Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

A Mexico, le transport électrique tente de se frayer un chemin




Sur son scooter bleu ciel, Martin Vazquez glisse silencieusement dans l'enfer des embouteillages de Mexico, se gare près d'une borne et se branche. Le jeune homme a adopté l'électrique, seul moyen d'échapper aux bouchons et restrictions de circulation les jours de grande pollution.
Arrivé l'an dernier dans la capitale mexicaine, il n'a pas tardé à vendre sa voiture pour s'essayer au vélo. Mais rapidement, il a opté pour ces scooters qui se louent à la demi-heure. "C'est le moyen de transport le plus facile et le plus rapide".
"Pour mon travail, je dois porter un costume-cravate. En vélo, je débarquais trempé de sueur. Là, je n'ai qu'à m'asseoir et accélérer. C'est comme une voiture, avec la taille et l'aisance d'un vélo", explique en souriant ce cadre de 28 ans.
L'électrique gagne du terrain dans la mégalopole de 21 millions d'habitants et 5,5 millions de voitures. Beaucoup des nouveaux adeptes cherchent, comme Vazquez, à rendre leurs déplacements un peu plus doux.
Mais cette tendance pourrait aussi, bonus supplémentaire, réduire les émissions automobiles qui font de nouveau la Une des journaux, alors que l'image d'une capitale hyper-polluée commençait à s'estomper.
Une alerte pollution a été lancée le mois dernier à Mexico, la première depuis plus d'une décennie, et des restrictions sévères ont été imposées aux automobilistes.
Ces mesures temporaires allègent de 20% la circulation automobile.
Le 6 avril, le brouillard était si épais sur Mexico que les restrictions ont été doublées, interdisant à 40% des voitures de circuler, ainsi que, pour la première fois, 40% des deux-roues. Les transports publics, déjà débordés, ont eu bien du mal à suivre.
Mais les petits scooters bleus de la marque Econduce ont profité de l'occasion pour séduire de nouveaux utilisateurs. Plus 50% selon Eduardo Porta, un ingénieur qui a monté son entreprise l'an dernier en s'inspirant des programmes de location courte durée de vélos de plusieurs grandes capitales, Paris, Berlin, New York et même Mexico depuis 2010.
L'entreprise a mis en place un maillage de stations permettant aux utilisateurs de prendre un scooter près de chez eux et de le déposer à côté de leur bureau.
"Nous sommes des pionniers dans le monde. Le seul service similaire existe à San Francisco (baptisé Scoot et lancé en 2012). On voulait s'attaquer à la fois à la pollution et aux embouteillages", confie M. Porta à l'AFP.
Ses engins atteignent 55 km/h. Une demi-heure de location coûte 50 cents, en plus de l'abonnement mensuel de onze dollars (moins de dix euros). En un an, la compagnie est passée de cinq stations à 37 et a triplé sa flotte initiale de 50 scooters. Elle compte aujourd'hui 1.800 utilisateurs.
L'électrique reste cependant encore largement à développer. La mairie de Mexico a mis en place un groupe de travail mais les budgets restent insuffisants pour convertir l'intégralité des bus et augmenter la flotte de taxis électriques, d'une vingtaine actuellement aux 1.500 envisagés.
Les bornes pour recharger les véhicules se multiplient mais restent aussi trop peu nombreuses, affirme Fausto Cuevas Mesa, qui dirige l'Association de l'industrie automobile mexicaine.
Et pour l'instant, il n'y a aucune incitation fiscale à investir dans l'électrique, souligne-t-il.
"Il pourrait y avoir plus d'intérêt mais il faut penser au portefeuille des gens. Ça coûte deux ou trois fois plus cher", dit-il.
Chez un concessionnaire Chevrolet, dans un quartier chic, le spécialiste de voitures électriques Vicente Cuevas reconnaît que la réaction typique des clients quand ils découvrent le prix, soit 22.000 dollars pour une entrée de gamme, "n'est pas favorable".
Mais "avec les nouvelles mesures anti-pollution, les gens commencent à regarder nos véhicules d'un autre oeil".
Les vélos électriques, qui possèdent une batterie permettant d'alléger l'effort et capable de tenir sur 60 km, s'imposent aussi.
"Depuis l'alerte à la pollution, les ventes ont doublé", assure Daniel Cruz, vendeur dans l'entreprise locale Prodecotech.
Et d’ajouter : "Ces vélos n'exigent pas d'effort physique intense. Donc pas de transpiration, pas de fatigue et beaucoup moins d'air inspiré". Quand c'est pollué, ça compte.

Samedi 7 Mai 2016

Lu 1037 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs