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Accord entre Athènes et la zone euro après des négociations marathon

La Grèce sous étroite tutelle contre un troisième plan d’aide




Après dix-sept heures de négociations ardues, les dirigeants de la zone euro ont conclu lundi matin un accord "unanime" pour négocier un troisième plan d'aide à la Grèce et éviter in extremis une sortie du pays de l'union monétaire.
"Le sommet de la zone euro a trouvé un accord à l'unanimité. Nous sommes tous prêts pour un programme d'aide pour la Grèce via le Mécanisme européen de stabilité (MES), avec des réformes sérieuses et un soutien financier", a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk.
L'euro a réagi à cette annonce en remontant à 1,1194 dollar un peu avant 07H00 GMT.
Toute la nuit, les chefs d'Etat et de gouvernement des 19 pays de la zone euro avaient poursuivi leurs laborieuses tractations pour tenter de boucler un compromis permettant de maintenir la Grèce dans l'euro, à l'approche d'une réunion cruciale de la Banque centrale européenne.
A l'aube, un compromis s'était dessiné, soumis aux 19 dirigeants, sur la liste des exigences réclamées à Athènes pour renouer le dialogue en vue d'un renflouement du pays. En fin de nuit, le sort de la Grèce se jouait à quatre, entre la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, Donald Tusk et Alexis Tsipras.
La Grèce ne voulait pas que le FMI participe au financement d'un nouveau plan d'aide, pourtant exigé par l'Allemagne, et rejetait l'idée de créer hors du pays un fonds regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d'euros pour garantir les privatisations promises.
D'autant qu'une fois conclu un accord, le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras aura fort à faire pour amadouer son opinion publique, à laquelle il avait promis de rompre avec l'austérité et les diktats des bailleurs de fonds.
Or, les réformes à présent réclamées par les créanciers de la Grèce, hautement impopulaires, sont encore plus sévères que celles qui ont été rejetées massivement par 61% des électeurs lors du référendum du 5 juillet.
Pour se garder une marge de manœuvre, Alexis Tsipras a dû se rapprocher de l'opposition, au prix de dissensions internes à son parti Syriza, ce qui laisse craindre une nouvelle crise politique.
"Avec un pistolet sur la tempe, toi aussi tu serais d'accord", a lâché, pour justifier les concessions, une source gouvernementale grecque. Les heures sont de fait comptées pour la Grèce, dont les caisses sont vides et l'économie exsangue. Le pays, soumis à un contrôle des capitaux et dont les banques sont fermées depuis le 29 juin, vit suspendu aux aides d'urgence de la BCE.
Sur le front européen, le chef du gouvernement grec a dû tout mettre en œuvre pour rebâtir la confiance qui s'est brisée au fil de ces six mois de négociations houleuses.
Les discussions sur le sort de la Grèce ont aussi mis à rude épreuve le reste de la zone euro, en particulier le couple franco-allemand. Les dirigeants ont négocié d'arrache-pied sur un document ébauché par leurs ministres des Finances, qui place la Grèce sous étroite tutelle en échange d'un éventuel plan d'aide financière, le troisième depuis 2010.

Mardi 14 Juillet 2015

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