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Abdel-Ilah Benkirane décortique la situation économique devant les députés : “Une déclaration gouvernementale bis et pas de plan de sortie de crise !”




Abdel-Ilah Benkirane décortique la situation économique devant les députés : “Une déclaration gouvernementale bis et pas de plan de sortie de crise !”
«Un catalogue d’annonce qui a de forts accents de déclaration gouvernementale bis». Au sortir de la troisième séance mensuelle de questions au chef du gouvernement devant la première Chambre, ce député usfpéiste ne cache pas sa désillusion. Interpellé ce lundi 13 août sur la situation économique et financière du pays –loin d’être rassurante aux dires même du gouvernement- Abdel-Ilah Benkirane était attendu sur le front des mesures urgentes et de l’annonce d’un plan de sortie de crise. «A situation inquiétante, traitement urgent. C’est à cela que nous nous attendions. De plus, nous étions convaincus que M. Benkirane allait mettre à profit cette opportunité pour tracer les contours de la future loi de Finances, sachant que la lettre de cadrage du Budget 2013 qui devait être prête en juin ne l’est pas encore. Le chef du gouvernement a annoncé des choix économiques dont les effets ne seront visibles qu’à moyen et long termes».
Alors que tous les clignotants, ou presque, de l’économie marocaine sont au rouge, le mot crise est soigneusement banni du lexique de l’Exécutif. Le gouvernement consent à parler de situation difficile mais pas inquiétante. «Nous nous en sortirons avec l’aide de Dieu. La situation est certes difficile mais pas impossible ! », va jusqu’à assurer le chef du gouvernement du haut de la tribune du Parlement, n’hésitant pas à affirmer que « les crises économiques ne sont pas les plus difficiles, celles qui peuvent être irréversibles sont les crises politiques».
«Sauf que le recours au FMI n’est pas une bonne nouvelle», rappelle Ahmed Zaïdi, le président du Groupe parlementaire socialiste à la Chambre basse. Ce député dit haut et fort ses craintes de voir menacées l’indépendance économique du pays et la souveraineté dans la prise de décision. Comment ne pas se faire d’inquiétude alors que les chiffres sur la croissance diffèrent d’une institution à l’autre? «Le gouvernement parle d’un taux de croissance de 3,4% alors que le HCP le situe à 2,4% seulement», rappelle celui qui préside aux destinées du Groupe parlementaire usfpéiste. Une ligne de crédit, qui selon le chef du gouvernement, témoigne de la confiance portée par les institutions financières internationales dans notre pays. «C’est une ligne préventive, dans le cas où. Je n’aime pas les crédits, j’ai toujours vécu sans crédit», lâche Abdelilah Benkirane devant les députés un peu comme si la gestion d’une crise économique sévère est ici inspirée de celle du bon père de famille qu’est très certainement le chef du gouvernement.

«S’industrialiser pour être compétitif»

La ligne de crédit du FMI n’est pas applaudie des deux mains par les économistes de l’Union socialiste des forces populaires. « Il faut bien le savoir, le FMI n’accorde pas cette ligne parce que le Maroc est un bon élève à qui il faut faire confiance. Ce prêt s’inscrit dans le cadre d’une logique de relance de la croissance mondiale. On nous donne de l’argent pour que nous allions acheter chez d’autres», soutient l’usfpéiste Chbaatou.
Pour ce député, le diagnostic ne souffre pas la moindre ambiguïté. Ce ne sont pas les comptes courants internes qui prêtent à inquiétude mais ceux extérieurs. «Avec la balance commerciale qui est la nôtre, la ligne du FMI sera vite épuisée», affirme-t-il.
Pas de plan de sortie de crise mais des mesures à moyen et long termes- pour la première fois depuis sa nomination, le chef du gouvernement a soigneusement lu son discours contenant mesures et chiffres- et qui remettent en cause le modèle de croissance en cours jusque-là. «C’est ce que l’USFP avait soutenu et continue de le faire. Le modèle de croissance s’est essoufflé. Il faut arrêter le tout-prioritaire et en finir avec ces politiques sectorielles qui deviennent toutes prioritaires. La priorité doit être donnée aujourd’hui à l’industrialisation de l’économie marocaine. Le Maroc souffre d’un grand problème de compétitivité mesuré par l’ampleur du déficit de la balance commerciale. Nous consommons plus que ce nous vendons à l’étranger. Notre pays n’a d’autre choix que de s’industrialiser pour devenir compétitif et vendre par exemple des produits qui ont un contenu technologique», commente le député usfpéiste et président du Centre marocain de conjoncture, Habib El Malki.
Dans l’Hémicycle, sur les bancs de la majorité comme sur ceux de l’opposition, les députés sont prompts à l’affirmer : la situation est grave et la sortie de crise est l’affaire de tous. « En ces circonstances difficiles et pénibles, il faut savoir dépasser tous les clivages politiques. Il y a besoin aujourd’hui d’une action politique de mobilisation des partis, de la société, des partenaires», conclut M. Chbaatou.

Narjis Rerhaye
Mercredi 15 Août 2012

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1.Posté par boumehdi jawad le 15/08/2012 10:58
Sous toutes les formes,devant les micros,les caméras d'ici ou d'ailleurs,les deux chambres du parlement,Mr Benkirane a pris la posture du Moi ou le chaos.Nous(PJD) reconnaissons que nous ne comprenons rien à l'économie,nous sortons les listes des agréments sans décision gouvernementale, mais sommes incapables de faire des propositions constructives,nous allons publier les listes des agréments d'exploitation des mines et des carrières mais le cahier des charges attendra,nous donnons en pâture des personnalités politiques qui ont exercé des responsabilités pour des pécadilles mais le vrai procès de ceux qui ont pillé les organismes de crédit courrent et profitent toujours.Nous avons voulu mettre la main sur l'audiovisuel à travers un cahier des charges vicieux,mais cela n'a pas marché.C'est vrai que c'est plus facile quand la TV tresse vos louanges.Jouer petit bras quand une énorme crise risque d'emporter toute l'économie du pays,c'est un jeu dangeureux ,surtout quand il s'accompagne d'une permanente envie de démissionner tant la situation financière est dramatique.Certes Mr Benkirane vous n'etes pas l'initiateur de cette crise mais vos incoérances ministérielles,les dérapages de vos ministres grisés par le pouvoir font que ne prenez pas la mesure des dangers,et que vous devez sonner le rassemblement et mettre fin aux divisions artificielles.La patrie est en danger quand blé,gaz,pétrole,intrants pour bétail flambent et que notre industrie,notre agriculture ploient sous les coups de boutoirs d'une économie mondialisée,incontrôlable et incontrolée.Il faut passer à la vitesse supérieure dans l'intérêt géneral et cesser de pérorer sur les boites à images du khalij,pour se donner une stature internationale.

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