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A la stupéfaction générale, le Parquet classe l’affaire Karim Lachkar

Les ONG contestent les conclusions de l’enquête du médecin légiste et de la BNPJ




A la stupéfaction générale, le Parquet classe l’affaire Karim Lachkar
L’affaire Karim Lachkar est officiellement close. Le procureur du Roi près la Cour d’appel d’Al Hoceima vient, en effet, de classer l’affaire sans suite.  Le Parquet a estimé que les conclusions de l’enquête menée par la BNPJ et le rapport de l’autopsie n’établissaient aucun lien entre la mort du défunt et les mauvais traitements qu’il aurait subis au commissariat de police.
Un communiqué du Parquet d’Al Hoceima publié avant-hier a indiqué que le rapport du médecin légiste avait révélé que Karim Lachkar est décédé suite à des insuffisances respiratoires aiguës liées à  une atteinte neurologique centrale (coma) due à la consommation sans modération d’alcool.  Un état de fait davantage compliqué par une consommation récente  de cocaïne qui a affecté le muscle cardiaque souffrant déjà d’insuffisance de perfusion myocardique. 
Le Parquet est allé plus loin. Il a affirmé que les témoignages de personnes accompagnant le défunt la nuit du drame ont révélé que Lachkar a été blessé au niveau du visage lors de sa tentative de fuir les éléments de la police et que ces derniers ne lui ont pas fait subir de mauvais traitements.  Le contenu de ce communiqué  a fait l’effet d’une douche froide pour plusieurs militants de défense des droits de l’Homme dans la région. Pour eux, il est bien clair que le regretté est décédé au commissariat de police après avoir subi un interrogatoire musclé. 
«Si on ne peut pas remettre en cause la décision du Parquet, cela n’empêche pas que plusieurs interrogations et zones d’ombre demeurent non clarifiées et que le communiqué du procureur du Roi n’apporte pas suffisamment de réponses», nous a indiqué Ali Belmazyane, responsable local de l’AMDH à Al Hoceima avant de poursuivre : «Nous avons attendu du Parquet des éclaircissements sur les contradictions constatées entre le PV de police d’Al Hoceima et celui de la BNPJ et pourquoi il y avait élimination d’un témoignage affirmant que Karim Lachkar a bien subi de mauvais traitements lors de son arrestation. Pis, pourquoi le Parquet a-t-il refusé de répondre à la demande de plusieurs ONG des droits de l’Homme concernant les pièces et documents de l’affaire?».
Le militant de l’AMDH a  ajouté également que le Parquet est resté muet sur le sort de la plainte déposée par l’avocat de la famille du défunt concernant la falsification des PV par la police.  «Nous ne  prétendons pas tenir la vérité mais nous avons assez d’éléments qui confortent la thèse selon laquelle Karim Lachkar est bel et bien mort suite à un interrogatoire musclé», nous a-t-il précisé. Une conférence de presse était programmée hier par la section locale de l’AMDH pour jeter plus de lumière sur cette affaire et envisager les suites à lui donner.

Hassan Bentaleb
Mercredi 6 Août 2014

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