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A la Galerie de l’Institut Cervantès de Casablanca : Bouchaib Habbouli expose ses états d’âme




A la Galerie de l’Institut Cervantès de Casablanca : Bouchaib Habbouli  expose ses états d’âme
Les cimaises de la Galerie de l’Institut Cervantès de Casablanca abritent actuellement  les œuvres récentes de Bouchäib Habbouli (vit et travaille à Azemmour), artiste peintre qui  fait partie de cette génération d’artistes peintres  contemporains  dont l’éclosion a enrichi la création plastique au Maroc.
Cet artiste hors du commun  a  pu développer   tout un savoir artistique  personnalisé à l’instar  des créateurs  illuminés dont la démarche plastique sort des sentiers battus. Son œuvre se distingue par  la maturité  du style, le perfectionnement de la conception et  la spontanéité de la réalisation.  L’artiste a su expérimenter trois typologies procédurales : les travaux à l’encre de Chine sur du papier, avec des taches abstraites d’une grande  sensibilité esthétique, qui évoquent les cellules vues à travers le microscope, les travaux de moyen  format extrêmement bien faits, qui reproduisent les thèmes de son répertoire pictural. Et, finalement, les peintures, principalement sur du papier, où les têtes et les visages  sont les protagonistes avec une importante dose d’ironie. Tout cela avec une grande maîtrise du métier pictural. Les œuvres sont un univers de silence et recueillement qui ouvre une brèche dans notre imaginaire commun. 
Le monde inédit de ce peintre s’éloigne dans tous les cas de la reproduction fidèle du réel, et s’attache plutôt aux états d’âme de l’homme, ses émotions, ses visions subjectives du monde.   Il s’agit  d’un acte pictural empreint d'une esthétique  intériorisée, ce qui  met en toile   des formes hallucinantes et introspectives, s’inspirant de la vie quotidienne.
Il peut être utile de rappeler l’importance de l’observation  participative de la réalité, dénonçant  les  méfaits d’une société injuste.  L’art pour Habbouli  se présente comme un hymne à la vérité qui  s’intéresse à l’homme plus généralement, l’homme agité par ses émotions, ses contradictions et plongé dans une angoisse existentielle face à une société pervertie.
 Imagier, Habbouli  est l’auteur  d’une peinture fragmentée, lyrique, mais  combien expressionniste. Il est le fruit de l’absence et de la marge ombragée.  Dans sa palette libre et autonome, il fait table rase  des œuvres précédentes, évitant ainsi de reproduire à l’infini le même style avec les mêmes artifices. Il veille sans cesse à dépasser les  contraintes et  les  lois complexes du marché de la peinture : « Cette démarche tend au dépassement et  s’opère avec rigueur, à l’écart des courants dominants. Elle se veut passion conductible, d’une expérience à l’autre, et se structure autour de la recherche de l’inédit, aussi bien comme vision que matière, sans pour autant renier la richesse et de l’acquis, ainsi que la continuité cohérente, mais combien déroutante. 
Habbouli se singularise par une présence discrète, un regard marginal et des positions bien tranchées. Du bistre, au brou de noix, à l’encre de Chine, il ne cesse de brouiller les frontières, d’interroger les genres et les matériaux considérés par grand nombre de ses pairs comme « forme déchue de la peinture », mineurs, pauvres, sans intérêt esthétique. L’essentiel pour lui, c’est d’élargir l’éventail de ce qui est réputé rebut d’atelier, de le réhabiliter en lui insufflant une expression dans une nouvelle vie. », lit-on dans le catalogue de l’exposition.
Avec cette exposition, Habbouli confirme encore une fois son positionnement de militant en faveur de la cause culturelle et artistique et revient avec plus de verve pour défendre la belle création au sens plein du terme. Il partage avec les passionnés d’art ses émotions et livre  ses secrets de création  avec audace et assurance.  Sa peinture apporte un souffle nouveau à l’art  marocain contemporain et invite les récepteurs avisés  à un labyrinthe subliminal à saveur expressionniste, et ce    loin de s’inscrire dans l’opposition entre figuration et abstraction.
Chant de l’oiseau captif, la peinture connotative de ce peintre chercheur inaugure un style spécifique basé sur la métamorphose et  l’économie d’expression. L’artiste reste attaché, sans condition, à ses origines culturelles et  puise les thématiques de ses œuvres dans l’imaginaire collectif. Singulier est donc le parcours de  Habbouli,   qui reste un monde chimérique plein de richesse et  de  profondeur.
 

ABDELLAH CHEIKH
Jeudi 26 Mars 2009

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