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A cause de l’impact du séisme, du tsunami et de l'accident nucléaire : Le Japon risque d’entrer dans la récession




A cause de l’impact du séisme, du tsunami et de l'accident nucléaire : Le Japon risque d’entrer dans la récession
Le triple impact du séisme, du tsunami et de l'accident nucléaire sur une économie japonaise déjà fragile devrait être plus important qu'initialement estimé et menace une reprise déjà poussive, estiment des économistes.
Certains évoquent même la possibilité que la troisième économie mondiale retombe dans la récession.
L'impact de la catastrophe devrait dépasser celui du séisme de Kobé en 1995. La production industrielle avait alors reculé mais la production totale s'était maintenue.
Le pays doit faire face à des pannes d'électricité qui vont affecter la production. Usines automobiles et raffineries de pétrole de la région nord-est, où s'est produit le tsunami, ont dû fermer leurs portes.
Nissan, le partenaire de Renault, a ainsi interrompu la production de ses quatre usines d'assemblage et a fait savoir que la reprise de la production dépendrait de l'approvisionnement en pièces détachées.
«Nous estimons désormais qu'il faudra plus de temps à l'économie japonaise pour sortir de son actuelle morosité», résument les analystes de Nomura dans une note.
Nomura prévoit que l'économie japonaise, qui s'est contractée de 1,3% au quatrième trimestre 2010 en rythme annualisé, ne redémarrera pas avant le troisième ou le quatrième trimestre de cette année. D'autres analystes prévoient toutefois un retour à la croissance dès le trimestre d'avril à juin.
Les interruptions d'approvisionnement énergétique sont également déterminantes pour évaluer la perte de productivité du pays. Les centrales nucléaires sont à l'arrêt, alors que les autorités s'efforcent de contrôler les graves incidents qui surviennent dans plusieurs réacteurs du pays. «Si la production d'énergie est profondément affectée, l'impact pourrait être durable», commente Michala Marcussen, de la Société générale.
L'économie japonaise, tirée par les exportations, était déjà fragilisée avant la catastrophe par la crise budgétaire européenne, l'envolée des cours du pétrole et une reprise hésitante aux Etats-Unis.
L'archipel devra donc désormais également compter avec une potentielle baisse de la consommation intérieure, car les Japonais subiront les retombées «d'une contraction de leurs revenus», explique Brendan Brown, de Mitsubishi UFJ, qui précise que la croissance mondiale s'en trouvera également affectée.
«Les premiers effets sur l'économie mondiale se feront sentir auprès des grands partenaires commerciaux du Japon en Asie, notamment la Chine et la Corée», ajoute-t-il.
La note du Japon surveillée
Les agences de notation accordent toutefois un certain répit aux autorités. Moody's a dit ne pas percevoir les signes d'une crise budgétaire au Japon. La veille, l'agence avait jugé «temporaire» l'impact de la catastrophe sur les finances nippones et n'y voyait pas un facteur d'abaissement de la note souveraine du pays.
En janvier, celle-ci avait été abaissée par l'agence Standard & Poor's en raison d'un manque de mesures destinées à assainir les finances publiques.
Certains économistes relèvent que les dépenses publiques massives qui seront nécessaires à la reconstruction des régions sinistrées pourraient contribuer à accélérer la reprise de l'économie japonaise.
«Reste à savoir si cela va finalement sortir le Japon de la spirale déflationniste et remettre l'économie sur les rails, ou si cela va lui porter un coup supplémentaire», s'interroge Sharyn O'Halloran, professeur d'économie politique à l'université de Columbia.
Après le séisme de Kobé, les efforts de reconstruction avaient dynamisé l'activité économique. Toutefois, les cours du pétrole évoluaient alors autour des 17 à 21 dollars le baril, contre un baril à plus de 100 dollars actuellement, et le taux de change du yen était plus favorable aux exportations.
Les autorités japonaises ont déjà mis en garde contre une hausse du yen, qui est déjà brusquement monté lundi sur les marchés asiatiques.
Bank of America Merrill Lynch estime que la catastrophe coûtera au moins entre 0,2 et 0,3 point de pourcentage à la croissance japonaise. La banque estime que les zones sinistrées contribuaient pour 7,8% au maximum au PIB nippon, contre 12,4% pour les régions touchées par le séisme de Kobé.
Reflétant l'inquiétude des investisseurs, la Bourse de Tokyo a fini en baisse de 6,18% lundi, enregistrant son plus fort recul en séance depuis octobre 2008.
La Banque du Japon (BoJ) a injecté en tout 12.000 milliards de yens sur le marché lundi pour tenter de rassurer les investisseurs.
En réunion de politique monétaire, la BoJ a décidé à l'unanimité de laisser les taux d'intérêt inchangés, dans une fourchette de zéro à 0,1%. Elle a aussi décidé de doubler son programme de rachats d'actifs, qui est ainsi porté à 10.000 milliards de yens (plus de 87 milliards d'euros).

Reuters
Mardi 15 Mars 2011

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