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A quand des avions de ligne sans pilotes?




Une question de confiance. Après être devenus courants dans l'aéronautique militaire, les avions sans pilotes pourraient faire leur entrée dans le transport commercial de passagers, raconte le magazine IEEE Spectrum. Cela reste encore un sujet d'études, mais certaines initiatives industrielles reçoivent toute l'attention de différentes autorités de l'aviation civile, comme la FAA aux Etats-Unis.
Plusieurs questions techniques se posent: comment des avions contrôlés à distance peuvent repérer des obstacles pouvant empêcher leur décollage et atterrissage? «Les régulateurs requièrent toujours du pilote qu'il regarde à travers sa fenêtre pour éviter toute collision», rappelle Rick Prosek, qui gère le programme des avions sans pilote à la FAA.
Les machines peinent à être totalement efficientes sur ce point et les systèmes de communication, notamment la bande passante nécessaire pour les échanges, ne sont pas assez puissants pour envoyer une vidéo haute-définition de l'environnement aux équipes sur terre. «Une bonne partie des règles de l’air, sorte de code de la route pour les avions, et de la formation des pilotes reposent sur le bon sens et le jugement du pilote», soulignait Grégoire Fleurot dans un article de Slate sur les collisions entre avions.
Ainsi, même si de plus en plus d'automatismes sont utilisés dans les cabines des pilotes d'avions commerciaux, avoir deux pilotes dans l'avion rassure les passagers. «Quelqu'un peut inventer et mettre au point un avion de ligne piloté à distance et personne ne pourrait vouloir y voyager», estime Wesley Randall, ancien ingénieur auprès d'Air Force et professeur à Auburn University, interrogé par Discovery News en 2010.
Ses collègues et lui ont pu bénéficier d'une bourse de 300.000 dollars de la FAA pour réfléchir aux conditions de sécurité qui entoureraient l'avènement de vols de ligne sans pilotes. «Est-ce que ces pilotes à distance contrôlant les avions avec des manettes devraient recevoir le même entraînement que des pilotes d'avions de ligne? Qui est responsable si l'avion se crashe?» sont autant de questions pour le moment sans réponse, pointe Discovery News.
Un rapport de la FAA estimait en juillet que les pilotes pouvaient quelquefois «abdiquer trop de responsabilités aux systèmes automatisés». «A un certain moment, le babysitter (le pilote, aidé par des logiciels) devient le bébé», continue l'article d'IEEE Spectrum, se référant à l'exemple du crash du vol 447 d'Air France reliant Rio à Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique en 2009.
Selon le rapport des enquêteurs, «les pilotes n'avaient pas été proprement entraînés à gérer un dysfonctionnement du système des indicateurs de vitesse, la cause apparente du crash». L'automatisation des systèmes dans les avions a pu entraîner une possible atrophie des compétences routinières des pilotes.

Slate.fr
Samedi 10 Décembre 2011

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