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Abdallah Bekkali, le nouveau président du SNPM, décline ses priorités

Faire du syndicat une force de proposition pour faire face aux problèmes structurels du secteur




Abdallah Bekkali, le nouveau président du SNPM, décline ses priorités
Comme  tous les jours de la semaine, Younès Moujahid a rejoint son bureau au Syndicat national de la presse marocaine. Ce lundi matin n’est pas exactement comme les autres jours. Le SNPM a un nouveau président, l’Istiqlalien Abdallah Bekkali. Quant à Younès Moujahid, le socialiste de toujours, il  préside désormais aux destinées du Conseil national du syndicat. «Les priorités, elles, n’ont pas changé. Le nouveau président et moi travaillons ensemble, en toute intelligence et dans la meilleure des complicités. Parce que nous avons le même objectif, sortir de  la crise le secteur de la presse et des médias audiovisuels », rassure le président sortant du syndicat des journalistes marocains. Abdallah Bekkali  a, lui, déjà  levé le voile sur la toute première décision qu’il compte prendre. Celui qui est aussi député de l’Istiqlal a l’intention de déposer une proposition de loi visant à criminaliser les brutalités commises par les forces de l’ordre à l’encontre des journalistes, «notamment lors des manifestations et autres sit-in que couvrent hommes et femmes de médias». Le tout nouveau président du SNPM en a fait  la promesse solennelle samedi dernier devant les congressistes qui l’ont porté à la tête du syndicat.  Les nouveaux responsables du SNPM en ont pleinement conscience : il y a de l’ouvrage sur le métier. Les recommandations adoptées lors du 7ème congrès du SNPM réuni à Tanger les 6 et 7 juin 2014  sont leur principale feuille de route. La convocation de l’instance suprême du syndicat a permis de faire un diagnostic sans concession du secteur de la presse. « Un secteur à la dérive, confronté à un problème de formation inquiétant sans parler de la situation sociale des journalistes », affirment à l’unisson les membres du nouveau bureau du syndicat qui ont placé au rang de priorité « la libération des médias audiovisuels publics du joug gouvernemental ». 
« Actuellement, le défi réside dans le fait de  renforcer la force de proposition du SNPM pour que nous puissions faire face aux problèmes structurels de la presse écrite et électronique ainsi que ceux des médias audiovisuels publics. Le Maroc, pays de 35 millions d’habitants, compte moins de 3000 journalistes. Ce nombre indique qu’il y a un problème. Et le problème se situe principalement dans la formation et la formation continue. Il nous faut l’admettre : nous n’avons pas suffisamment de formateurs dans ce pays », soupire Y Moujahid.
Lutter contre la loi de la jungle qui règne dans certaines radios privées et  journaux. C’est  l’un des combats que le SNPM a l’intention de mener jusqu’au bout. « Les journalistes des radios privées sont les plus lésés », martèle  le président du Conseil national du syndicat. 
 
L’épineuse question 
de l’autorégulation
Le projet de Code de la presse qui n’en finit pas de jouer l’arlésienne est une préoccupation majeure de la corporation syndicale des journalistes marocains. Le SNPM n’a toujours pas reçu copie d’un projet qui continue de faire la navette entre les ministères de la Communication, la Justice et le secrétariat général du gouvernement.  A cela, il convient d’ajouter l’entrée en scène du Conseil national des droits humains qui est en train d’élaborer un avis sur le projet de code de Mostafa El Khalfi. 
Le Conseil national de la presse que prévoit le Code de la presse fait figure de principal point d’achoppement entre le ministre de la Communication et les professionnels. Dans la déclaration de Tanger adoptée au terme du 7ème congrès du syndicat, les journalistes congressistes  ont  en effet appelé à «mettre en œuvre les dispositions de la Constitution relatives à l'autorégulation du corps des journalistes, en mettant en place un cadre organisationnel autonome et démocratique, à l'abri de toute tutelle gouvernementale au niveau de son encadrement juridique, administratif et financier» et ce tout en réclamant l'accélération du processus d'élaboration du Code de la presse. « En fait, il y a un problème par rapport à la mise en place d’une telle instance qui sera composée de Sages de la profession. Faut-il passer par leur élection? Pas sûr que ce soit la bonne méthode», commente Y. Moujahid.
Et même si les journalistes n’ont jamais élu de femme journaliste à la tête du  SNPM, les professionnels réunis en congrès à Tanger ont dit tout leur attachement «aux principes de parité, appelant les institutions médiatiques à œuvrer pour la consécration de ces principes et pour promouvoir la discrimination positive en vue de permettre l'accès des femmes journalistes aux postes de décisions au sein des rédactions».

Narjis Rerhaye
Mardi 10 Juin 2014

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