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A Larache, le Conseil national des droits de l’Homme présente ses condoléances à la famille d’Amina Filali : Le CNDH demande l’accélération de la réforme du Code pénal




Cinq membres du Conseil national des droits de l’Homme devaient se rendre dans l’après-midi du  lundi 19 mars à Larache pour présenter leurs condoléances aux parents d’Amina Filali, cette mineure qui s’est suicidée parce que contrainte d’épouser son violeur. C’est sur la base de l’article 475 du Code pénal que le juge du tribunal de famille de cette ville du Nord a autorisé le mariage d’une victime, âgée de 15 ans au moment des faits, avec son bourreau, qui a ainsi accepté cette décision  pour échapper à toute poursuite judiciaire.
C’est une délégation de cinq femmes, toutes appartenant au CNDH, qui  va présenter ses condoléances au nom du Conseil à la famille Filali, toujours sous le choc de la mort violente de leur fille  qui venait d’avoir  16 ans. Il s’agit de Rabéa Naciri, Saadia Ouaddah, Jamila Siouri, Meriem Khrouz  et  Choumicha  Riaha.  La composition exclusivement féminine de la délégation est fortement symbolique. Le Conseil veut visiblement envoyer le message selon lequel les  revendications du mouvement féminin en matière de réforme du Code pénal lui sont parvenues.
En plus de la rencontre avec la famille, ces membres  du Conseil devaient rencontrer plusieurs associations de Larache qui se sont mobilisées dans le cadre de l’affaire «Amina». «Nous allons préparer un dossier  complet sur cette affaire. C’est pourquoi nous rencontrons les différentes parties prenantes», nous a annoncé un membre du CNDH. Ce qui signifie clairement que le Conseil national des droits de l’Homme s’est autosaisi de ce drame qui a suscité une vive émotion un peu partout dans le monde.
En se rendant à Larache, le CNDH est sans conteste dans une toute autre logique que celle du ministère de la Justice dont le communiqué parle contre toute attente de relations sexuelles consenties entre une mineure de 15 ans et un homme de 10 ans son aîné.  «Ce faisant, le conseil est dans son rôle parce qu’il tente de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé et mettre en exergue les dysfonctionnements d’un système », explique une source proche du Conseil national des droits de l’Homme.
Pour cette institution aux destinées de laquelle préside Driss Yazami, la tragédie d’Amina est «une occasion triste et dramatique de relancer et d’accélérer le processus de réforme du Code pénal». «Cette réforme traîne depuis de trop nombreuses années. Cela n’a pas de sens. Il est urgent que cette réforme voie enfin le jour d’autant que le Maroc a adopté une nouvelle Constitution. Il est essentiel que la réforme du Code pénal se fasse dans le sens de l’harmonisation avec la Constitution et selon une vision plus progressiste », explique un membre du Conseil.
Selon nos informations, l’examen de la réforme du Code pénal est le gros chantier auquel va désormais s’atteler le Conseil national des droits de l’Homme.

Narjis Rerhaye
Mardi 20 Mars 2012

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