'agir par anticipation et d'un point de vue scientifique cerner les transformations de la société marocaine.
Le critique cinématographique Adil Semmar a, pour sa part, indiqué que la production de téléfeuilletons représente le miroir de la civilisation et des valeurs de la société et souligné la nécessité d'élaborer une politique intégrée qui s'inspire de la loi sur l'information et qui vise le développement des productions artistiques au Maroc.
 Il a estimé que la formation dans les métiers audiovisuels, particulièrement dans les domaines de l'écriture des scénarios et des différents métiers de production, reste le maillon faible du secteur devenu, selon lui, la destination préférée des chercheurs du gain rapide et facile.
Le président du Syndicat marocain des professionnels du théâtre, Masoud Bouhsine, estime, quant à lui, que la production de téléfeuilletons marocaine repose sur des performances individuelles et sur une répartition inégalée des points de forces et ne correspond pas à un système de création artistique intégré.
Il a conclu que l'artiste représente le véritable maillon faible du cycle de production, en l'absence d'un cadre légal qui lui fournit la protection à l'égard des compagnies de production, ce qui demande de poursuivre les efforts pour l'élaboration d'un cadre juridique pour l'artiste.
Le colloque du Hatem sur la production de téléfeuilletons fait partie d'une série de rencontres de l'organisation sur "Les problématiques des médias" tendant à initier un débat sur les problématiques essentielles des médias et des libertés d'expression au Maroc et attirer l'attention sur le système d'encadrement du travail médiatique, le droit d'accès à l'information, le questionnement des médias publics et leur rôle en tant que levier pour la démocratie.

MAP
Mercredi 22 Août 2012

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