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A s'en mordre les lèvres




A s'en mordre les lèvres
La main qui masque la bouche est devenue un geste tendance chez les joueurs et entraîneurs du Mondial-2014, observés à la loupe par des millions de téléspectateurs, mais des paroles banales, piquantes ou... tendancieuses leur échappent encore.
Neymar, Rooney, Messi, les vedettes ont ce réflexe de porter la main devant le visage pour s'exprimer sur un terrain autrement qu'avec les pieds. 
La main, et même la serviette, aux couleurs de l'Allemagne: c'est ainsi que son sélectionneur, lui, se protège sur le banc. Car Joachim Löw, dont les propos crus tenus lors de l'Euro-2012 avaient choqué dans son pays et qui avait dit dorénavant devoir se "retenir un peu plus", se sait observé. Par une jeune femme, et pas n'importe laquelle.
Plus de 27.000 personnes peuvent suivre en direct les moindres mots de "Jogi" au cours d'un match grâce au compte Twitter de Julia Probst. Cette sourde de naissance lit sur les lèvres du sélectionneur, les yeux rivés sur la "Jogi-Cam", une application streaming de la ZDF, son "Eldorado".
La main ou la serviette, mais pas toujours. Tel énervement échappe au technicien, "ça c'est de la merde!", contre les Etats-Unis (1-0), ou bien tel aveu face à l'Algérie en 8e de finale (2-1 a.p.): "Je ne comprends pas pourquoi on ne progresse pas!", ou encore "mais... c'est quoi ça?!" 
Dans le même match, laborieux de la part de la Nationalmannschaft, Julia Probst (32 ans) a aussi retranscrit ce mini-dialogue entre Löw et son adjoint Hansi Flick. Jogi à Hansi: "C'est pas terrible". Hansi à Jogi: "(incompréhensible) presse trop peu".
 
Espionnage
 
La lecture labiale fait déjà partie des moeurs footballistiques en Amérique du Sud et en Espagne, à la télévision pour informer le public, mais aussi du côté des encadrements techniques pour étudier l'adversaire.
La pratique est systématique aux Etats-Unis. "Dans le Championnat nord-américain (MLS), les équipes ont des labio-lecteurs pour s'espionner les unes les autres", confie Julia Probst à l'agence sportive allemande SID, filiale de l'AFP.
D'autres équipes ont aussi été épinglées par des observateurs pour des propos qui font les choux gras des réseaux sociaux prompts à s'en gargariser.
Par exemple les Etats-Unis, lorsque le sélectionneur Jürgen Klinsmann s'étonne auprès du quatrième arbitre d'un temps additionnel d'une minute en prolongation contre la Belgique en 8e de finale (1-2 a.p.): "Mais putain d'où vient cette minute ?!"
Ou l'Angleterre, dont le sélectionneur Roy Hodgson a commenté la chute de son milieu Milner en compagnie d'un défenseur du Costa Rica d'un "incroyable !"... suivi d'un juron d'ordre sexuel.
La lecture labiale avait déjà causé des dégâts pour cette sélection lorsque le capitaine Terry avait été surpris en train de tenir des propos racistes envers un adversaire, ce qui l'avait contraint à rendre son brassard.
Et puis, il y a les propos dont les joueurs veulent la lecture labiale. Par le Père, pour l'attaquant anglais Sturridge qui s'écrie après son égalisation contre l'Italie (1-2): "Jesus Christ I love you!". Ou par le père, quand l'attaquant belge Lukaku célèbre son but contre les Américains en lançant à la caméra un clair "Je t'aime papa!", et y dépose un baiser.
L'Euro-2012 avait déjà été riche en lectures labiales de tous poils, notamment chez les Bleus. La France entière avait ainsi vu sur les écrans de télévision Benzema, après une occasion ratée, s'écrier distinctement: "Sa mère la pute !"
Un juron comme il y en a toujours sur un terrain. Mais certains peuvent amener devant la commission de discipline. La Fédération française (FFF) avait infligé trois matches de suspension à Nasri, notamment pour son "ferme ta gueule!" adressé à la presse pour célébrer son but contre l'Angleterre, et un match de suspension pour Ménez, auteur d'un "vaffanculo" envers l'arbitre italien du quart Espagne-France (2-0).
La lecture labiale demeure une éternelle source d'intérêt, au moins depuis cette discussion, dans la foulée de la finale victorieuse de l'Euro-2000, qui avait passionné la France du foot, avec le sélectionneur Roger Lemerre essayant de convaincre son capitaine Didier Deschamps de revenir sur sa décision de prendre sa retraite internationale. 

AFP
Samedi 5 Juillet 2014

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