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A la mémoire de feu Amine Demnati

Chantre de la lumière fugace




A la mémoire de feu Amine Demnati
Le dessin tragique a voulu que l’artiste peintre Amine Demnati nous quitte le 11 juillet 1971, à l’âge de 29ans. Peintre de l’instant qui dure, le défunt figure dans plusieurs collections privées nationales et étrangères, comme il a été, de son vivant, l’invité de plusieurs Biennales (Sao Polo, Paris...). La réhabilitation de sa mémoire s’impose, et, en lui rendant cet hommage médiatique, nous célébrons en lui, par esprit de devoir et de reconnaissance, une figure atypique de la peinture marocaine contemporaine. Artiste peintre de formation, mais poète et homme de théâtre par vocation, il se tient à l’écart des courants dominants, et poursuit un chemin original parsemé d’expériences nouvelles, tout en répondant, comme disait le critique d’art Gaston Diehl, à une spiritualité de l’attente et à un sentiment d’humaine fraternité…
Né à Marrakech en 1942, Amine Demnati a suivi des études en arts appliqués à Casablanca et à Paris (Ecole des Métiers d’Arts, Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Ecole du Livre-Paris). Il a commencé à exposer à partir de 1961, au Maroc et à l’étranger, notamment à Paris. Ses oeuvres figurent actuellement dans plusieurs collections privées nationales et internationales.
Selon le critique d'art Abderrahman Benhamza « la qualité de son art l'inscrit dans la lignée des premiers peintres qui ont marqué dès le début le champs plastique marocain .Ses personnages en silhouettes, à la limite de la tache, auguraient d'une recherche formelle avant-gardiste, appelée à investir des registres représentatifs inédits, n’était la mort qui l'avait emporté à l'âge de vingt neuf ans. Chantre de la lumière fugace, Demnati, qui a vécu entre Casablanca, Marrakech, Paris et Demnat, s'inspirait souvent de la place Jemaa el Fna ,son animation quotidienne ,le mouvement insaisissable de se foule ,des jeux de lumière aux reflets changeants ,ce qui a marqué son oeuvre d'une singularité de tons remarquable . ».
En 1966, le poète feu Kamal Zebdi nous a révélé « un monde de rêve chargé de poésie où chante la couleur pulvérisant le verbe, le traduisant en morceaux de vie avec un sens du subtil : Réalités quotidiennes, visages…produits de recherches qui nous laissent pas loin du malaise où régnait une incertitude dramatiquement banale. Nous en sommes, aujourd’hui, fort heureusement délivrés. La synthèse est ainsi faite où, par bonheur, l’humour ne perd aucun de ses droits. Ainsi cette «Marrakech» qui regarde Lausanne qu’elle éclaire d’un état singulier, ainsi les citernes portugaises nous apparaissent-elles mordues par un œil qui a séjourné longtemps au bord des fontaines de Saint-Pierre de Montmartre.
Amine Demnati, en vrai poète, a su être tout cela à la fois, car là où il ne semble être qu’une fine silhouette qui passe telle une jeunesse apparemment insouciante, Demnati sait en vérité mesurer la valeur d’un pas accompli sur l’échelle de l’Espoir.
Pour résumer ma pensée, il est un mot, un seul : Produire, c’est-à-dire attester la vie par delà les vicissitudes de l’Histoire et autres qui n’ont pas épargné cette terre qui est la notre, mais le glaive n’a pas touché la veine dont la générosité a triomphé, faisant reculer le Mensonge. Moment aimés où les safrans brûlés font pâlir les saphirs et les charbons la jade, si vos doigts peuvent palper, notre œil, désormais ouvert, saura se souvenir».
Pour Zakya Daoud, Demnati nous rappelle la fête du printemps à travers des couleurs gaies, éclatantes et vivantes, tout en conservant l’essentiel de ses œuvres : la retenue, la discrétion, la légèreté, l’harmonie surtout.
L’artiste feu Demnati a contribué à l inauguration de la pratique picturale moderne au Maroc aux cotés de Cherkaoui, Gharbaoui, Glaoui et Tallal, tout en croyant durant toute son expérience plastique à l'importance de l'art dans la vie. Son humanisme n’a d’égal que sa sensibilité artistique à l’instar de grands peintres.
Tout hommage institutionnel rendu aux traces vivantes de la mémoire tatouée d’Amine Demnati et de ses oeuvres connotatives( dessins, poèmes et tableaux) dont l'apport en matière de recherche et de création est indéniable se veut une initiative très significative et plus louable en soi dans le sens qu'il met en avant une référence incontournable de l'art contemporain marocain voire une figure illustre et immortelle qui demeure une valeur sûre en termes de créativité , de générosité et d'humilité. En lui rendant un vif hommage, nous se référant au critique d’art Jean Bouret qui a écrit en 1969 : « l’artiste disait Souares est celui qui sauve le monde de la douleur, en lui donnant les plus belles formes de l’Amour ». Ces formes de l’amour, les voici devant vous : silhouettes surprises entre les murs de quelques Médina, éblouis de soleil, paysages déchiquetés et crissants de chaleurs dans un Sud de rochers de sables et de Kasbahs. Tout ici est sensualité sans accablement, distinction et retenue».

ABDELLAH CHEIKH
Jeudi 16 Juillet 2009

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