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A violence quotidienne, mobilisation tout aussi quotidienne

Tous les chiffres concernant la violence contre les femmes demeurent en deçà de la réalité




A violence quotidienne, mobilisation tout aussi quotidienne
Des chiffres qui interpellent, des chiffres effarants, mais qui restent en deçà d’une réalité hélas trop amère. Lesdits chiffres concernent la violence faite aux femmes et résultent de l’enquête nationale de prévalence réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP). Il y est mentionné, entre autres indications,   que 8,7% des femmes âgées de 18 à 64 ans (soit 827 mille femmes) ont été exposées, au moins une fois, à un acte de violence sexuelle avec attouchement au cours des 12 mois précédant l’enquête. Des statistiques qui datent déjà de 2009. Et puis aussi fiables soient-elles, elles  ne reflètent guère la réalité. Et pour cause, on se hasarde dans un terrain miné qui relève de la sphère du tabou. Bon nombre de femmes battues, traumatisées, harcelées, préfèrent taire leur calvaire et se murent dans le silence. Leur seule obsession, c’est d’éviter la hchouma. Du coup, elles ne risquent pas de figurer dans un quelconque travail d’investigation. Mais quand la coupe est pleine, elles adoptent la solution finale, à savoir le suicide. D’ailleurs, moult affaires ont défrayé la chronique ces derniers temps, exprimant toute l’ampleur et l’atrocité de cette violence. C’est pourquoi la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre la violence faite aux femmes constitue une opportunité que saisissent les associations de la société civile, les Etats, les organisations internationales et les citoyens pour tirer la sonnette d’alarme afin de sensibiliser l’opinion publique à ce fléau.
Côté textes de loi, rien ne va pour le mieux. Le dernier projet de loi 103-13 a fait couler beaucoup d’encre et a provoqué l’ire des associations. Ces dernières n’ont pas été sollicitées pour l’élaboration dudit texte. Pourtant, elles ont tout un passé de militantisme derrière elles et leur contribution aurait pu être très enrichissante vu le travail accompli sur le terrain. Et puis pour arranger le tout et à travers plusieurs textes, la femme est associée à l’enfant. Quel amalgame ! Une confusion que n’appuie vraisemblablement pas Bassima Haqqaoui, initiatrice du projet de loi. Elle a été même jusqu’à déclarer dans une émission de télévision qu’elle était loin d’être convaincue de cette démarche. Mais de qui se moque-t-on ?
Apparemment, on n’est pas encore sorti de l’auberge. Ledit projet de loi devra être revu par une commission interministérielle. Sera-t-il à même de répondre enfin aux attentes des femmes ? Croisons les doigts et retenons notre souffle pour que le texte de loi ne soit pas jeté aux oubliettes.

Nezha Mounir
Jeudi 28 Novembre 2013

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