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A l’approche de la haute saison : La “chasse aux touristes” déclarée ouverte à Tafraout




A l’approche de la haute saison : La “chasse aux touristes” déclarée ouverte à Tafraout
Le secteur touristique à Tafraout sombre depuis l’été dans le marasme.  Ce sont les affluences à l’occasion des fêtes de fin d’année qui viennent habituellement  lui annoncer l’amorce de la haute saison touristique en boostant  les arrivages. Une aubaine pour certains bazaristes de la ville qui n’hésitent pas à faire feu de tout bois afin de racoler le maximum de touristes dans leurs commerces.
Pour un étranger à la ville, il est difficile de remarquer quoi que ce soit. Mais il suffit d’approcher les opérateurs du secteur pour être fixé sur la grande  foire au racolage qui se prépare. « Tenez, nous montre discrètement le gérant d’un hôtel, ce sont là tous des rabatteurs venus de la région d’Errachidia, auxquels un bazariste fait  habituellement appel pour la circonstance ». On reconnaît une horde de  gaillards, tous remarquables par leurs accoutrements d’hommes bleus du désert. C’est le cas également, peut-on relever  facilement, pour cet autre bazariste  à la sortie de la ville, connu également pour s’adonner à ces pratiques, qui vient de renforcer les rangs de ses rabatteurs  par plusieurs éléments.
En procédant à une virée près des magasins des commanditaires de cette  armada de racoleurs mobilisés, on s’aperçoit qu’ils s’occupent tous, ce matin, à faire sortir  motos et bicycles, placés dans les garages depuis la fin de la saison touristique écoulée. On s’active à les dépoussiérer, graisser leurs rouages, regonfler les pneus crevés ….etc. : « Il faut bien doter ces rabatteurs de moyens de locomotion afin de pouvoir joindre les touristes  en voiture», commente,  sur un ton  ironique, un employé d’un hôtel de la place habitué à ces scènes, à chaque fois que la ville s’apprête à accueillir des touristes. L’heure est aussi au  repérage des postes de «  guet ». Les    nouvelles recrues sont partagées en groupuscules et mises en faction dans les deux entrées de la ville : la Place Moulay Rachid et près de la Poste au centre-ville. « Comme ça, la ville est strictement quadrillée et aucun  touriste  ne pourra y accéder sans être vu», nous explique un bazariste. Alors que d’autres éléments sont affectés devant certains hôtels, restaurants et aux alentours des campings dans la palmeraie de la ville, connus pour leur affluence élevée. Le mode de  leur rémunération repose sur un « deal »: Sur chaque client rabattu, le racoleur à la solde émarge. La commission perçue, communément appelée dans le jargon local « Jaâba », est majorée en cas de vente de tapis ou autre objet d’artisanat. Pour la méthode du travail, c’est connu. « Dès qu’un touriste pose pied sur la ville, un rabatteur se met illico à ses trousses et ne le lâche plus », nous renseigne un gérant d’une maison d’hôte dans la ville. Lequel, sur  ces entrefaits, s’empressa d’attirer notre attention : « Eh !Regardez, regardez …! ». La machine à racoler semble se mettre en branle,  déjà ! Devant nous, on assiste à une véritable scène de course-poursuite. Un rabatteur tente, par un signe de la main, d’arrêter le véhicule d’un couple de touristes  en provenance d’Agadir. Comme ceux-ci ne branchent pas, il se lance à leur poursuite. Si, dans les autres villes touristiques, les brigades touristiques sévissent contre ces pratiques de harcèlement, à Tafraout, ce phénomène jouit d’une  permissivité déconcertante.
Les patrons -« anges gardiens »- de ces hordes hors-la-loi ont le bras long. Les autorités locales, nous dit-on, affichent, du coup, un mutisme déroutant, ces agissements sont punis pourtant sévèrement par la loi. Et ce, malgré les plaintes incessantes des opérateurs du secteur du tourisme. Tous les responsables de la ville dénoncent ces pratiques. Les jours à venir, qui vont connaître de grands flux  touristiques grâce aux vacances de Noël, s’apparenteront, prévient notre source, à une véritable foire d’empoigne. Les rabatteurs se déchireront  encore à travers des querelles intestines devant tout le monde. Les témoignages des touristes victimes de ces pratiques ne manquent pas à l’exemple de certains bazaristes lésés qui  se sont plaints auprès du pachalik de la ville. Comme en témoignent les registres de réclamations des grands hôtels, restaurants et  campings de la ville. Un vrai gâchis !

IDRISS OUCHAGOUR
Jeudi 24 Décembre 2009

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