Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

A la tête de l’organisation des femmes ittihadies, Khadouj Slassi se donne 100 jours pour convaincre

Portrait d’une intellectuelle engagée qui porte haut la modernité




A la tête de l’organisation des femmes ittihadies,  Khadouj Slassi se donne 100 jours pour convaincre
Ce lundi matin, elle a retrouvé sa classe. Comme tous les lundis, exactement comme elle a coutume de le faire, elle a donné son cours de philo. Pourtant,  depuis samedi soir, son portable n’arrête pas de sonner. A l’autre bout du fil, les félicitations fusent, les encouragements se multiplient autant que les marques d’affection. Khadouj Slassi vient tout juste d’être élue à l’unanimité secrétaire nationale de l’Organisation socialiste des femmes ittihadies, OSFI, et à l’évidence cela donne du baume au cœur à ceux et celles dont le cœur bat à gauche. A l’Union socialiste des forces populaires, l’élection de cette militante convaincue qui a adhéré au parti de la Rose en 1975 est vécue comme un nouveau départ pour le secteur féminin ittihadi qui a connu des jours meilleurs. « Je sais que je dois  donner des signaux forts dans les 100 premiers jours, montrer une nouvelle façon de faire et de porter le combat pour les droits des Marocaines. Le Maroc traverse un contexte politique particulier où les femmes et particulièrement celles qui défendent la modernité sont visées. L’organisation des femmes ittihadies n’a pas d’autre choix que de s’engager dans les batailles de l’égalité, de la lutte contre la violence faite aux femmes, etc. Nous nous impliquerons avec force dans tous les plaidoyers relatifs aux droits des femmes », nous a déclaré lundi 20 janvier celle qui préside aux destinées de l’Organisation.
La présidente de l’Internationale socialiste des femmes confirme l’engagement pris sous forme de contrat avec les militantes et toutes les démocrates par Khadouj Slassi. « C’est une militante, une vraie. C’est une femme qui porte haut valeurs et principes et qui n’hésite pas à se battre pour les défendre. C’est par-dessus tout une intellectuelle à qui la modernité ne fait pas peur. Avec elle, on gagne en hauteur ! », s’exclame Ouafae Hajji qui ne boude pas sa joie. Le parcours de Khadouj Slassi, explique-t-elle, vient enfin d’être reconnu.
Cette native de Fès a très tôt côtoyé les socialistes avant d’en faire sa famille. Sur les bancs de l’université  Mohammed Ben Abdellah à Fès, elle s’implique corps et âme dans le mouvement estudiantin.  « Ittihadia à la vie, à la mort ! C’est dire l’engagement de cette militante dont le conjoint est également un Usfpéiste de la première heure», fait valoir Mohamed Ameur, député USFP de Fès. C’est à la faculté que cet ancien ministre a connu Khadouj Slassi. Nous sommes dans les années 1970 et cette jeune étudiante, déjà proche de la gauche, est dans l’air du temps. Eprise de liberté, de justice mais aussi d’émancipation des Marocaines, elle inscrit son engagement dans les valeurs socialistes.  Il le dit sans ambages : la secrétaire nationale de l’OSFI a tous les atouts pour porter, dynamiser et rendre opérationnelle l’organisation socialiste des femmes ittihadies. « Khadouj Slassi a une excellente formation. C’est une oratrice hors pair. C’est aussi et surtout une battante à la forte personnalité. Avec elle, l’organisation socialiste des femmes ittihadies va être sur tous les fronts du plaidoyer et de la revendication des droits des Marocaines», soutient Mohamed Ameur. 
 
Un défi organisationnel
Le parcours militant de Khadouj Slassi est un sans-faute. Elue à la commission administrative de l’Union socialiste des forces populaires, elle est aussi un membre très actif du secrétariat régional de cette formation politique, à Fès. Edile, elle était aux dernières législatives la deuxième de la liste conduite par Ahmed Reda Chami. « C’est une militante très crédible et aux compétences reconnues de tous que nous avons élue samedi dernier. Ses interventions, son sens de l’analyse, ses prises de position ne passent jamais inaperçues. Force est de reconnaître que Khadouj Slassi est une personne écoutée », commente Fatiha Sadass, membre du Bureau politique du parti de la Rose. 
La nouvelle secrétaire nationale de l’organisation des femmes ittihadies a bien l’intention de mettre à profit les 100 premiers jours de son mandat pour imprimer sa marque, changer de cadence et poser les fondements d’une structure ouverte aux militantes mais aussi à toutes les démocrates pas forcément encartées USFP. Dès la semaine prochaine, elle réunit les membres du secrétariat national qui travailleront à ses côtés. Son premier défi est d’abord organisationnel. « L’organisation n’a aucune structure sur le plan national. Il s’agit de les  mettre en place. Nous allons nous mobiliser pour ce faire », affirme-t-elle.
Autre objectif brandi par K. Slassi, faire du mois de mars et de la Journée mondiale de la femme un signal fort en direction des droits des Marocaines. Les femmes ittihadies retrouvent la forme. Et en ces temps agités où sévit le takfirisme, c’est plutôt une bonne nouvelle.
 

A la tête de l’organisation des femmes ittihadies,  Khadouj Slassi se donne 100 jours pour convaincre

Narjis Rerhaye
Mardi 21 Janvier 2014

Lu 861 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs